Les sorties de la semaine

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vendredi 3 décembre 2021

Ghostbuster : l'héritage

 


Synopsis :

Presque 40 ans après les évènements "fantomatiques" de New York des années 80, les fantômes refont leur apparition dans une petite ville du Midwest. C'est dans cette ville que Callie emménage, dans la maison de son défunt père, accompagnée de ses deux enfants... 

Commentaire : 

Une mise en scène des années 80

Jason Reitman s'attache à respecter et à retranscrire l'esprit du premier film des années 80. Le rythme général du film assez lent en est le premier avatar. La place des enfants avec des rôles bien définis (dont celui du petit génie brillamment interprété par Mckenna Grace) rappelle aussi les années Spielberg. Toutefois, c'est avant tout par l'environnement que l'ambiance nostalgique se confirme. L'histoire se déroule certes en 2021 mais l'action a lieu dans une petite ville du Midwest dans laquelle le temps semble s'être arrêté. Le scénario en est conscient et le justifie ou fait réagir les personnages qui s'étonnent en même temps que le spectateur. Cela permet de remettre le spectateur dans l'ambiance des deux premiers films de manière cohérente pour une histoire de 2021. La mise en scène à proprement parlé épouse aussi cet objectif puisque les plans (gros plans qui insistent sur certains éléments) et le montage rappellent les scènes des années 90. Seules les scènes d'action restent modernes pour gagner en dynamisme. Le décor en dur faisant ressentir la pesanteur et les animatroniques pour certains monstres tranchent avec le tout numérique et apportent de la texture, signe des effets spéciaux des années 80-90. Par ailleurs, les effets numériques présents ne sont là que pour perfectionner et non remplacer les design des années 80. Pour parachever l'hommage à une époque révolue, Rob Simonsen compose une musique conforme aux années 90, plus travaillée et plus marquante que les musiques de la mode zimmerienne. Plus qu'un rôle d'accompagnement, la musique s'impose à l'image. Toutefois, il n'y a pas véritablement de thème qui se détache. Dans l'ambition première de reproduire un film des années 80-90 avec une touche de modernité, l'objectif est pleinement atteint. Jason Reitman a fourni un travail sérieux. Peu étonnant lorsqu'on sait qu'il est le fils d'Ivan Reitman, réalisateur des premiers films.

La nostalgie, force et faiblesse 

Le thème de la nostalgie semble s'imposer pour le film et pourtant il n'est pas si évident. Le film est nostalgique par la réalisation et des objets emblématiques de la saga montrés mais le film ne traite pas de la nostalgie en tant que telle. Il est nostalgique sans en parler. Un spectateur ne connaissant pas la saga remarquera la mise en scène sans comprendre forcément cet angle du film. En effet, le thème de la nostalgie n'est pas questionné ; il n'y a pas de réflexion ou de questionnement sur le rapport au monde qu'implique la nostalgie. C'est donc un film pour les amateurs de la saga, qui a recours dans une certaine mesure au fan service. Le film tire ainsi une partie de sa force des autres films. Cet aspect constitue une faiblesse de ce long-métrage qui se trouve être plus anecdotique pour ses qualités intrinsèques.  Au-delà du scénario, il n'y a donc pas réellement de thématique au film. 

S.O.S Fantômes l'Héritage est plutôt drôle et divertissant, c'était le but recherché. C'est donc un bon film de divertissement. Il est également touchant voire poignant (à la fin) pour les fans, en tant qu'hommage à une époque, à la saga et au regretté Harold Harris, acteur et scénariste des premiers films. Le film a une dimension méta dans le traitement de son personnage, Spengler ; c'est peut être le tour de force de ce dernier épisode de la saga. 


En définitive, S.O.S Fantômes l'Héritage est un très bel hommage aux deux premiers films autant dans la mise en scène que par le scénario. Il joue de manière assez facile mais en même temps réjouissante sur la nostalgie. 




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mardi 12 juillet 2016

The Strangers


Synopsis :

Dans un village de montagne en Corée, une série de meurtres effraie la population. Cette dernière pense que des forces surnaturelles sont à l'oeuvre. Le policier Jong-Goo enquête sur cette affaire et se met à croire de plus en plus aux rumeurs...


Commentaire :

La mise en scène, seule rescapée

Le film de Na Hong-Jin satisfera sûrement sur un point et non le moindre; sa mise en scène est terriblement réussie. Saluons tout d'abord la photographie, optant pour un choix réaliste et sombre, rendant magnifiquement bien dans ce cadre montagneux et forestier. La caméra "suiveuse", des petits plan-séquences diront nous, est aussi intéressante, évitant les coupes et participant l'immersion, parfois à la manière d'un jeu vidéo à la troisième personne. Le mixage sonore est de très bonne facture et permet au spectateur de se projeter au sein du village coréen. Le film arrive à transmettre une sensation de mystère en donnant peu de clefs de l'intrigue, à défaut de transmettre une sensation d'angoisse, ou de peur, car jouant peu sur le hors-champ. La narration respire, du fait des plans larges, de demi-ensembles, et d'un rythme qui permet le travail des personnages. Point très positif, la forme ne sauve tout de même pas le fond.

Scénario et thématiques; un véritable naufrage [Spoilers]

Malheureusement, que cela soit le scénario ou les sujets abordés, le film ne tient pas la route. Si le film avait eu un bon scénario, cela aurait pu faire passer outre un message ambigu du film et inversement un message juste aurait pu faire avaler un scénario bancal. Ce n'est pas le cas. Le film tient les 20 premières minutes. Le principal problème est le personnage principal, d'une passivité terrible, peureux, incapable d'expliquer aux autres personnages ce qui se passe, toujours en train de subir les événements. Il est remis en place par sa propre petite fille. Néanmoins, la couleur est vite donnée lorsqu'au début du film, il cède déjà face à sa mère. Cette passivité est d'autant plus agaçante qu'il est policier, un enquêteur critique, n'utilisant jamais l'arsenal de possibilités qu'il a disposition. Un tel personnage défiant tout sens logique peut faire sortir le spectateur du film. Le scénario continue de se déliter lorsque ce personnage commence à commettre des actes illégaux, en dépit de sa fonction. Cette histoire aurait été un peu plus acceptable, si le personnage n'avait pas été un policier mais un simple individu un peu perdu. Le scénario se prolonge ainsi inlassablement jusqu'à un final pour le coup plutôt intéressant mais qui ne peut faire oublier le trame narrative passée. Nous ne parlons pas ici des personnages dont on ne comprend pas bien le rôle ni, leur nature... (la jeune fille vêtue de blanc).
Par ailleurs, les messages du film finissent de l'enterrer. Le méchant, ou littéralement le diable, est l'étranger. C'est en effet un vieux japonais qui est accusé de tous les maux. Pendant un temps, il est envisageable que les villageois, emportés par une forme de populisme, font fausse route. Malheureusement non, l'étranger est bien l'ennemi et la solution proposée par les personnages est soit de le tuer, soit de l'expulser. Il n'est jamais question de l'arrêter et de le mettre devant la justice. Lorsqu'on connaît les relations entre la Corée du Sud et le Japon, force est de constater que ce choix scénaristique semble porter une rancœur nationaliste. Le film ne s'arrête pas à ce message puisqu'il choisit de traiter du thème de la religion et de la croyance. Dans la diégèse, le paranormal existe et il n'y a pas de problème à cela. Le problème est que le film n'est pas merveilleux au départ, il est du genre fantastique et laisse le doute. Les protagonistes abandonnent vite la raison et se tournent vers les rumeurs et croyances; et l'histoire leur donne raison. De plus, les rites traditionnels brutaux, qui violentent les gens (ceux sensés être possédés) et qui sacrifient les animaux à tour de bras ne sont jamais remis en cause. Ils s'en retrouvent même légitimés ici. Seule chose amusante, cette histoire en Corée nous permet de voir un syncrétisme des croyances, chrétiennes et locales. Dans cet univers non rationnel et de croyances, la pensée critique est donc désavouée. Le seul personnage qui aura des paroles sensées est un Père chrétien. Un religieux sera donc le porteur de l'esprit critique et de la raison... Le scénario viendra, qui plus est, donner au tord à ce personnage, ayant les paroles les plus sages.
Ainsi, au-delà de l'aventure peu crédible, que veut nous dire le film ? Si l'on suit sa logique, les personnages auraient dû donc suivre leur instinct et leur croyances, sans preuve, et aller massacrer l'étranger (ce qu'ils vont tenter de faire). 

En définitive, The Strangers est esthétiquement intéressant mais son scénario et ses messages sont très critiquables. Un film narratif doit être autre chose qu'un simple exercice de style. 


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mardi 28 juin 2016

The Witch


Synopsis :

En Nouvelle-Angleterre, une famille expulsée de la colonie essaye d'établir sa ferme à la lisière d'une forêt. Si le travail de la famille semble payer au début, une série de malheurs vient remettre en cause leur installation...


Commentaire : (vu en vo)

Ambiance horrifique

The Witch est une véritable réussite artistique. La mise en scène provoque rapidement un malaise, grâce à un énorme travail sur le hors champ. La caméra se concentre sur les expressions faciales des personnages et laisse travailler l'imaginaire du spectateur. L'image est volontairement terne et sombre et la seule lumière sert à allonger les ombres. Associées aux angles de caméra, les différentes formes filmées, que cela soit des objets ou des visages sont dérangeantes. Voici un film à ambiance, sans jump scare, qui se concentre avant tout sur le malaise. Cela est complété par une magnifique bande sonore aux notes dissonantes qui amène l'angoisse dès les premières minutes . Le travail réalisé sur le son, notamment sur les respirations et divers grincements, est remarquable. Pour compléter ce tableau très positif, il faut souligner la grande performance des quatre acteurs principaux  (Anya Taylor-Joy : Thomasin, Ralph Ineson : William, Kate Dickie : Katherine, Harvey Scrimshaw : Caleb) avec une mention spécial pour les performances masculines remarquables. 

Critique nulle 

S'il est clair que le film souhaite au départ critiquer le fondamentalisme religieux et ses conséquences sur les individus et plus particulièrement sur les femmes, le message disparaît englouti par la diégèse. En effet, étant donné que le fantastique se confirme (en conséquence, on est dans le genre du merveilleux), le refuge dans les enseignements de Dieu semble pertinent puisqu'il est sensé exister dans cette diégèse. Bien que le film critique le statut de la femme dans une société religieuse et le tabou autour de sa dimension charnelle (la jeune adolescente est en effet accusée), le film ne peut aller au bout de sa critique car il ne remet pas en cause l'origine du statut de la femme à l'époque, c'est à dire la religion. De ce fait, la critique n'est que superficielle ou pour le moins, non explicative. 

En définitive, The Witch est un film à ambiance artistiquement irréprochable qui devrait satisfaire tout cinéphile. Petit bémol, la critique que souhaitait faire le réalisateur Robert Eggers sur la place de la femme dans ces sociétés religieuses est superficielle.


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mercredi 23 mars 2016

Midnight Special




Synopsis :

Le jeune Alton est enlevé par deux hommes dont on ignore l'identité...


Commentaire :

Un long mystère 

La qualité de Midnight Special réside dans sa capacité à sauvegarder son mystère. En effet, beaucoup de films, fantastiques notamment, révèlent la vérité trop tôt ou délivre une vérité décevante au regard des événements de l'histoire. Midnight Special laisse le spectateur dans un mystère total et lui donne juste le minimum pour que celui-ci continue l'aventure. C'est peut-être également la limite du film de Jeff Nichols qui, à un moment, devrait fournir une explication au spectateur car s'il est plaisant de jouer avec la sensibilité de ce dernier, il est également pertinent de s'adresser à sa capacité d'entendement. Malheureusement, les éléments de l'intrigue se dévoilent sans rien expliquer dans un final surprenant mais qui ne satisfait pas la curiosité. 
Ce mystère est produit justement par le fait que ce film n'est pas tant proche d'un Spielberg que la communication de la production voudrait nous le faire croire. Certes, il y a un enfant, certes, il y a de la science-fiction (encore qu'ici la frontière est poreuse avec le fantastique) mais cela ne suffit pas pour faire de ce film une production spielbergrienne. Spielberg nous montre le monde à travers les yeux de jeunes héros mais dans Midnight Special, nous avons le point de vue des protagonistes entourant l'enfant. Le mystère de ce film reste entier car nous n'avons jamais le point de vue de Alton. 
Notons que la mise en scène s'accorde parfaitement avec le propos car celle-ci est très sobre. Elle s'attache à conserver le réalisme des émotions, cela bien aidé par les acteurs, tous excellents dans leur capacité de retenue. La réalisation s'affaire particulièrement à établir une hiérarchie des relations entre les personnages en faisant comprendre par les angles de caméra ou par les différences de taille des personnages dans le cadre qu'Alton prend l'ascendant sur tous les autres protagonistes. 
Il est nécessaire de noter que le film doit également beaucoup à la bande musicale lancinante de David Wingo qui produit un effet de flou et de répétition sans jamais vouloir apporter de note finale. La thème principal, joué dès l'introduction, pourrait se jouer en boucle car il s'agit d'un schéma se répétant avec à chaque fois une sonorité de plus. Un peu comme l'histoire qui accumule des éléments sans jamais dévoiler le pourquoi du mystère. 

Les thèmes : une SF prétexte

Paradoxalement, ce film de SF est pauvre en grands messages alors que le rôle de la SF est très souvent de faire réfléchir sur le monde et de souligner les risques des pensées et des technologies contemporaines. Il n'y a pas de questionnement de ce type ici parce-que la SF est plutôt un prétexte à l'histoire; le film pourrait s'en passer pour exprimer son message principal. La quête d'Alton s'avère être un MacGuffin. En effet, puisque le mystère n'est pas révélé (sommes nous fasse à des êtres divins ? des extraterrestres ? des êtres d'univers parallèles ? Alton est-il un élu ? Pourquoi est-il un élu ? Est-il un élu du fait de sa génétique ?) on ne sait jamais pourquoi le spectateur doit prendre partie pour la réussite du voyage de Alton. Ici, le sujet principal de film semble se restreindre à l'amour des parents pour leur enfant, qui est mis en exergue par cette épreuve. L'amour des parents est inconditionnel, qui en conséquence n'est pas questionné sur le fond. Le père et plus largement l'entourage d'Alton vont tout sacrifier pour leur croyance en Alton. La plus belle preuve d'amour est la résignation des parents à laisser partir leur enfant vers son destin tout en ignorant ce qu'il est. Comme ces protagonistes, le spectateur est obligé de tomber dans cette croyance inconditionnelle puisqu'il ignore la fin de tous les événements. L'amour inconditionnel est beau mais est peu compatible avec l'esprit critique.  

En définitive, Midnight Special est un film qui touche autant à la science-fiction, au thriller, au road movie qu'au fantastique. Il réussit à emmener sans condition le spectateur dans une histoire mystérieuse. Toutefois, on aimerait parfois comprendre le pourquoi de toute cette aventure; en deux mots, avoir une raison de s'investir dans cette histoire.



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samedi 30 janvier 2016

The Boy


Synopsis :

Greta cherche à prendre du recul sur sa vie. Pour cela, l'américaine part en Angleterre et trouve une famille qui habite dans un beau manoir isolé et qui recherche une nounou. Job rêvé pour Greta, elle découvre alors que l'enfant qu'elle doit garder n'est qu'une simple poupée...


Commentaire :

Mise en scène à propos

William Brent Bell se révèle ou plutôt confirme être un excellent réalisateur de film fantastique et d'épouvante et rejoint ainsi les maîtres contemporains du genre comme James Wan. Le film d'épouvante demande un réel savoir faire de mise en scène pour installer le malaise autant par les sons, les angles de caméra, l'éclairage que le rythme du montage. The Boy installe très rapidement une atmosphère de malaise qui ne fait que se renforcer jusqu'au climax insoutenable. Le film est très maîtrisé et n'est pas dans la surenchère d'effets, d'où son côté appréciable. Quelques jump-scares très bien placés, légèrement en contre-temps suffisent à faire sursauter aux moments fatidiques. En effet, le genre fantastique a d'abord pour objectif de produire le malaise et non la peur, il s'agit donc d'un film à ambiance. Les acteurs sont très justes et leurs rôles bien écrits : réalistes et septiques au début comme l'est ou devrait l'être le spectateur.

Genre intéressant (spoilers)

Ce film est une réussite notamment parce-qu'il a compris ce qu'est le genre du fantastique. Le fantastique est le genre du doute, où le paranormal n'est jamais complètement confirmé et pourrait toujours se révéler être un réel, peu probable néanmoins du fait de l'accumulation des éléments. Les seuls événements relevant du merveilleux ont lieu dans le rêve, ce qui est bien pensé. Le film prend intelligemment l'initiative d'ouvrir plusieurs pistes afin que le doute soit constant et afin d'offrir plus de surprises. L'excellent choix de la poupée est également un élément permettant de comprendre que l'équipe a compris le genre du fantastique, Celle-ci n'a pas besoin d'être effrayante ou moche. C'est justement parce-qu'elle semble innocente mais placée dans un contexte scénaristique particulier qu'elle va déranger. Ici, le réalisateur joue sur le décalage entre réalité et notre monde monde mental. Il a également compris le genre dans le dénouement de son oeuvre. Le fantastique ne dure pas indéfiniment, la situation tend toujours à résoudre le doute pour faire apparaître la vérité de l'oeuvre. Très souvent, ce genre de film se conclue en faisant le choix du merveilleux mais ici The Boy prend le chemin de l'étrange (terme littéraire). C'est à dire que tout va trouver une explication rationnelle et en ce sens, ce film est original. Peut-être même un peu décevant pour les habitués du genre au cinéma. En définitive, le film nous plonge réellement dans le genre littéraire populaire du XIXème siècle où la limite entre la rationalité et notre imaginaire délirant n'est jamais claire. 

Les thématiques : fragilité psychologique et croyances (spoilers)

Le choix de l'étrange permet finalement de donner à ce film un fond thématique intéressant qui n'aurait pas été possible avec le choix du merveilleux. The Boy montre qu'une fragilité psychologique issue de traumatismes divers favorise un état d'esprit enclin à croire tout et son contraire. Evidemment, ce qui arrive à Greta sans être paranormal relève de l'exceptionnel mais son état psychologique explique une certaine crédulité. 

En définitive, cette réalisation se révèle être un très bon film fantastique (au sens littéraire) d'épouvante, autant bien pensé artistiquement que bien ficelé scénaristiquement. Original dans le formatage contemporain du genre.


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jeudi 22 octobre 2015

Paranormal Activity 5 Ghost Dimension


Synopsis :

La famille Fleeges emménage dans une superbe maison. Tout se passe à merveille mais ils remarquent que leur petite fille Leila parle seule de temps en temps. Son père Ryan trouve une caméra et des cassettes dans la maison, qu'il regarde avec son frère Mike. On peut y voir deux petites filles, Kristi et Katie parler d'un certain Toby, comme le fait Leila...


Commentaire :

La 3D, la fausse bonne idée

Après quatre films (plus un cinquième sous forme de spin-off), Paranormal Activity 5 continue la trame principale des quatre premiers films canoniques (Tokyo Night reste toujours à part). Le scénario est correct et le cinquième épisode s'insère assez bien dans la saga, bien que l'histoire commence à paraître longue. Néanmoins, il y a une vraie cohérence globale et une fois l'intrigue développée, Paranormal Activity 5 semble bien poursuivre (ou conclure ?) l'histoire de la saga. Notons toutefois que celle-ci est simple et linéaire. Il y avait matière à inclure des rebondissements mais le film se contente de reproduire le déroulement habituel des Paranormal Activty, avec un petit côté Poltergeist. Cependant, il y a là une ambiguïté parce-que Poltergeist n'hésite pas à montrer le mal alors que la saga Paranormal Activity joue sur le hors-champ et des effets minimalistes. Le problème s'accentue avec l'idée de la 3D. En effet, seuls les phénomènes paranormaux sont en 3D, il faut donc nécessairement montrer. Si cet effet pouvait être pensé comme la nouveauté de la saga, il en résulte dans les faits une trahison du concept de base. Néanmoins, la direction arrive à bien gérer ce choix en limitant le paranormal, la 3D devenant paradoxalement accessoire (seule une caméra de l'intrigue voit les phénomènes paranormaux).  

Une mise en scène très moyenne et non renouvelée 

Paranormal Activity retombe finalement sur ses pieds avec la mise en place de l'ambiance traditionnelle jouant sur le son et les moments de tension. Les instants de sursaut sont habillement distillés, arrivant lorsqu'ils sont attendus ou à contre-temps, ce qui est toujours efficace. Il y a presque pour ce point une science à la James Wan. Malheureusement, il n'y a rien de nouveau dans la mise en scène. Les procédés restent les mêmes alors qu'il y avait une progression au cours des derniers épisodes (caméras panoramiques, nouvelles technologies). L'utilisation de la 3D entraîne une limitation dans la recherche de la mise scène. Le film ne devient plus qu'une succession de jump scares. Lorsque les choses sont visibles à l'écran, la tension est beaucoup moins forte. La peur se provoque donc par le jump scare. Le film en abuse, la réalisation s'étant surement rendu compte que le nouveau concept est moins efficace. Nous ne sommes pas loin du cinéma d'attraction. Saluons tout de même le fait que la saga reste toujours à l'écart du gore pour produire l'épouvante fantastique, ceci étant une très bonne chose.

En définitive, le recours à la 3D dans une saga n'est jamais bon signe, étant souvent le signe d'un manque d'imagination. Le choix est particulièrement contre-nature pour Paranormal Activity mais le film arrive à ne pas trahir complètement la saga. Le scénario progresse et les pièces du puzzle de l'ensemble des films font sens mais la réalisation régresse, se cachant derrière ses jump scares. A voir pour les amateurs de la saga.



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mercredi 29 juillet 2015

Ant-Man



Synopsis :

Tout juste sorti de prison, Scott souhaite revoir sa petite fille de 7 ans. Néanmoins, sans travail et avec un passif de cambrioleur, il est loin d'être le père idéal. Un ancien patron d'entreprise, Hank Ping, lui propose alors une mission en tant que seconde chance...


Commentaire :

Le retour à l'échelle humaine

Après une dizaine de films présentant des menaces de plus en plus grandes, le paroxysme étant atteint avec les Gardiens de la Galaxie qui mettaient en jeu le destin de notre galaxie, Ant-man apporte un peu de fraîcheur. Certes le danger est potentiellement d'ampleur planétaire mais il reste dans le film seulement potentiel. Cela ramène momentanément le danger à une échelle humaine et même moins puisque les combats les plus impressionnants se passent au niveau d'action d'Ant-man. Ainsi, le terrain de combat sera pendant une scène la chambre d'une petite fille. Le côté plus humain du super-héros se retrouve également dans le traitement du personnage, intégré certes au monde des Avengers mais ayant également une vie ordinaire. Il s'agit du premier héros ayant un passé normal qui plus est non idéal. Ainsi, on pourrait un temps se croire dans une comédie dramatique, cela donnant du corps au personnage. L'aspect comique est aussi poussé et réussi que dans les Gardiens de la Galaxie. Les acteurs Paul Rudd et Michael Douglas, tout comme le réalisateur Peyton Reed ne sont pas habitués au cinéma merveilleux ou de super-héros et du coup, apportent une touche réaliste intéressante. Au niveau de la mise en scène, la fraîcheur vient de la nécessité de filmer le tout petit. Il s'agit d'un tout nouvel environnement pour la franchise Marvel, ce qui la re-dynamise. Le jeu d'échelles est très bien gérer et le format particulier du 1:85:1 est intéressant dans cette optique. Notons que la courte scène au niveau subatomique apporte un côté ésotérique au film, seule la créativité pouvant aujourd'hui retranscrire le monde quantique.

Un peu trop simple

Bien que le film soit très réussi, il est possible d'en critiquer négative quelques aspects. Tout d'abord, dans la franchise Marvel, cette nouvelle péripétie donne un sentiment d'accumulation. Il arrive énormément de problèmes, sans lien entre eux, à l'humanité. Au bout d'un moment, cela devient embêtant puisque le schéma Héros vs Némésis se répète. D'autant plus que le méchant ici n'est pas très subtile,  il est très caricaturale. Un autre défaut est la simplicité du dénouement d'un problème auquel est confronté Scott, à la toute fin. La résolution paraît quand même très facile alors que la tâche avait été présentée, à juste titre, comme impossible. Il existe également quelques petites incohérences scientifiques ou manques d'explication, mais cela restera à l'appréciation de chacun. 

Les thématiques du film

Au delà de la question technologique consistant à souligner que l'impact de la technologie dépend de l'homme qui l'utilise, d'autres questionnements sont bien posés. Le premier que l'on peut évoquer concerne l'expérimentation animale. Dans le film, la cruauté du méchant se confirme (elle avait déjà été malheureusement évoquée) par son insensibilité vis à vis des bêtes. Au contraire, un personnage soulignera qu'il est du bon côté par son début d'empathie pour les animaux. Néanmoins, le méchant mettra justement en évidence l'incohérence de ce personnage, qui a plus d'empathie pour une brebis que pour une souris. En effet, un animal ne valant pas plus qu'un autre, le méchant souligne que le "bon" personnage fait preuve de spécisme. Cette idée n'est évoquée que pendant une courte scène mais reste très juste. Autre thématique plus longuement présentée, il s'agit de celle de la seconde chance. Scott a droit à une nouvelle chance, soulignant ainsi que l'humain est faillible et qu'il peut donc être pardonné. Néanmoins, ce dernier n'a jamais été profondément méchant, cela induisant qu'une deuxième chance ne peut être offerte à celui qui a trop fait de mal. Il s'agit d'une morale du film. 

En définitive, Ant-Man est un petit vent de fraîcheur chez Marvel, qui redonne aux super-héros un côté humain. Le film est néanmoins un peu facile sur certains aspects. 



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mercredi 15 juillet 2015

Insidious 3



Synopsis :

Quinn, jeune adolescente, vient de perdre sa mère. Sa tristesse la pousse désespérément à tenter de rentrer en contact avec elle dans l'autre monde. Elle fait ainsi appel à Elise, une medium. Cette dernière a arrêté de pratiquer mais décide d'aider Quinn. En effet, la jeune femme, en voulant appeler sa mère, a réveillé un esprit malveillant... 


Commentaire :

Dans la lignée de James Wan

Insidious 3 s'inscrit dans la lignée des précédents films de la saga bien que Leigh Whannell arrive derrière la caméra. Ce dernier n'est toutefois pas un inconnu de la franchise puisqu'il avait scénarisé les précédents. Il interprète également le personnage de Specs. La mise en scène ressemble à celle de James Wan avec notamment une ambiance horrifique installée dès le début et des longs moments de tension. Dès l'apparition du titre, le spectateur est prévenu. On retrouve certains angles caractéristiques comme des contre-plongées appuyées et des plans assez longs. Notons par exemple la très angoissante scène pendant laquelle Elise appelle le démon chez elle. Insidious reste donc une des meilleures sagas dans le genre de l'épouvante. Leigh Whannell se distingue néanmoins du maître de l'horreur en proposant des mouvements de caméra moins prononcés. La mise en scène est un peu moins joueuse du fait qu'il y ait moins de pièges tendus aux spectateurs. Ainsi, chez Leigh Whannell, lorsque la musique s'arrête et la tension s'installe, on est presque sûr que cela va se terminer par un jump scare. Toutefois, comme chez James Wan, ce procédé peut arriver à contre-temps pour un effet dévastateur sur les cœurs... On pourrait reprocher à Leigh Whannell d'avoir recours aux jump scares un peu trop souvent mais la réalisation reste très bonne. 

Construction d'un univers

Concernant l'univers, il est assez agréable de voir que le fond de l'histoire est plutôt travaillé. En effet, les films horrifiques sont souvent pourvus d'un univers basique et d'un scénario très stéréotypé. Les 3 épisodes ont une réelle cohérence : le spectateur continue la découverte du monde "du lointain" et en apprend plus sur les personnages majeurs de la saga. 

Le message

Le message qui se profile derrière le film est transmis via le personnage d'Elise, cela prouvant que cette dernière est véritablement l'héroïne du film. Elle est présente dans les films précédents et serait présente dans les suites si la saga continue. Les victimes des esprits ne sont donc que des personnages secondaires à l'échelle de la saga, à l'instar de Quinn ou de la famille Lambert auparavant. Le problème se posant ici pour Elise est l'utilisation de son don. Elle le considère comme partie intégrante de son être et pour elle, le refuser serait se renier. Elise décide un temps d'arrêter la profession de medium à cause d'un esprit la poursuivant. Elle fait donc ce choix en fonction d'un "autre". Tout l'enjeu du film est qu'Elise s'accepte telle quelle, peu importe les pressions extérieures. Le message est donc en fait universel. Elise ne peut réussir que lorsqu'elle accepte sa nature propre, celle qui lui permet de s'épanouir et d'avancer. En quelques mots, le message est le suivant : faîtes vos choix en fonction de vous, pas des autres.

En définitive, Insidious reste une excellente saga. La mise en scène de Leigh Whannell est un peu moins variée que celle de James Wan mais tout autant efficace. Les trois Insidious commencent à dessiner un véritable univers cohérent.




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jeudi 9 juillet 2015

Poltergeist



Synopsis :

Les Bowen déménagent dans une banlieue de l'Illinois suite à la perte d'emploi du père de famille, Sam. Griffin et Maddison, les plus petits de la famille, sentent rapidement que cette maison est étrange. Des phénomènes paranormaux se produisent et finissent par effrayer toute la famille...


Commentaire :

Une mise en scène et une contextualisation réussies

Poltergeist, remake du premier film du nom, est dotée d'une bonne mise en scène. Celle-ci permet d'installer directement une atmosphère angoissante. Par exemple au début, l'ensemble des plans (arrières et premiers plans) dans la maison sont flous, ce qui est assez déstabilisant. La maison est lumineuse, mais la teinte n'est pas naturelle, ce qui entraîne également un sentiment de mal-être. Les scènes d'angoisse sont souvent montées avec des plans assez longs, permettant à une caméra mouvante de se déplacer n'importe ou mais lentement. Ce procédé produit une tension qui bien souvent se termine par un jump scare assez efficace. A ce titre, la scène des clowns avec Griffin est particulièrement bien ficelée. Soulignons qu'il s'agit d'un film d'épouvante dépourvu de gore. Rien que pour cela, il est plutôt réussi, car la peur provient uniquement de la mise en scène. Dans les bons points, notons également le contexte de l'histoire dans une Amérique en crise, qui rajoute en profondeur. La banlieue américaine et le pavillon individuel ne font plus rêver. Beaucoup de maisons sont à vendre et le travail est difficile à trouver. Ces préoccupations de la vie quotidienne font que les esprits sont, au départ, le dernier des soucis des parents. Les enfants sont donc seuls face au phénomène du Poltergeist, ce qui accroît la tension. 

Une deuxième partie plus étrange et moins effrayante

Lorsque la source du paranormal est identifiée, le film change assez fortement. L'atmosphère pesante reste mais la source du paranormal n'est plus en hors-champ. Par exemple, nous verrons une scène assez étrange d'une lumière guidant Maddison ou nous apercevrons directement ce qui se passe dans l'autre monde. Le film ne fait plus peur. C'est néanmoins ce que l'on recherche avec ce genre de films. Quelques petites scènes jouent encore sur l'épouvante mais la réalisation se rapproche alors du film d'action / aventure. Ainsi, la fin n'est plus une apothéose de la tension mais une conclusion plus conventionnelle. Le film perd en efficacité. Il n'est pas pour autant mauvais en nous proposant autre chose mais il peut en frustrer certains.

En définitive, Poltergeist n'est pas le film d'horreur de l'année mais se laisse regarder. La mise en scène au service de l'horreur est particulièrement efficace en première partie. 



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mercredi 1 juillet 2015

Unfriended


Synopsis :

Laura Barns s'est suicidée suite à un harcèlement internet. Un soir, ses amis se réunissent sur Skype. La conversion commence lorsqu'ils se rendent compte qu'un inconnu est également dans la discussion. Il semble qu'il s'agisse du compte de Laura... 

Commentaire :

La mise en scène : une première du genre

Unfriended nous présente une mise en scène tout à fait originale pour un film d'horreur puisqu'il s'agit d'un plan séquence d'un écran d'ordinateur. L'idée est intéressante car cette mise en scène traduit parfaitement la réduction des vies contemporaines à des relations sociales internet. En même temps, ce choix permet le retour d'effets aujourd'hui peu utilisés comme le split screen. Ici, cet effet, aussi appelé écran partagé, montre parfaitement qu'internet est également le lieu de la simultanéité. Cet espace immatériel n'en a pas moins des conséquences concrètes dans le réel comme le rappelle le film. Ici, il s'agira d'une histoire de vengeance. La grande question est de savoir qui a fauté et a contribué indirectement et involontairement à la mort de Laura. Chaque protagoniste n'est représenté que par son petit écran, comme pour suggérer qu'il y a peut-être beaucoup à cacher en hors champ. La thématique du doute et du soupçon, spécialité d'internet, est prégnante. Chaque individu dans le film a une part d'ombre et n'est pas prêt à y faire face.

Scénario efficace mais peu original 

Au-delà de cette mise en scène ingénieuse, le scénario est banal, proche d'un Paranormal Activity. La montée en tension est néanmoins rapide. Progressivement, le fantastique prend le dessus jusqu'à la fin, apothéose de la tension. Le dénouement final est plutôt bien préservé malgré le genre. Cependant, rien de nouveau dans les différentes étapes du film d'horreur. Ce dernier tend d'ailleurs, à certains moments, à vouloir lorgner sur le gore, ce qui n'est pas en soi nécessaire. La peur jouant sur le hors champ produit déjà assez d'effet. Cette technique permet d'ailleurs d'avoir un film au budget très restreint (#MerkelContente), 1 000 000 $. 

En définitive, ce film est une bonne surprise, le genre étant parsemé de réalisations plutôt médiocres. La mise en scène et le sujet de l'internet sont intéressants. Cependant, le scénario est un archétype pour le genre. 




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mardi 27 janvier 2015

Souvenirs de Marnie



Synopsis :

Anna est une jeune fille timide et solitaire. Elle souffre de ne pouvoir se confier à un ami. Un jour, après avoir fait une crise d’asthme, sa tante, chez qui elle vit, l'envoie à la campagne afin de profiter de l'air pur. Près de son lieu de séjour, elle remarque une vieille villa qui l'intrigue énormément...


Commentaire :

Le dernier Ghibli (pour le moment) signé Yonebayashi

Après Arrietty, le petit monde des chapardeurs, Hiromasa Yonebayashi revient avec Souvenirs de Marnie. Comme son dernier film, il s'agit d'une adaptation d'une oeuvre de la littérature britannique, ce qui souligne l'attrait de ce réalisateur pour la culture européenne. De plus, la chanson de fin est confiée à une chanteuse occidentale, Priscilla Ahn, comme ce fut le cas pour son film précédent. La différence ici est que la bande originale du film reste entre les mains d'un japonais, peu connu en Europe, du nom Takatsugu Muramatsu. Celui-ci réalise un bon travail.
Toutefois, le contexte de sortie des deux oeuvres est différent : alors que le premier film était un espoir pour la succession du studio Ghibi, ce film apparaît être le dernier de la maison. Après l'échec commercial de La Princesse Kaguya, qui est pourtant peut-être le meilleur Ghibli, Souvenirs de Marnie peine également à attirer les foules. Yonebayashi est pourtant très prometteur. Ça serait réellement regrettable si le studio s’éteignait avec son deuxième film, d'autant plus que le réalisateur produit ici une oeuvre encore plus aboutie. 

Le style Ghibli Miyazaki

Graphiquement, Yonebayashi s'inscrit dans la lignée Ghibli Miyazaki de part les traits des dessins et le travail de l'arrière plan / de l'environnement très coloré. Takahata avait fait un choix totalement différent avec son dernier bijou. Arrietty avait déjà un dessin très travaillé, mais Souvenirs de Marnie atteint la perfection graphique des films de Miyazaki. Rien à redire sur ce point. Yonebayashi rejoint également son maître dans les inspirations. Miyazaki (contrairement à Takahata) piochait également énormément dans culture occidentale (Le Château dans le Ciel, Le Château Ambulant) pour créer ses aventures, qu'il adaptait au contexte japonais. Ici, la transition entre les deux cultures est réussie. Il est d'ailleurs assez touchant de voir le regard romantique, parfois presque caricatural, des japonais sur la culture occidentale,
Concernant les thèmes similaires à Miyazaki, il y a donc l'occident, mais aussi une certaine forme de modernité étouffante, qui est opposée à la tradition de la campagne bucolique. L'eau dans une certaine mesure et le rêve sont également des éléments que l'on retrouve chez Miyazaki. La différence majeure entre les deux réalisateurs, serait peut-être le traitement de l'histoire. Alors que Miyazaki, hormis pour Le Vent se Lève, s'inscrit dans le genre merveilleux, Souvenirs de Marnie appartient à un genre plus réaliste, fantastique à certains égards mais dépourvu de la magie foisonnante du vieux maître. C'est peut-être en ce sens que Yonebayashi possède un trait d'héritage de Takahata qui dans les années 90 réalisait des films d'animation ancrés dans le réel. En définitive, Yonebayashi se trouve surement entre les deux légendes du studio Ghibli. 


La Thématique

Bien que Souvenirs de Marnie soit tiré d'un roman britannique, la thématique, universelle s'inscrit très bien dans les valeurs japonaises. La thématique est en fait double, il est question du lien entre générations et deuxièmement, de l’introspection. Dans ce film, c'est la compréhension du passé qui va permettre un travail sur soi-même pour finalement retrouver la paix intérieure. Lorsque les enjeux se démêlent en fin de film, le récit est vraiment touchant. En effet, l'introspection permet de comprendre profondément le personnage principal, Anna, pour qui on se prend réellement d'affection. Compassion et empathie donc, le trait commun à toutes les productions Ghibli est surement leur pouvoir à toucher notre sensibilité.  

Pour conclure, Souvenirs de Marnie s'inscrit dans l'héritage Ghibli tout en possédant des caractères singuliers, propres à son réalisateur. Sobre mais touchant, ce film confirme que Yonebayashi a surement les épaules pour reprendre la relève de Ghibli. Tout repose sur le public qui devra accepter un style différent de celui de Miyazaki et dans une moindre mesure de Takahata. 




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dimanche 31 août 2014

Catacombes


Synopsis:

Scarlett, spécialiste en langues anciennes et en archéologie, est à la recherche de la pierre philosophale, quête que lui a légué son défunt père. Ses recherches la mènent finalement à Paris, ville où repose le célèbre alchimiste Nicolas Flamel. Pour trouver cette relique du passé, Scarlett doit affronter les catacombes et leurs mystères...


Commentaire:

Le found footage classique

Si le found footage est habituellement désagréable, il colle parfaitement aux films du genre épouvante et plus spécifiquement à ceux se déroulant en lieu clos. Ce choix artistique permet en effet de renforcer le côté immersif tout en gardant ici de nombreux angles de vue puisque plusieurs protagonistes sont dotés de caméras. Il s'agit bien sûr de déjà vu, mais la mise en scène, le montage et les plans ont bien été réfléchis ici et font leurs effets. 

Le cahier des charges intelligemment rempli

Ce film d'horreur remplit son objectif tout en ne jouant pas seulement sur les jump scares. Ils sont présents mais le film les utilise a bon escient sans en abuser. De plus, il réussit à installer une ambiance angoissante (bonne utilisation du mixage sonore entre autres), ce qui est le plus compliquer dans un film d'épouvante. Le film est également intelligent parce-que le scénario fantastique se tient. Souvent, les attitudes des personnages dans ce type de cinéma, qui plus est à petit budget, sont incompréhensibles, à tel point qu'elles deviennent clichés. Ce film respecte les codes, mais le réalisateur et le scénariste ont bien travaillé leurs personnages pour que l'histoire soit crédible et cohérente. A noter une fin peu habituelle, qui rompt (et c'est tant mieux pour une fois) avec les habitudes de ce sous-genre (le film d'épouvante found footage). 

Décors réels

Le point fort de ce film, et toute personne étant descendu pourra le confirmer, est qu'il présente les vraies catacombes fermées aux publiques. L'équipe du film a eu l'occasion de filmer le réseau souterrain parisien, cela rajoutant en crédibilité. Peut-être qu'une personne n'ayant jamais vu les catacombes n'y portera pas attention, mais ce film a le mérite de respecter ces spectateurs. Les cataphiles du films sont également plutôt proches de la réalité. Effort louable pour ce film à petit budget (moins de 4 000 000 de $),  qui ne paie pas de mine à première vue.




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mercredi 9 octobre 2013

Insidious 2



Josh Lambert semble différent après son voyage dans le monde des esprits (Insidious 1). Certes, son fils est sain et sauf, mais lui ne semble plus tout à fait le même. Renai, sa femme, et sa mère, Lorraine, observent d'étranges manifestations dans la maison. Il semble que la famille Lambert n'en est pas finie avec le monde des esprits...

James Wang est maître du genre, maître de l'horreur-épouvante. Fait intéressant, le réalisateur de Saw ne joue pas avec le gore, préférant provoquer la peur et l'angoisse par une mise en scène efficace. En effet, toutes les figures du film d'horreur y sont présentes : poupées, hôpital abandonné, vieille maison, ampoule grésillante, petite fille, dame blanche, esprit maléfique, grand-mère terrifiante. On regrettera l'utilisation des quelques jump-scare (bref insert d'une image d'épouvante) qui reste une facilité pour surprendre le spectateur. Néanmoins, tous les mouvements de caméra et prises de vue sont parfaitement pensés pour mettre le spectateur dans un sentiment d'angoisse. Le scénario est parfois complexe, mais le rendu final est réussi grâce à l'habile mise en scène. La bande sonore remplit parfaitement son rôle en soutenant le sentiment d'angoisse.

16/20


samedi 3 novembre 2012

Paranormal Activity 4



Faisant directement suite au Paranormal Activity 2, cet opus nous raconte ce qui se passe après que Kathy la possédée ait quitté les lieux du crime. Cette dernière s'installe en face de la maison d'Alex, une jeune fille à la vie parfaitement normal jusque là...

Une série devenue éminemment commerciale mais qui garde sa capacité à maintenir en tension. Toujours un rythme crescendo avec l'apothéose final, la structure du film reste la même malgré le changement de réalisateur. Toutefois, les sursauts se font moins fréquents dans cet opus, qui contentera, néanmoins, les amateurs de la saga. A noter que le visionnage des précédents est nécessaire pour suivre le fil de l'histoire, aussi bien du deux auquel le film fait directement suite, que le trois, sur les origines, qui apparaît primordial pour comprendre le dénouement.

14/20

mardi 4 septembre 2012

Les Enfants Loups, Ame & Yuki


Hana, jeune universitaire, fait la rencontre d'un mystérieux jeune homme. Celui-ci cache un grand secret, il s'avère être l'un des derniers homme-loups du Japon. De cette union, naissent deux petits enfants loups, Yuki la soeur ainée, et Ame le petit dernier. Tout se passe pour le mieux jusqu'à ce que le père disparaisse brutalement. Un énorme défi attend alors Hana, élever seule ses enfants loups sans que la société ne se doute de quelque chose...

Une fable joliment contée, néanmoins plutôt destinée à un public ado-adulte. Une animation assez réussie avec des décors très soignés et, ce sont peut-être les personnages eux mêmes qui parfois semblent les moins réussis (plans éloignés). Sans contexte un film agréable à regarder mais avec un rythme parfois trop lent, une fois que l'on a deviné la suite des évènements. Peut-être aussi que le lapse de temps conté est difficile à raconter en si peu de temps. Une touche de musique en plus se fait aussi parfois désirée. Non, le duo Miyazaki-Hisaishi n'est pas détrôné par cette production non ghiblienne. A voir pour les amateur du genre.

14/20

jeudi 16 août 2012

Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires


Le jeune Abraham assiste jeune à l'assassinat de sa mère par un vampire. Dès lors, il ne cessera de vouloir se venger. Adulte, il fait la rencontre d'un certain Henry, chasseur de vampire. Celui ci va lui apprendre toutes les ficelles du métier. Toute l'histoire de la face cachée du premier président des Etats-Unis avec en arrière plan la Guerre de Sécession qui se révèle être aussi une guerre contre les vampires...

Merci à Hollywood pour la mise en lumière des zones sombres de l'Histoire... Un film qui manque de fluidité et dont l'intrigue et l'histoire sont cousues de fils blancs. Toutefois, il est quand même possible d'apprécier ce film d'action et notamment ses scènes de combats à partir du moment où l'on comprend que le réalisateur a tout tourné au second degré. L'arrière plan sur la traite des noirs est intéressant mais n'est mis en valeur finalement que très brièvement au début.

13/20

vendredi 20 juillet 2012

Chroniques de Tchernobyl


Un groupe d'amis est en visite en Ukraine et décide pour finir leur voyage de faire du tourisme extrême. Pour cela, rien de mieux que de visiter Pripyat, ville désertée après la catastrophe de Tchernobyl. Emmenés par un guide coriace, ils se trouvent déroutés par les militaires qui leur annoncent que la zone est fermée pour cause de maintenance. Ce n'est pas cela qui va décourager les jeunes gens...

Scénario classique, personnages classiques du film d'horreur. Tout y est! Film non exceptionnel qui remplit son cahier des charges avec le réalisateur de Paranormal Activity en producteur et scénariste cette fois-ci. Voici le principal argument commercial. Pour les amateurs du genre.

13/20

The Amazing Spiderman


Peter Parker est un jeune étudiant sans histoire vivant chez son oncle et sa tante. Son passe-temps favori est de prendre des photos pour le journal du lycée mais, son objectif s'arrête souvent sur la belle Gwen. Alors qu'il commence à faire des cherches sur ses parents, celles-ci le menant au laboratoire Oscorp, Peter se fait piquer par une araignée. Il ne tarde pas à remarquer que cette piqure lui confère de grands pouvoirs mais aussi de grandes responsabilités...

L'homme araignée revisité, nouveaux acteurs, nouvel histoire. Mais la question est bien évidemment, pourquoi refaire une saga Spider-man alors que la dernière est toute récente, avec donc toutes les technologies d'aujourd'hui et qui est, de plus, incroyablement réussi. Le constat est que la relève de Maguire et Raimi n'est pas à l'auteur comme c'était à si attendre. Seuls eux même pouvaient se succéder aujourd'hui. Toutefois, The Amazing Spider-man est loin d'être mauvais, seulement un cran en dessous du chef-d'oeuvre. Les files sont parfois un peu trop gros, l'atmosphère peut-être un peu trop "teen", mais l'ensemble se laisse regarder.

14/20

dimanche 6 mai 2012

Avengers



Alors que Loki prévoit d'envahir la Terre, le S.H.I.E.L.D doit trouver un moyen pour lutter contre cette menace. La solution pourrait être de remettre en place le projet abandonné "The Avengers" qui réunit les plus grands superhéros que compte la Terre.  Iron Man, Hulk, Thor, Captain America, Hawkeye et Black Widow répondent présents, mais faut-il alors qu'ils fassent fi de leur égo...

La saga Marvel est sur une bonne lancée, mais réunir toutes les têtes d'affiche n'est pas tâche aisée. Pourtant, cette superproduction arrive à donner sa place à chacun. L'histoire est habilement menée sur une durée tout à fait acceptable et attendue pour ce film malgré un épisode qui traine en longueur en milieu du film. Niveau musique, les productions Marvel sont toujours bien loties, ce film ne faisant pas exception. Le seul bémol est peut-être les dialogues, heureusement, le film joue beaucoup sur le second degré. En définitive, à voir, surtout pour les fans des Marvel et des comics en général.

16/20

samedi 10 septembre 2011

Cowboys & Envahisseurs


Dans le grand ouest américain, dans les années 70 du 19ème siècle, un homme se réveille dans le désert au milieu de nulle part, sans souvenir, et avec pour seul indice un mystérieux bracelet autour du bras. Rejoignant une petite ville où sévissent de jeunes voyous, il comprend rapidement que de plus grosses menaces le guettent...

Action et humour sont saupoudrées avec soins pour fournir un film classique d'action-western hollywoodien. Deux genres lucratifs réunis en un permettant de pondre le film-type parfait. Du moins en théorie, mais le mélange de deux genres soient-ils appréciables individuellement ne produit pas forcément l'effet escompté d'autant plus que ces genres sont éloignés. Au final, le casting 5 étoiles, le réalisateur de talent et le producteur à la célébrité internationale réussissent à nous offrir un bon moment de détente.

15/20