Paul Atréides et sa mère Jessica ont survécu à l'élimination de leur maison par les Harkonnens. Ils sont réfugiés chez les Fremens, le peuple du désert. La vengeance de Paul s'inscrit désormais dans la lutte des Fremens qui luttent contre le colonialisme des Harkonnens. La question qui se pose à Paul est alors de savoir s'il se bat en tant qu'Atréide ou en tant que Fremen...
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Denis Villeneuve récidive brillamment
La mise en scène de Denis Villeneuve s'inscrit parfaitement dans la réalisation du premier épisode avec toujours la photographie incroyable de Greig Fraser. Cela reste la première qualité du film qui réussit à saisir l'ambiance de chaque monde mais également, pour cet épisode, à magnifier des évènements ou des personnages, là ou le premier épisode se limitait à de l'exposition. Denis Villeneuve joue également avec la notion d'échelle comme il l'a déjà fait, cela permettant de mettre en valeur le gigantisme dans un empire galactique. L'univers se trouve ainsi très incarné et particulièrement impressionnant. La grande différence avec l'épisode précédent se joue au niveau du rythme et de la tension. En effet, l'intrigue se déploie enfin dans ce deuxième épisode alors que certains nouveaux personnages rajoutent des enjeux et de la tension du fait de leur personnalité. Le montage est dense du fait des nombreux évènements à dépeindre. Le film comporte aussi de nombreuses ellipses ce qui rajoute au rythme mais tend presque parfois à rendre la narration moins fluide. Denis Villeneuve compte alors sur l'intelligence du spectateur pour faire les liens. Le film aurait presque gagner à être plus long malgré sa durée déjà plus qu'honorable (2h46). Certaines scènes de combats avec des personnages importants auraient à ce titre aussi gagné (sur la fin) à être plus développées. Seul petit bémol sur ce point, la chorégraphie des combats n'est pas forcément mise en valeur par une caméra trop mouvante et des séquences trop cutés. Il s'agit là du seul grief car le reste de la technique, tout autant les décors, le maquillage ou les effets spéciaux ne sont sujets à aucune fausse note.
A la musique, Hans Zimmer est de retour. Le mixage sonore et la bande musicale font énormément pour l'ambiance du film et favorise l'ancrage dans les différents mondes. Toutefois, il est difficile de parler de partition pour la bande musicale car Hans Zimmer travaille avant tout sur l'ambiance en utilisant des sons de l'environnement de l'histoire. Il s'agit d'un travail extraordinaire sur les sonorités plus qu'une partition orchestrale.
Les thématiques : de la géopolitique teintée du passée
Les thématiques de Dune traitées ici sont celles perceptibles dans le film et non celles des romans, évidemment plus foisonnantes et développées. Les thématiques sont néanmoins beaucoup plus développées que dans le premier film qui effleurait seulement son univers. Dans ce deuxième épisode, la géopolitique est au premier plan avec principalement deux aspects : la réalité du pouvoir et la dimension religieuse. La réalité du pouvoir est décrite comme un fatalisme. Paul ou sa mère Jessica ne souhaitent pas prendre de responsabilité chez les Fremens. Toutefois, face à la réalité de la situation (des rapports de force sur le terrain), ils finissent par cesser de lutter et embrasser leur destin. Ce passage est symbolisé dans le film par l'eau de vie. Une fois cette eau bue, Jessica et encore plus Paul acceptent de faire ce qui doit être fait afin de défaire les Harkonnens et l'Empereur. Paul sait que cette quête de vengeance inscrite dans la lutte anticolonialiste des Fremens coûtera à la fin de très nombreuses vies. Toutefois, Paul ne pouvait pas renoncer à son destin car cela aurait conduit à la fin des Fremens. Il n'y avait pas d'autre choix. Le pouvoir n'est pas synonyme de liberté mais de contrainte... comme le symbolise son renoncement définitif à une vie aux côtés de Chani. Il devient donc le Messie. Cela amène la seconde thématique: la dimension religieuse de l'univers. Paul ne croît pas à la prophétie mais doit se résoudre à y participer afin de fédérer les Fremens contre les occupants. Les Fremens sont fortement inspirés par les peuples arabes ayant mené la révolte contre l'empire ottoman entre 1916 et 1918. Ils jouissent à ce titre d'une bonne image bien que l'aspect religieux voire fanatique soit menaçant. La prophétie du Messie a été répandue par les Bene Gesserit au cours des siècles et Paul doit s'en servir afin de pouvoir imposer son pouvoir. Il peut alors déclencher le Djihad (le terme est simplement utilisé dans les livres) contre les occupants. Le film nous montre ainsi la puissance de la Foi. Pour le moment cela bénéficie au héros mais il est clair que le film apporte un commentaire critique sur la religion comme le souligne les dialogues entre Paul et Chani. La religion est un instrument de contrôle.
En définitive, Dune deuxième partie est un spectacle total et une réussite à tous les niveaux. L'aspect technique du film est parfait, le travail sur le son remarquable et les thématiques politiques extrêmement riches. Au dessus de la première partie.
Argylle est en mission sur une île paradisiaque de Grèce. Il cherche alors à attraper Legrange, une femme fatale... Cette histoire est tout droit sortie de l'imagination d'Elly Conway, romancière d'espionnage à succès.
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Matthew Vaughn, la maîtrise de l'action
Matthew Vaughn réemploit la recette qui a fait sa force au Box Office: à savoir la réalisation d'un film d'espionnage et d'action comique agrémenté de scènes de combat réglées au millimètre. Argylle peut être vu comme une réminiscence de Kingsman avec un ton encore plus léger. Toutefois, le montage du film et les multiples rebondissements en font un film toujours très dynamique, dont le rythme n'est pas altéré par l'humour. La mise en scène est généreuse par la photographie, le dynamisme de la caméra et l'éclairage et le soin des transitions. La caméra numérique se voit quelque peu mais n'est pas si dérangeante dans un univers loufoque, parfois presque parodique du genre d'espionnage. La surenchère visuelle et stylistique est manifestement pensée et voulue. Le point fort du film, comme la plupart des films de Vaughn, est la mise en scène des combats, qui en plus d'une chorégraphie toujours léchée, fait l'objet d'un soin tout particulier que cela soit en termes de rythme ou du mouvement de la caméra. Plus l'intrigue se déploie, plus les plus scènes de combat sont impressionnantes. Elles sont le principal atout du film. A la musique, Matthew Vaughn n'est pas accompagné d'Henry Jackman cette fois-ci mais de Lorne Bafle. Toutefois ce dernier s'en sort aussi bien, du fait d'une composition travaillée mais aussi d'une mise en scène très visuelle de Vaughn qui laisse toujours une place pour la composition. Pas de leitmotiv particulièrement mémorable toutefois.
Là où le scénario éclipse la thématique
Contrairement aux films Kingsman, il semble que le film n'ait pas véritablement de thématique cette fois-ci, même en toile de fond. A ce titre, le grand méchant n'a pas de motivation hormis celui de la recherche du pouvoir et d'être le méchant. Cela diffère des méchants certes caricaturaux de Kingsman mais dont la motivation pouvait prêter à réflexion. Ici, Matthew Vaughn est plutôt intéressé par le déroulement de son scénario et de l'enchainement des retournements de situation, pastiches du genre mais aussi parodiques jusqu'à la dernière intervention d'Henry Cavill qui vient définitivement montrer la volonté du réalisateur. Vaughn adore le genre tout en le moquant. Ce commentaire méta est peut être complété par l'autre commentaire méta sur la création ; l'aspiration du romancier, bien que cela soit finalement assez en retrait dans le film. Au delà de l'effet de style et de l'argument pour faire de la mise en scène (transition entre fiction et réalité): il n'y a pas nécessairement de profondeur sur la thématique de la création. La création n'est qu'une simple transformation de l'expérience vécue (c'est en tout cas le cas pour Elly Conway). C'est dommage que Matthew Vaughn ne creuse pas un peu plus son sujet.
En définitive, Argylle est la nouvelle réalisation de Matthew Vaughn, toujours très généreuse visuellement dans un pastiche presque parodique du genre d'espionnage. Film avant tout good vibes au casting XXL, les thématiques restent très anecdotiques.
D'Artagnan est à la recherche de Constance, enlevée après avoir entendue quelque chose qu'elle n'aurait pas dû entendre...
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Une mise en scène brouillonne
Les défauts de la première partie réapparaissent ici avec malheureusement encore plus d'ampleur. La mise en scène ne parvient pas à rendre l'intrigue claire. Cette dernière tout en étant complexe pourrait néanmoins rester lisible mais la mise en scène est bancale dans la narration. L'absence de point de vue mais encore plus d'explication des motivations rend l'ensemble confus. Seule intrigue claire, le souhait de d'Artagnan de retrouver Constance. Même si cette intrigue est mêlée au complot, elle ne permet pas de l'expliquer. D'autres aspects techniques sont également décevants. Les dialogues sont parfois mal écrits, le français soutenu n'étant pas toujours maintenu notamment chez D'Artagnan. La direction d'acteur est aussi compliquée, plutôt chez les têtes d'affiche. De plus, toutes les phrases ne sont pas forcément très audibles, problème que l'on retrouvait dans le premier. Cela n'aide pas un scénario déjà flou. Par ailleurs les chorégraphies intéressantes de combat en plan séquence sont meurtries par un cadrage aléatoire et des mouvements de caméra trop brutaux. Certes l'idée était de donner du rythme mais le résultat est peu concluant. Quelques incohérences et faux raccords sont également visibles. Quelques éléments sauvent néanmoins le film comme les costumes, les décors et les plans larges de demi-ensemble ; finalement l'atmosphère d'époque plutôt bien travaillée. La bande musicale est également au niveau de l'ambition et la mise en scène lui laisse quelques temps pour s'exprimer. Néanmoins, le bilan technique reste plutôt négatif.
Thématiquement pauvre
Alors que les thématiques étaient faibles mais néanmoins présentes dans le premier film, ici les intrigues floues ne semblent pas porter de message. Nous adoptons simplement le point de vue des royalistes catholiques contre les républicains; curieux choix même si une petite part de l'intrigue est ménagée pour les protestants... Rien de pertinent mais peut-être même ambigu.
En définitive, le cinéma français de genre et d'époque n'y arrive pas. Les 3 Mousquetaires : Milady souffre de problèmes de réalisation et d'écriture que les costumes et les décors peinent à sauver.
Arthur, Roi de l'Atlantide se retrouve avec des pouvoirs limités et des responsabilités énormes, lui qui n'a jamais souhaité être roi. C'est alors que Black Manta refait surface avec des technologies atlantes pour se venger d'Arthur...
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La valeur sûre James Wan
James Wan reprend son rôle de réalisateur après le succès du premier Aquaman. Malgré un pouvoir relatif sur le scénario et le montage, James Wan a pu s'exprimer sur la mise en scène et l'univers toujours aussi fouillé. La réalisation est bien sûr toujours extrêmement soignée de part les mouvements de caméra, les plans, la composition des plans et les transitions. Les combats et certaines scènes d'action ont la grande qualité de bénéficier en majorité de plan séquence. La mise en scène de l'horreur est également présente ici ; il était certain que le maître en matière allait apporter sa petite touche personnelle. Les divers références à d'autres films populaires rajoutent un petit plus méta en début de film. Il n'y a définitivement pas de "Yes men" derrière la caméra. Seul petit bémol, quelques effets spéciaux sont un peu trop voyants au début. La musique de Rupert Gregson-Williams (de Narnia oui!) est particulièrement réussie avec des séquences de James Wan qui laissent aussi habilement de la place à la bande musicale. Techniquement, le film est donc plutôt réussi. Le jeu de Jason Momoa est en revanche un peu lourd et le personnage d'Amber Heard un peu trop en retrait. Heureusement, Patrick Wilson (acteur fétiche de James Wan) est présent et porte le film et son duo avec Jason Momoa
Des thématiques : mine de rien!
Si le film reste plutôt une réussite, c'est parce qu'il est plus qu'une coquille vide grâce à des messages, certes simples mais clairs. James Wan fait en effet le choix d'inclure des thématiques comme dans le premier épisode afin que le film ne soit pas un simple film d'aventure. Si le premier Aquaman parlait de la pollution des océans, celui-ci a pour thème le réchauffement climatique engendré par les humains et le futur effondrement écologique. Les Atlantes ont eux-mêmes failli changer le climat par le passé avant d'utiliser des technologies plus respectueuses de l'environnement. Arthur est donc prompt à pardonner les humains (soit dit en passant le film s'oppose au réchauffement climatique tout en défendant le style d'alimentation américain riche en viande), car les Atlantes du passé sont une métaphore des humains du présent. Autre message, la définition du bon souverain donner à la fin du film [Spoiler]. Le bon souverain doit faire le bien même quand cela lui porte préjudice, il doit demander de l'aide quand celle-ci lui paraît nécessaire. Ainsi Aquaman est plus apte que son frère car n'ayant jamais voulu le pouvoir, il n'est pas aveuglé par son égo. Les messages sont ainsi plutôt pertinents.
En définitive, le dernier film de l'univers DCEU est une réussite relative, portée par une bonne mise en scène de James Wan et un jeu convaincant de Patrick Wilson compensant celui de Jason Momoa.
Révolution française : un jeune capitaine assiste à l'exécution de la reine Marie-Antoinette. Le jeune Napoléon ignore encore quelle place il doit prendre dans l'histoire mais la guerre lui offre une occasion de briller auprès des révolutionnaires...
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Une histoire élaguée
Du vrai film de Ridley Scott d'une durée de plus de 4h30, nous ne savons encore rien. Pour le moment, nous avons la version cinéma de 2h30 dans un format logiquement bien élagué. Difficile de savoir s'il est encore possible de lire les intentions du réalisateur tant les équilibres peuvent changer en fonction des versions. Entre les étapes obligées de l'histoire de Napoléon et les choix narratifs de Ridley Scott, le film dans sa forme actuelle a une dimension batarde. Des ellipses lourdes sont visibles à l'écran, alors que le film veut traiter une durée de vie importante du personnage. Il en résulte alors une impression de succession d'étapes sans explication et avec très peu de contexte. Ainsi par exemple, le couronnement de Napoléon semble arriver nul part. La photographie n'en reste pas moins sublime, inspirer parfois des tableaux faisant la "communication" de l'empereur (Gérôme, David, Delacroix). Un immense travail a été également fait sur les costumes, qui sont pour le coup très fidèles à l'histoire à l'inverse de plusieurs évènements narrés. Que dire également des plans de batailles avec le recours aux figurants plutôt qu'aux effets numériques. A ce titre, la bataille d'Austerlitz est probablement la plus belle scène du film d'un point de la mise en scène. Il manque peut-être néanmoins un petit côté épique au film, cela du fait d'une musique de Martin Philips assez transparente mais aussi d'un manque d'incarnation sur le champ de bataille.
Les thématiques : Napoléon et Joséphine moteur de l'Histoire ?
Il est difficile de savoir ce que voulait mettre en avant Ridley Scott dans cette version de 2h30. La relation Napoléon et Joséphine est au centre de l'intrigue avec paradoxalement un problème majeur au niveau de l'âge des deux acteurs, Joséphine étant normalement bien plus âgée (plus de 6 ans) que Napoléon. Ce choix d'entrée sur le personnage peut être néanmoins intéressant et original pour traiter de Napoléon si toutefois l'interprétation du réalisateur ne vient pas trop recouvrir la vérité. Or ici, l'ascension de Napoléon, ses guerres et les grands tournants de sa vie (le retour d'Egypte, le retour de l'île d'Elbe) semblent uniquement liés à Joséphine. La dimension politique et ses manipulations, sa vision de la France et de l'Europe ou bien même son habilité stratégique disparaissent. L'interprétation de Napoléon par Joaquin Phoenix n'aide pas. Le personnage n'est pas nuancé même s'il fallait mettre évidemment ses faiblesses en avant. Le personnage n'est donc pas attachant comme si Ridley Scott n'aimait pas son personnage et se contentait d'une version monochrome de celui-ci. Peut être que Joséphine aurait dû être le cœur du récit. Dans cette version de 2h30 qui passe rapidement par toutes les étapes de la vie de Napoléon, on ne retient pas grand chose hormis la petitesse du personnage et son obsession pour Joséphine. Le dernier plan met sur le dos de Napoléon l'ensemble des morts en Europe. Nous comprenons alors que l'idée était de dénoncer les actes du personnage. Néanmoins le contexte géopolitique est tellement peu développé dans le film que ce dernier plan ne semble pas à sa place... sauf si l'idée est de dire que par amour, Napoléon a retourné l'Europe... Le choix initial du réalisateur est intéressant mais la réalisation est bancale pour provoquer un vrai intérêt et ce qui est autour de la relation centrale est trop peu développé pour maintenir l'intérêt.
En définitive, Le Napoléon de Ridley Scott a peu d'intérêt, en tout cas dans sa version de 2h30 tant le réalisateur ne semble que peu intéressé par son protagoniste. Pourtant Napoléon recèle un fort potentiel pour le drame, la tragédie, l'épique ou la romance. Le résultat est donc décevant. On se consolera avec quelques scènes de batailles, les costumes et la photographie.
Mahito vient de perdre tragiquement sa mère, victime civile de la deuxième Guerre Mondiale. Plusieurs années après, il n'a toujours pas fait son deuil alors que son père épouse une nouvelle femme...
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Une dernière sortie de retraite ?
Hayao Miyazaki sort une nouvelle fois de sa retraite pour nous livrer Le Garçon et le Héron, film dont l'animation et les thématiques résument la filmographie du maître japonais. Le film ouvre sur une scène de guerre dans laquelle l'animation montre toute sa puissance de part le mouvement à l'écran (flamme, vent) et les traits des personnages déformés par la peur et l'horreur. L'animation garde la qualité que l'on connaît à Ghibli jusqu'à la fin du film alors que le récit lui va progressivement ralentir son rythme jusqu'à ce que le merveilleux entre de manière définitive dans le récit. Cette baisse d'intensité peut se laisser sentir du fait que le récit ne soit pas pleinement linéaire, le rapport au temps étant bousculé dans le merveilleux et par le merveilleux. Le film le dit lui même, il ne faut plus nécessairement chercher à comprendre mais se laisser guider dans un monde onirique. Il faut entrer dans ce monde tout comme le fait le personnage principal, peu désorienté ni interloqué mais déterminé, contrairement par exemple à Chihiro dans le monde des esprits. Le plan est toujours plein et foisonnant, si le récit erre, le visuel fait le lien et donne également des indices aux spectateurs sur le scénario. Des petits esprits blanchâtres viennent rappeler Princesse Mononoké quand des décors viennent rappeler Le Château dans le ciel. Le personnage de feu évoque Calcifer (Le Château Ambulant) et la mer est un élément central de l'autre monde (la mer est un cadre cher à Miyazaki). Le film est définitivement un condensé visuel de Miyazaki, peut-être toutefois un peu chaotique mais généreux. A la musique, Joe Hisaishi est également de retour, reconnaissable mais plus discret qu'à l'habitude. Il ne se signale que peu hors de l'action, ce qui limite sa présence dissimulée par l'image et l'intrigue.
Les thématiques : faire le deuil pour repartir
Miyazaki semble réinvestir certaines thématiques de ses films précédents comme celle du deuil. Les tragédies sont souvent surmontées dans le monde merveilleux chez Miyazaki, lieu qui aide les personnages à retrouver un sens à leurs actions. Mahito semble au départ éteint et à la recherche de quelque chose qui lui manque En effet, Mahito doit faire le deuil de sa mère pour ensuite accepter sa belle-mère et enfin retrouver goût à la vie. Le monde merveilleux plus qu'un échappatoire est un rite, un passage qui mène à une nouvelle étape de notre vie. Ici c'est le Héron qui guide Mahito dans ce nouveau monde, rôle qu'il exécute sans vouloir nécessairement le faire. Car personne n'est foncièrement bon dans cet univers comme dans tous les univers de Miyazaki. Tout le monde a une part de bonté et de méchanceté. La quête de Mahito l'amène donc à rencontrer des personnages nuancés, lui même n'étant pas tout blanc. Reconnaître sa part de noirceur fait aussi partie du rite de passage.
D'autres thématiques annexes chères à Miyazaki sont abordées comme celle de la guerre, déjà toile de fond de Le Vent se Lève. La fin de ce dernier pourrait presque être le début de ce film-ci. La guerre est ce qui cause la mort de la mère de Mahito. Son père est paradoxalement partie prenante de la guerre en tant qu'industriel prêt à exploiter ses ouvriers. Lui non plus n'est pas foncièrement négatif car il aime sincèrement son fils, mais la critique de la guerre comme aboutissement du capitalisme est présente.
Une interrogation subsiste concernant le message autour du personnage du maître de l'autre monde. Peut-être est-il une représentation de Miyazaki, cherchant un successeur digne de confiance ? Pourtant existe t-il quelqu'un pouvant Et voulant endosser ce rôle ? Car un tel rôle demande de sacrifier sa vie. Ce film est paradoxalement une moins bonne conclusion que Le Vent se lève mais plus fidèle à ce que le public attend d'un Miyazaki. Question d'avis, mais est-ce bien son dernier film ? Si l'on extrapole l'histoire de ce film, Miyazaki doit continuer jusqu'à sa mort car personne ne peut ou veut prendre la suite.
En définitive, Le Garçon et le Héron est un condensé du cinéma de Miyazaki, poétique tout en étant aussi un peu volontairement chaotique. Il ne s'agit probablement pas du meilleur film de sa filmographie mais il possède une réelle puissance onirique parfaitement retranscrite visuellement.
Joshua vit replié en Asie avec sa femme Maya, alors que le monde est en guerre. Les Américains mènent en effet un combat sans relâche contre l'intelligence artificielle qui a lancé une bombe nucléaire contre Los Angeles 10 ans plus tôt...
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Le gigantisme via la photographie : une signature visuelle
Gareth Edwards replonge dans le genre de l'aventure et de la science fiction après avoir réalisé le seul épisode Star Wars post Lucas vraiment réussi Rogue One. Toutefois, il s'agit du film avec la plus forte dimension de science-fiction de sa filmographie de part ses thématiques. Concernant la mise en scène, Edwards se distingue une nouvelle fois par sa photographie qui joue sur les échelles. L'humain est une nouvelle fois réduit et écrasé par un décors, des machines et un environnement gigantesque. La mise en scène s'appuie sur une ambiance et des décors inspirés d'Apocalypse Now pour une grande majorité des scènes en extérieur en Asie. Le montage est efficace et le rythme dynamique, le film étant alors plutôt prenant. La réalisation est avant narrative. Les effets spéciaux sont eux d'excellente facture alors que ce blockbuster indépendant ne possède un budget que de 80 millions de dollars. Toutefois, les nombreux plans en extérieur permettent une habile réduction des coûts, donnant au passage un côté réaliste film, mais peut-être parfois un peu trop carte postale. A la musique, Hans Zimmer propose une partition prenante et se fondant dans l'image, cette dernière ne laissant que peut de temps à la composition pour véritablement s'imposer. Le film est donc techniquement une réussite, bien plus abouti que la plupart des films de saga à plus haut budget présentés ces derniers temps.
Scénario efficace mais cousu de fils blancs [Spoilers]
Le scénario est efficace car les enjeux sont clairs sans être simplistes. L'intrigue générale est prenante grâce à l'évolution du personnage principal. Pour autant, certains éléments du scénario semblent un peu forcés pour arranger l'histoire. Ainsi, vers la fin du film, il est difficile de comprendre pourquoi les militaires ne se débarrassent pas de la navette arrimée à Nomad au lieu de vouloir rentrer dedans au risque que les fugitifs rentrent dans la station. De même, il est étrange que la station Nomad possède un stock de simulants (robots à face humaine) alors que les Américains ne les utilisent pas. Toutefois, cela arrange le scénario pour que Joshua revoit une dernière fois Maya avant le crash de la station. D'autres éléments de scénario sont du même acabit tel le personnage de Ken Watanabe, pas directement descendu alors que les Américains n'ont que faire des robots (cela lui permettant de riposter et de tuer la colonelle américaine). Les idées sont intéressantes mais la façon de les mener à bien est un peu bancale et manque de crédibilité.
Des thématiques intéressantes mais manquant de nuance.
L'intérêt premier d'un film de science-fiction est les questions amenées et traitées. Si de nombreuses questions sont effectivement amenées ici, elles ne sont pas directement formulées. La dualité entre conscience artificielle et humanité est un peu décevante du fait peut-être que les robots sont déjà trop humains (certains sont bouddhistes... bien qu'ils s'agissent peut-être du choix de religion le moins illogique). Les robots ont manifestement des émotions et une conscience propre bien qu'ils soient au départ des copies, contrairement à Alphie qui peut évoluer. Quoi qu'il en soit, il n'y a pas véritablement de différence théorique entre humains et robots et ainsi pas d'opposition thématique comme pourrait l'être la Raison et la Rationalité, ou l'Ethique et la Logique. La différence est en fait politique et se fait entre impérialisme (et sauvagerie américaine) et le reste du monde où humains et robots vivent en harmonie. Le propos est très clairement à charge contre la politique extérieure américaine (d'où la référence à Apocalypse Now) mais aurait eu plus sa place dans les années 2000. L'occident reste actuellement composé de démocraties avec des règles éthiques et de bioéthiques qui encadrent les recherches et innovations. En revanche, le progrès scientifique réalisé en Chine s'encombre actuellement beaucoup moins de ces contraintes. Le film est beaucoup trop manichéen et manque ainsi de nuance. Son regard sur l'Asie est un regard extérieur qui est emprunt d'orientalisme ramenant l'extrême orient à de beaux paysages où les populations vivent dans l'harmonie induite par les philosophies asiatiques tel le bouddhisme. Un peu cliché.
En définitive, The Creator est un bon film de science-fiction mais avant tout une bonne histoire avec un personnage attachant, quoique son propos politique manichéen étouffe la réflexion sur l'intelligence artificielle.