Les sorties de la semaine

vendredi 26 août 2016

Dans Le Noir


Synopsis :

Martin n'arrive plus à dormir le soir, en effet, sa mère en dépression semble discuter toute seule la nuit. La grande sœur de Martin, Rebecca, qui a quitté la maison depuis des années prend connaissance des ennuis de Martin et décide de le prendre chez elle... 


Commentaire :

Une mise en scène aboutie

James Wan n'est pas à la caméra, seulement à la production. C'est David F. Sandberg, auteur du très court-métrage sorti sur Youtube Lights out,  qui a eu le droit d'adapter son travail au cinéma. La trace de Wan est tout de même visible avec l'idée de faire rentrer le spectateur directement dans l'ambiance sordide, même avant l'apparition du titre. On retrouve également l'âme de James Wan dans le dévoilement très rapide de la créature, bien qu'elle ne soit pas très visible. A regret, le jeu sur le hors-champ est alors plutôt pauvre pour un film d'horreur puisque la créature est dans le champ. Néanmoins, la mise en scène est tout de même excellente car si celle-ci ne joue pas avec le hors-champ, elle joue dans le champ avec la lumière. Et qui dit lumière dit ombre, l'un ne va pas sans l'autre, ce qui fait que le danger plane continuellement. Un gros travail est en effet réalisé autour du clair-obscur et la disposition des personnages dans le cadre par rapport à la lumière est riche de sens. C'est le côté jouissif du film d'horreur qui a nécessairement une mise en scène symbolique, qui doit être plus que fonctionnelle pour apporter le malaise. Le malaise est également entretenu par le design de l'esprit frappeur, c'est à dire la forme désarticulée du fantôme. Le film est parcouru de screamers (Jump Scares) bien placés arrivant aux moments fatidiques ; ce qui distingue cette réalisation d'une de James Wan qui fait tomber les screamers à contretemps. Quant au rythme du film, il est également très bon, insérant juste ce qu'il faut de temps faibles (autrement dit de temps sans angoisse) pour travailler les personnages et les rendre attachant. La relation entre Rebecca et Brett est à ce titre très bien gérée. 

Thème : aller au devant des peurs

Thématiquement, ce film d'horreur est classique. Chose assez intéressante, le film est débarrassé du carcan religieux car souvent le surnaturel du genre d'épouvante est lié aux mythes du monothéisme. Il y a effectivement un fantôme mais n'appartenant à aucun dogme. Avant tout, le film joue énormément avec les psychoses liées aux aléas de la vie ainsi que cette peur primaire qu'est le noir. La diégèse intègre effectivement le surnaturel mais sans ambiguïté, ce qui fait que le film abandonne dès le début le genre du fantastique pour prendre le chemin du merveilleux. La thèse rationnelle de la psychose de la mère liée à sa dépression est ainsi vite évacuée. En conséquence, il n'y a aucun message ici relevant du prosélytisme, ou pour le moins de la défense de la foi et de la croyance face à la raison. L'unique message du film concerne la confrontation de ses peurs. L'utilisation du noir comme symbole de la peur est pertinente car le noir n'a pas de visage, il peut représenter toutes les peurs. Les héros du film vont finir par se confronter au noir aider de la lumière, idée de l'introspection qui invite à éclaircir les zones d'ombre de notre existence. 

En définitive, Dans Le Noir est un film d'épouvante réussi, doté d'une mise en scène intelligente.



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mercredi 24 août 2016

Star Trek Sans Limites


Synopsis :

L'USS Enterprise est parti pour une mission de cinq ans aux confins de l'univers afin de nouer des alliances diplomatiques. L'équipage fait escale sur la grande station de Yorktown de la Fédération lorsqu'un vaisseau inconnu avance dans leur direction. Une survivante d'une expédition scientifique demande de l'aide auprès de Starfleet pour que l'organisation aille secourir son équipage en perdition dans une nébuleuse proche mais inconnue...


Commentaire :

Une réalisation et un scénario soignés mais déjà-vus 

Justin Lin est arrivé sur le projet avec la gloire de Fast And Furious, ce qui laissait craindre pour les amateurs de la franchise que le film se noie dans son action. Force est de constater que le réalisateur a effectué un bon travail avec un film moins mouvementé que le précédent malgré certaines scènes d'action un peu longues (les combats à mains nues ou à blaster). Globalement, le film est bien rythmé et est assez agréable à regarder. Son point fort se situe notamment dans la toute première partie avec une mise en scène intéressante dédiée à la lassitude (gros plans sur des objets du quotidien, légers ralentissements). La mise en scène de Justin Lin est également réussie lors de la présentation de la station gigantesque de Yorktown qu'il traite à la manière d'une grande ville lors de sa scène d'exposition. Les scènes d'action dans l'espace sont très réussies mais il aurait été plaisant que Justin Lin n'est pas peur de se lâcher notamment sur la scène finale plutôt courte avec la musique intra-diégétique. En revanche, les scènes de combats à taille humaine sont un peu plus brouillons provoquant une sensation de perte de repère. D'ailleurs, Justin Lin signe sa présence avec une scène d'action présentant une moto! - difficile de savoir si l'idée est bonne - Toutefois, il faut souligner que la mise en scène reste de bonne facture sur l'ensemble du film, parfois au-delà de l'aspect fonctionnelle comme mentionné plus haut pour le début du film. Le scénario est un peu à l'image de la mise en scène. Il est bien ficelé si bien que rien n'arrive à l'écran sans être préparé avant au moins par un plan, presque à la manière d'un Nolan. Par les temps qui courent, cela est assez agréable de voir de la rigueur dans le scénario. Le seul problème est que contrairement à un scénario de Nolan, celui-ci n'est guère original. Il délivre simplement une histoire qui tient la route. Pour finir ici, notons un bon point positif du film avec la musique de l'excellent Michael Giacchino qui confirme être un des rares compositeurs à pouvoir prendre la relève de John Williams à Hollywood. 

Thématiques : des personnages en questionnement 

Le film aborde des thématiques intéressantes tout à fait en cohérence avec l'univers Star Trek. Si le film ne les utilise que pour la fonctionnalité de son scénario, elles ont le mérite d'être pertinentes. La première concerne le nihilisme qui s'empare de l'équipage au tout début du film. James T. Kirk devient alors un personnage intéressant car il questionne le pourquoi de son action. La sensation d'appartenir à un univers presque infini pose la question de l'utilité de son exploration : une tâche sans fin ? La vie n'ayant pas de but en soi, le capitaine fixe lui même un but à sa vie : la découverte et l'altruisme.  En ce sens, le film retrouve l'essence de la saga d'origine, fondée sur l'idée d'exploration, bien que paradoxalement il n'y ait pas tant d'exploration ici. Ainsi, ce n'est pas un film d'exploration mais sur le pourquoi de l'exploration, ce qui est plus fort dans un sens. James Kirk finit par retrouver le goût de l'espace car il prend conscience que la vie n'a pas plus de goût ailleurs. Autant rester avec ses amis à la découverte de l'univers.
L'autre thème central est une question de civilisation. James Kirk est confronté à un adversaire qui ne questionne pas la personne de Kirk mais la raison d'existence de son organisation politique. La Fédération pour laquelle travaille James Kirk a apporté la paix. Néanmoins, le "méchant" Krall défend une vision darwinienne de la vie, c'est à dire un temps de la guerre dans laquelle les plus forts émergent. Il prône ainsi le droit du plus fort comme nécessité pour l'humanité. Le personnage de Krall interroge également le retour de soldats dans la vie civile : héros de guerre, anonyme dans la paix. La vision de Krall qui fait fi de Droit et de Justice n'est bien évidemment pas défendable mais ce personnage a le mérite de questionner la Fédération, métaphore de la civilisation occidentale et de souligner ce progrès indéniable qu'est l'Etat de droit permettant la paix.  

En définitive, Star Trek Sans Limite est un bon film de science-fiction qui sans être particulièrement original a le mérite d'être bien fait.


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vendredi 5 août 2016

Suicide Squad


Synopsis :

Après la mort de Superman, la question des métahumains est un sujet central pour la sécurité intérieure. Et si un Superman méchant apparaissait ? Amanda Waller a l'idée de constituer une équipe composée de prisonniers aux capacités extraordinaires dont la mort ne serait pas regrettable ; la Suicide Squad.


Commentaire :

Facile mais efficace 

Le montage final ne laisse que peu apparaître la complexité de la mise en scène, notons simplement la scène du Joker et de Harley Quinn dans une cuve où un travail particulier semble avoir été fait sur les couleurs et le symbolisme. Le reste est purement fonctionnel avec un soin esthétique pour les scènes d'action. Les personnages de l'équipe auraient mérité, au moins certains, un peu plus d'attention car hormis Deadshot et la superbe Harley Quinn, les autres restent très basiques. Soulignons toutefois, la réussite du travail fait sur El Diablo qui avec peu de temps d'écran arrive à devenir un personnage fort. L'équipe en elle-même aurait nécessité un peu plus d'attention car on ne comprend pas bien la force du lien qui les unit à la fin (El Diablo parle "de famille"). Le Joker qui est lui extérieur à la Suicide Squad n'est pas particulièrement réussi malgré l'investissement de Jared Leto. Sa performance est très bonne mais le personnage n'est pas intéressant en gangster, certes dérangé mais plus mafieux qu'autre chose. On est à des années lumières du personnage nihiliste de Nolan dont la seule raison de vivre était Batman. Toutefois, la mécanique fonctionne et on se prend à l'histoire bien qu'elle soit elle aussi peu complexe. Le film est distrayant et use de la facilité en utilisant des musiques bien connues qui redonnent à chaque fois un nouveau souffle aux scènes. Toutefois, la bande originale n'est pas en reste car lorsque la vedette ne lui est pas volée, les compositions de Steven Price apparaissent très bonnes.

Thématiques : juste du fun ?

Difficile de savoir si le film n'a d'autres ambitions que de divertir. Néanmoins, contrairement aux derniers films de super-héros, le film ne semblait pas promettre plus qu'un bon moment. Le début n'est toutefois pas inintéressant avec une réflexion sur les métahumains. Superman avait plus que des compétences incroyables, il avait une éthique. Capable d'agir en despote éclairé par delà les lois, il est un surhomme au sens philosophique dont le seul objectif est la justice. Ce n'est pas le cas des autres métahumains a propos desquels Amanda Waller prononcera la phrase la plus profonde du film ; "le problème des métahumains est leur côté humain". Ce qui ouvre un questionnement sur l'être humain. Hormis cette réflexion qui reste en surface, il n'est pas aisé de savoir si le film délivre un message. Certes le scénario fait comprendre que les organismes secrets jouant avec le feu provoquent eux-mêmes le chaos. Mais Amanda Waller ne semble pas se remettre en cause à la fin. Peut être ne faut-il pas chercher un sens politique ici, après tout, on n'est pas chez Nolan.

En définitive, Suicide Squad délivre ce qu'il a promis, de l'action avec un peu d'humour pour tenter d'accrocher le succès de Marvel. Divertissant.



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jeudi 21 juillet 2016

Tarzan


Synopsis :

John Clayton était autrefois Tarzan. Il est aujourd'hui un membre respecté de l'aristocratie anglaise comme l'étaient ses aïeux. La légende John Clayton est toutefois rappelée au Congo Belge par le biais d'une invitation du Roi belge Léopold II...


Commentaire :

Une immersion réussie

David Yates sait raconter des histoires et nous immerger dans des mondes merveilleux. Il réussit à nous amener dans cette suite de Tarzan. Il s'agit en effet d'une suite de l'histoire bien connue de Tarzan, celle-ci étant sensée avoir déjà été assez traitée par le cinéma ; ce qui permettait en même temps de postuler que le spectateur n'aurait pas besoin d'un film sur l'histoire classique avec la même équipe. Pour le cas contraire, le film propose des flashback qui permettent en plus d'apporter des informations primordiales pour le film. La mise en scène est très réussie dans la mise en avant de l'environnement avec de grands plans d'ensemble et de demi-ensemble d'une Afrique légendaire. Les paysages, numériques, sont magnifiques. Les scènes d'actions, que cela soit les combats ou les traversées de la jungle sont aussi superbes. Concernant les animaux, ils sont réussis mais peut-être un peu poil en dessous de ceux du superbe Livre de la Jungle de 2016 de Disney. Un énorme plus est à attribuer à la bande musicale de Rupert Gregson-Williams qui apporte le côté épique à l'oeuvre et lui donne ainsi une nouvelle dimension. 

Un casting qui remplit son contrat

Alexander Skargard ne peut transcender son personnage car trop monolithique en tant que super-homme virile. Mais son charisme et son impressionnante stature en font un Tarzan tout de même réussi. Samuel L.Jackson fait du Samuel L.Jackson et Christoph Waltz fait du Christoph Waltz ce qui n'est pas hors de propos ici mais qui diminue l'idée de leur performance. Soit dit en passant, Samuel L.Jackson arrive à donner de l'énergie à un film qui serait sinon un peu terne du fait de personnages fonctions. La superbe performance du film vient de la jolie Margo Robbie qui donne une réelle force à Jane, dotée d'une volonté à toute épreuve. Elle est certainement celle qui incarne le mieux son personnage.

Quelques problèmes sur le fond

Le principal problème du film est qu'il n'a pas su faire le choix de son genre. Le film démarre avec une approche réaliste, ancré géographiquement, ancré historiquement. Toutefois, le film bascule progressivement dans une fable merveilleuse ponctuée par un Deus Ex Machina. La première approche rend la deuxième partie du film plus difficilement acceptable. Un film n'est pas nécessairement obligé d'être réaliste, c'est d'ailleurs peut être mieux s'il ne l'est pas mais il doit rester crédible, avoir une cohérence interne. Par ailleurs, la fable a pour but de dénoncer des réalités de notre monde mais en créant un décalage. Traiter directement de l'esclavage au Congo dans une fable fait perdre au sujet sa puissance. Le message du film est consensuel et beau mais peu travaillé sur le fond. L'objectif du film est clairement et seulement de raconter une belle histoire. Cette dernière s'en retrouve un peu vide de sens. En effet, l'action constante, notamment vers la fin empêche de traiter d'autres sujets particulièrement intéressants ici comme la relation nature / culture, Homme / animal, le droit du plus fort, et tout ce qui tourne autour de l'enfant sauvage. Le film semble proposer un retour à l'état de nature comme idéal qui est certes mieux que certaines situations amenées par la modernité mais n'entraîne pas une réflexion vers le dépassement de l'Homme. On comprend alors que le thème de l'esclavage ne pouvait être qu'un plus ici, s'il était bien amené dans cet univers, car il y avait avant cela beaucoup à dire. Dommage. 

En définitive, ce nouveau Tarzan est bon film de divertissement immersif mais qui reste assez superficiel sur le fond. 


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mercredi 13 juillet 2016

The Conjuring 2 : Le cas Enfield


Synopsis :

Les époux Warren viennent de sortir de l'affaire Amityville qui les a fortement affectés. Malheureusement, ils doivent remettre le pied à l'étrier pour aider une famille tourmentée par un esprit dans le nord de Londres...


Commentaire :

James Wan, toujours maître du genre

James Wan reste le maître de l'horreur. Qui connaît son oeuvre sait qu'il va trembler pendant tout le film et cela ne manque pas. Les premières minutes saisissent le spectateur à la gorge et ne le lâchent que pour de courts instants. Le film se différencie ainsi de beaucoup d'autres productions d'épouvante qui aiment faire monter la pression progressivement. Pour ce qui est de la mise en scène, le réalisateur opte ici pour une caméra volatile qui peut suivre les personnages et passer à travers les vitres. La première séquence d'exposition de la maison avec la famille est un plan-séquence très bien mené. On se demande si le spectateur n'a pas la caméra subjective du démon. Pour amener la peur, James Wan a recours à ses procédés habituels avec des sursauts en contre-temps mais varie les mouvements de caméra; ce qui fait que le réalisateur ne se répète pas entre ses différentes réalisations. Mieux, il innove cette fois car en plus de jouer avec le hors-champ, le réalisateur joue avec le champ car le danger s'y trouve parfois déjà sans qu'il soit visible, en jouant sur les ombres ou la mise au point. Ainsi James Wan ne révolutionne pas son art mais continue de embellir avec brio.

Le choix du réalisme

Certes, il s'agit d'un film merveilleux, le surnaturel ne fait pas de doute au regard de l'histoire et de la saga. Toutefois, James Wan opte pour de nombreuses options réalistes afin de faire adhérer le spectateur à son histoire. Tout d'abord, il est précisé qu'il s'agit d'une histoire "vraie", issue des dossiers Warren. Il s'agit en plus du cas le mieux documenté. En outre, la reconstitution de la Grande-Bretagne des années 70 est fidèle, tant au nouveau de l'ambiance grâce à l'aide de musiques d'époque que du décor, historiquement très fidèle. A cela, il faut ajouter la présence de contradicteurs, faisant valoir la méthode scientifique. Il ne s'agit pas tant de remettre en cause l'esprit critique que d'ancrer l'histoire dans le réel et de montrer qu'à l'époque des gens naturellement demandaient des preuves avant de prendre pour vrai quelque chose, comme c'est le cas depuis l'époque moderne.

Thèmes : la famille fait la force

Le grand thème et message du film est celui de la confiance. Confiance dans sa famille, confiance dans les propos de la petite fille tourmentée. L'idée de solidarité familiale pour faire face aux adversités est importante. Les Warren vont également devoir faire confiance. Ils cherchent au départ des preuves mais ce film s'inscrivant dans un mythe religieux biblique, c'est avant tout leur acte de foi qui est déterminant. Le côté religieux est, peut-être, un peu trop poussé car en voulant donner un côté non pas simplement crédible mais réel, le film promeut d'une certaine manière la religion et le fait d'agir sur un simple acte de foi au détriment des preuves. Les Warren agissent finalement par amour, l'amour chrétien qui a pour caractéristique d'être inconditionnel et donc non raisonné.

En définitive, James Wan montre qu'il est toujours aussi habile avec le genre de l'épouvante et continue de nous faire trembler.



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mardi 12 juillet 2016

The Strangers


Synopsis :

Dans un village de montagne en Corée, une série de meurtres effraie la population. Cette dernière pense que des forces surnaturelles sont à l'oeuvre. Le policier Jong-Goo enquête sur cette affaire et se met à croire de plus en plus aux rumeurs...


Commentaire :

La mise en scène, seule rescapée

Le film de Na Hong-Jin satisfera sûrement sur un point et non le moindre; sa mise en scène est terriblement réussie. Saluons tout d'abord la photographie, optant pour un choix réaliste et sombre, rendant magnifiquement bien dans ce cadre montagneux et forestier. La caméra "suiveuse", des petits plan-séquences diront nous, est aussi intéressante, évitant les coupes et participant l'immersion, parfois à la manière d'un jeu vidéo à la troisième personne. Le mixage sonore est de très bonne facture et permet au spectateur de se projeter au sein du village coréen. Le film arrive à transmettre une sensation de mystère en donnant peu de clefs de l'intrigue, à défaut de transmettre une sensation d'angoisse, ou de peur, car jouant peu sur le hors-champ. La narration respire, du fait des plans larges, de demi-ensembles, et d'un rythme qui permet le travail des personnages. Point très positif, la forme ne sauve tout de même pas le fond.

Scénario et thématiques; un véritable naufrage [Spoilers]

Malheureusement, que cela soit le scénario ou les sujets abordés, le film ne tient pas la route. Si le film avait eu un bon scénario, cela aurait pu faire passer outre un message ambigu du film et inversement un message juste aurait pu faire avaler un scénario bancal. Ce n'est pas le cas. Le film tient les 20 premières minutes. Le principal problème est le personnage principal, d'une passivité terrible, peureux, incapable d'expliquer aux autres personnages ce qui se passe, toujours en train de subir les événements. Il est remis en place par sa propre petite fille. Néanmoins, la couleur est vite donnée lorsqu'au début du film, il cède déjà face à sa mère. Cette passivité est d'autant plus agaçante qu'il est policier, un enquêteur critique, n'utilisant jamais l'arsenal de possibilités qu'il a disposition. Un tel personnage défiant tout sens logique peut faire sortir le spectateur du film. Le scénario continue de se déliter lorsque ce personnage commence à commettre des actes illégaux, en dépit de sa fonction. Cette histoire aurait été un peu plus acceptable, si le personnage n'avait pas été un policier mais un simple individu un peu perdu. Le scénario se prolonge ainsi inlassablement jusqu'à un final pour le coup plutôt intéressant mais qui ne peut faire oublier le trame narrative passée. Nous ne parlons pas ici des personnages dont on ne comprend pas bien le rôle ni, leur nature... (la jeune fille vêtue de blanc).
Par ailleurs, les messages du film finissent de l'enterrer. Le méchant, ou littéralement le diable, est l'étranger. C'est en effet un vieux japonais qui est accusé de tous les maux. Pendant un temps, il est envisageable que les villageois, emportés par une forme de populisme, font fausse route. Malheureusement non, l'étranger est bien l'ennemi et la solution proposée par les personnages est soit de le tuer, soit de l'expulser. Il n'est jamais question de l'arrêter et de le mettre devant la justice. Lorsqu'on connaît les relations entre la Corée du Sud et le Japon, force est de constater que ce choix scénaristique semble porter une rancœur nationaliste. Le film ne s'arrête pas à ce message puisqu'il choisit de traiter du thème de la religion et de la croyance. Dans la diégèse, le paranormal existe et il n'y a pas de problème à cela. Le problème est que le film n'est pas merveilleux au départ, il est du genre fantastique et laisse le doute. Les protagonistes abandonnent vite la raison et se tournent vers les rumeurs et croyances; et l'histoire leur donne raison. De plus, les rites traditionnels brutaux, qui violentent les gens (ceux sensés être possédés) et qui sacrifient les animaux à tour de bras ne sont jamais remis en cause. Ils s'en retrouvent même légitimés ici. Seule chose amusante, cette histoire en Corée nous permet de voir un syncrétisme des croyances, chrétiennes et locales. Dans cet univers non rationnel et de croyances, la pensée critique est donc désavouée. Le seul personnage qui aura des paroles sensées est un Père chrétien. Un religieux sera donc le porteur de l'esprit critique et de la raison... Le scénario viendra, qui plus est, donner au tord à ce personnage, ayant les paroles les plus sages.
Ainsi, au-delà de l'aventure peu crédible, que veut nous dire le film ? Si l'on suit sa logique, les personnages auraient dû donc suivre leur instinct et leur croyances, sans preuve, et aller massacrer l'étranger (ce qu'ils vont tenter de faire). 

En définitive, The Strangers est esthétiquement intéressant mais son scénario et ses messages sont très critiquables. Un film narratif doit être autre chose qu'un simple exercice de style. 


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jeudi 30 juin 2016

Ninja Turtle 2



Synopsis :

Shredder, l'ennemi de la ville de New York, est transféré dans une nouvelle prison. Bien que les Tortues veillent aux grains, le grand méchant prévoit de profiter du transfert pour s'échapper...


Commentaire :

Rythme effréné 


Ninja Turtle 2 est doté d'une mise en scène dynamique, au montage très rapide qui ne va pas sans rappeler la patte de son producteur Michael Bay. L'influence du producteur se retrouve par exemple également dans les réactions des personnages extérieurs à l'action, filmés pour mettre en avant les événements. Dommage néanmoins que le savant équilibre du hyper-énergique Michael Bay ne se retrouve pas ici. En effet, le film ne laisse pas respirer. Le métrage est dénué de temps faibles ce qui a pour effet de ne pas mettre en avant les moments importants, de même qu'il n'y a pas de temps pour travailler les personnages.

Sur un mode cartoon

Le film ressemble finalement au fameux dessin animé des années 90, avec des personnages caricaturaux, un scénario très basique et qui fait fi de toute logique réaliste (logique des cartoons) pendant presque 2h. Le film s'adresse donc majoritairement aux enfants passionnés du dessin animé. L'humour totalement débridé et constant en témoigne. Il est d'ailleurs surprenant que le film soit tourné en images réelles puisque le réalisme, ou ne serait-ce que la crédibilité, n'est jamais recherchée : l'important est l'action et l'humour. Un des exemples de la superficialité du film est le jargon scientifique digne des anciens dessins animées pour jeunes adolescents. Ce rapport aux comics et dessins animés est confirmé par le fait que le film présente des personnages cultes des productions des années 90 : Krang avec le technodrome et les deux acolytes de Shredder, Rocksteady et Bibop. La référence va jusqu'à reprendre le fameux générique du dessin animé pour générique de fin. Cette initiative est honorable mais le matériau brute (la série de dessins animés produit à la chaîne) n'a pas subi le processus d'adaptation nécessaire pour produire un bon film de cinéma. Peut-être que seuls les enfants étaient visés par la production, ce qui au passage, ne préserve pas de produire un long métrage de bonne facture.

La petite morale

Destiné aux enfants, Ninja Turtle 2 a l'avantage de proposer un petit message à ces derniers: acceptez vous comme vous êtes. Il ne s'agit pas de ne pas changer mais si on choisit de le faire, il faut le faire pour soi et non en fonction du regard des autres. Une certaine leçon de tolérance.


En définitive, Ninja Turtle 2, en voulant coller au dessin animé du milieu des années 90, se retrouve être un film de presque 2h où les personnages et le scénario ne valent pas plus que ceux du dessin animé. Le film ne satisfera surement que les enfants, sachant que le choix d'images réelles rend le tout plus violent malgré une diégèse cartoonesque. 



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