Synopsis :
Le Mandalorian, toujours accompagné de Grogu, travaille désormais pour la Nouvelle République. Il traque les anciens cadres de l'empire qui tentent de faire perdurer l'ancien régime dans certains recoins de la galaxie...
Le commentaire :
Jon Favreau, le choix de la continuité
Jon Favreau, déjà réalisateur sur la série, reprend la réalisation sous la supervision de Dave Filoni. Réalisateur efficace, Jon Favreau, a la tâche de transformer la saison 4 en film conclusif de la Saga The Mandalorian. Si la narration est bien abordée avec des enjeux clairs, presque simples, la mise en scène reste très proche de ce qui a été fait pour la série et n'offre aucune fulgurance (malgré une ouverture rappelant Apocalypse Now). Sans nouveauté, le film s'inscrit toutefois dans l'héritage de George Lucas à plusieurs titres. Les environnements sont variés, la narration proposant le classique parcours entre différents mondes. Ils ont la qualité d'être tous différents mais très proches (trop ?) de l'environnement de terrestre, si ce n'est le dernier monde qui possède quelques particularités. Les cuts entre les scènes ou les mondes, parfois abrupts, rappellent la mise en scène de Lucas. Par ailleurs certains renvois à l'Antiquité comme la scène de combat dans l'arène, rappellent aussi la Prélogie de Lucas (sans qu'il n'y ait ici de message politique associé). Enfin, la place laissée à la musique est peut-être le plus bel hommage à Lucas, car ce dernier aimait laisser une partie de la narration à John Williams, qui par ses thèmes savait raconter les histoires. C'est ainsi que Ludwig Göransson montre la plus belle considération à Lucas en reprenant les thèmes de la série de manière symphonique. Ses thèmes participent à la narration en étant pleinement présents, grâce à plusieurs leitmotivs reconnaissables et l'utilisation du mickeymousing pour décrire certains éléments à l'écran. La fulgurance de la musique fait ainsi oublier le manque de panache de la mise en scène ou de tension de l'intrigue.
Un film de side quest ?
Ce film devait s'émanciper de la dimension sérielle du matériau de base afin de conclure de manière honorable l'histoire du Mandalorien. Pendant une une heure, le film ressemble malheureusement plus à une série qu'à un film de part son intrigue assez linéaire et restreinte (le premier enjeu est conclu dans la première partie du film) et du fait d'un visuel assez convenu malgré une petite scène d'ouverture un peu plus impressionnante. Toutefois, le film prend un peu d'ampleur dans sa deuxième partie, d'ailleurs moins riche en action (si ce n'est le final) mais avec un enjeu plus important mettant au centre la relation du Mandalorien et de Grogu. C'était d'ailleurs le seul axe qu'il était possible d'utiliser pour donner plus de gravité à l'histoire. Paradoxalement, cette partie peu verbeuse est réussie, ce qui souligne le talent de narration de Jon Favreau. Il y a également une bonne rythmique du gag, ce qui ajoute des touches d'humour bien trouvées. Néanmoins, même si la relation personnelle entre les deux protagonistes est intéressante, l'histoire ne peut prendre l'ampleur des films de la saga Star Wars, dans le sens où l'enjeu n'impacte en rien le destin de la galaxie. Cette histoire annexe est distrayante mais dispensable.
La morale et les apparences
En définitive, The Mandalorian and Grogu est un film divertissant mais qui a du mal à s'extraire de sa dimension sérielle, notamment pendant sa première partie.
******
