Synopsis :
Héra, fille du Roi Helm compte bien vivre selon sa volonté. Toutefois, sa fidélité au Rohan et à sa famille est également un trait important de sa personnalité. Poussée par les événements, elle n'a d'autre choix que d'embrasser sa destinée...
Le commentaire :
Kenji Kamiyama, la greffe sur le seigneur des anneaux ?
Spécialiste de l'animation japonaise, connu pour son travail sur Akira ainsi que sur Ghost in the Shell : Stand Alone Complex, Kenji Kamiyama s'essaye là où on ne l'attendait pas, sur un univers avant tout connu pour ses films en live action. Pour autant, malgré la qualité indéniable de la réalisation, l'animation en elle-même est inégale et manque de fluidité, certains plans secondaires paraissant être faits au rabais. De même, les premiers plans et l'arrière plan se marient parfois difficilement. La comparaison avec un film tel Princesse Mononoké ou tout film du studio Ghibli est sévère. Cela n'empêche pas le film de briller par ailleurs dans certaines scènes (scènes de combat ou d'exposition avec des paysages et lieux reconnaissables). Néanmoins, cette licence porteuse de tant d'attentes, méritait une qualité constante. Le rythme du film est lui plutôt soutenu avec une trame narrative cohérente. Néanmoins, les dialogues et l'enchainement des événements paraissent artificiels. Le scénario peine à faire évoluer ses personnages et à créer de l'émotion. Cela rejoint l'impression d'empressement constatée sur certains plans (le film a été produit à la hâte pour que le studio ne perde pas les droits sur l'œuvre). A la musique Stephen Gallagher s'illustre par les reprises des thèmes de la première trilogie. Sa musique est orchestrale et se fait entendre presque à chaque plan. Elle peine toutefois à trouver sa propre voie, les thèmes originaux accompagnant l'image sans lui apporter la dimension épique attendue pour un film du Seigneur des Anneaux. La bande musicale est de bonne facture mais en deçà du chef d'œuvre d'Howard Shore.
Les thématiques : le féminisme mais...
L'idée d'origine, de partir d'un personnage féminin qui n'aurait pas été mentionné dans des chroniques issues d'un univers patriarcal, est intéressante puisque fondée et compréhensible. Néanmoins, l'histoire ne propose rien hormis l'idée de créer une femme forte et indépendante. Hera sera toujours présentée ainsi et n'évoluera pas. De même, l'ensemble des personnages sera monolithique et surtout sans évolution. Le Roi Helm, seul personnage important des appendices du livre, est celui qui s'en sort le mieux puisque plus anguleux dans sa personnalité. Le personnage principal est cependant bien Hera, qui manque un peu d'aspérité et de développement pour être vraiment attachante. Par ailleurs, son importance dans l'histoire rend peu probable qu'elle n'ait pas été mentionnée dans les chroniques car son rôle est plus important que celui du Roi Helm et il paraît peu vraisemblable qu'une chronique, même dans un monde d'hommes, n'en ait pas parlé ; l'histoire de France et des Francs le prouve. Les reines et princesses sont mentionnées pour leurs hauts faits, ces derniers peuvent être à la rigueur minimisés. Ce sont toutefois les femmes du peuple et leur rôle dans la société qui sont laissés de côté. Ici Hera sauve le Rohan, ce qui est loin d'être anodin. La thématique est ainsi intéressante et éthiquement louable mais le trait paraît trop forcé et l'intrigue manque de complexité et de nuance pour que le propos soit satisfaisant. Il risque au contraire de s'attirer les foudres des conservateurs et de leur offrir des arguments faciles.
En définitive, la Guerre des Rohirrim est une proposition ambitieuse mêlant animation japonaise et Terre du Milieu. Toutefois, la qualité est loin de la Trilogie originelle, autant par son écriture que par la dimension épique. L'animation est par ailleurs inégale. Une réminiscence de la Terre du Milieu.
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