Les sorties de la semaine

samedi 20 juillet 2019

Le Roi Lion


Synopsis :

Mustafa vient d'avoir un fils, destiné un jour à devenir Roi. Toutefois, Scar le frère du Roi compte bien un jour monter sur le trône... 


Commentaire :

Une réalisation impressionnante 

Jon Favreau réitère sa performance bluffante du Livre de la Jungle à la différence ici qu'il n'y a véritablement aucun acteur. C'est donc un film d'animation et non un film live action. Il faut saluer bien évidemment les graphismes et les effets visuels tout bonnement incroyables avec un effet réaliste extrêmement poussé. En outre, les mouvements et les postures des animaux sont bien documentés. Au-delà de la performance visuelle, la mise en scène de Favreau est particulièrement soignée, certes purement narrative mais en variant tous les choix d'angles et de valeurs de plan possibles, à chaque fois pour accentuer l'histoire racontée. Les plans en contre-plongée sur Mufasa sont, à ce titre, sublimes de majesté. Le parti-pris du réalisme limite néanmoins la poésie et le côté cartonesque du film original, mais il était plus pertinent de ne pas faire une copie conforme, au moins au niveau graphique du film de 1994. Le réalisme est donc moins expressif. Autre conséquence de ce choix, l'aspect comédie musicale est moins abouti, le réalisme et la comédie musicale faisant moins bon ménage. Impossible par exemple de reproduire la scénographie de "Soyez prêtes" du film de 1994 dans ce nouveau contexte. Toutefois, retrouver les scénes muscales à l'identique n'auraient pas été intéressant, hormis si la volonté était de flater les fans du premier film. Les compromis choisis ici, à l'image de la révélation incomplète de Scar à la fin (la révélation de 1994 paraissait trop enfantine pour le nouveau parti-pri), sont ainsi habilement trouvés. 

Les voix françaises en question

Si les chansons françaises Disney ont toujours été de qualité, les interprètes français sont ici en question. Jean Reno reste magistral, ainsi que les doubleurs traditionnels. Toutefois une tête d'affiche comme Rayane Bensetti ne réussit qu'à moitié le job. Certes, c'est loin d'être une catastrophe mais l'excellence est la marque des doublages français Disney. Un vrai chanteur, un vrai doubleur, voilà qui aurait été plus approprié pour Symba.

Les thèmes : pas de changement 

L'histoire est la même et les thèmes sont les mêmes. Il y a donc, contrairement au Livre de la jungle, un manque d'originalité. Difficile toutefois de reprocher cela au film tant le film de 1994 semble devenu sacré. C'est pour cela que le choix graphique original est un très bon point. Toutefois, il n'y a pas grand chose à redire au niveau des thèmes sur cette adaptation de Shakespear. On pourrait toutefois s'amuser du fait que Disney, champion de la bien-pensance, défende ici la monarchie et la légitimité par le sang. Il s'agit certes d'une pièce d'époque mais n'est-ce pas Disney qui voulait "moderniser" les contes ? Garder l'essence des histoires est semble t-il en vérité une bonne chose mais c'est la contradiction de Disney dans ses propos qui est intéressante. Au-delà de ce point, il est défendu l'idée d'un roi sage, gardien des équilibres, un Roi qui règlemente et qui a plus d'obligations que de privilèges. Il combat ainsi le droit du plus fort. La définition du despote éclairée est plutôt juste, il est regretable alors que sa légitimité repose ici sur le sang plutôt que sur sa sagesse en premier lieu. Par ailleurs, Mufasa est dit légitime car aussi plus fort que Scar... Et on ne parlera pas de la polygamie du Roi! 

En définitive, Le Roi Lion 2019 est un tour de force au niveau des effets visuels. Pour le reste, le film est fidèle et la nostalgie joue à plein. En contre-partie le film est peu original. A voir en Vostfr. 


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lundi 8 juillet 2019

Spider-man : Far from home


Synopsis :

Après la disparition de Tony Stark, Peter Parker souhaite laisser de côté sa vie de super-héros et consacrer du temps à Michelle Jones (MJ), camarade de classe dont il est amoureux. Un voyage scolaire en Europe est alors l'occasion pour Peter de déclarer sa flamme...


Commentaire :

Une réalisation propre

Jon Watts a une nouvelle fois eu la charge de réaliser Spider-man pour un résultat satisfaisant, notamment au niveau technique. La film a une fluidité indéniable, ce qui est un indice de qualité pour un film narratif. L'environnement pour ce film de voyage en Europe (qui est presque un genre en soi) est parfaitement mis en valeur. La réalisation se concentre bien entendu sur les géosymboles (Tour Eiffel, London Bridge, Pont de Venise, Opéra de Prague), ce qui est normal pour un film s'adressant à un public mondial. Les scènes d'action sont convaincantes, notamment celles qui sont le fruit d'illusion (le pouvoir de Mysterio). Ce sont ces scènes qui apportent réellement une plue-value au film, le reste étant avant tout fonctionnelle et académique. A la musique, se trouve l'excellent Michael Giacchino qui ne se met pas particulièrement en valeur ici mais qui intègre parfaitement d'anciens thèmes du Marvel cinematic univers (MCU), apportant une cohérence d'ensemble à l'univers.  

Une histoire parmi d'autres

Du fait des performances de Tom Holland et de Zendaya, l'histoire entre Peter Parker et MJ marche parfaitement, ce qui est une des explications de la réussite du film. Le côté comédie romantique marche donc complètement, ce qui en fait un des Marvel qui fonctionnent le mieux au niveau de l'humour. L'histoire avec Mysterio fonctionne également, bien qu'elle paraisse dérisoire par rapport à ce qu'il s'est passé dans le MCU auparavant. A ce titre, ce Spider-man n'est qu'un autre film anecdotique dans la saga et ne fait en rien avancer l'histoire du MCU. Il sera alors oublié comme la majorité des Marvel bien que ce film ci ait incontestablement des qualités.

Un antagoniste méta 

Si Mysterio n'est pas particulièrement charismatique, il a la qualité d'être singulier. Il est presque un personnage méta, l'équivalent d'un réalisateur travaillant sur ses illusions, le cinéma étant avant tout une illusion. La tenue qu'il porte pendant ses illusions est similaire à celle que des acteurs pourraient porter lors d'un tournage de film sur le plateau. Il est possible de se demander si Watts ne s'est pas vu à un moment dans la peau de Mysterio puisque le réalisateur a dû aussi produire les illusions, tel son personnage. 

Les thématiques : entre vérité et responsabilité 

L'illusion débouche sur une des thématiques du film : la vérité. Dans une époque qualifiée de "post-vérité", la question de la véracité des faits semble parfaitement à propos. Mysterio le dit clairement, les Hommes ont besoin de croire. Il faut donc leur donner ce qu'ils souhaitent entendre. C'est donc la croyance ou l'avis qui prime sur la vérité; autrement dit, la facilité sur la complexité. En ce sens, Mysterio peut être l'incarnation du mal de notre époque.
L'autre thématique encore plus centrale est la question phare du super-héros en général et notamment de Spider-man. De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités et Peter Parker doit choisir entre sa vie d'écolier et celle de super-héros. Il doit donc choisir de faire le bien plutôt que de vivre sa vie d'adolescent. Le questionnement pour Peter Parker est toujours le même depuis qu'il est arrivé au cinéma, mais la question est toujours aussi pertinente. 


En définitive, Spider-man : Far From Home est un bon film de super-héros, à l'humour bien dosé et aux effets spéciaux soignés. Par ailleurs, le film a la qualité d'avoir des thématiques bien travaillées comme la post-vérité et la responsabilité. Toutefois, l'histoire du film dans le MCU reste anecdotique.



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mardi 11 juin 2019

Godzilla II Roi des Monstres


Synopsis :

Depuis 2014, le monde a pris connaissance des Titans. La question est alors de savoir si les Hommes doivent vivre avec ces monstres ou les exterminer. Ont-ils seulement le choix ?


Commentaire :

Les monstres à l'honneur 

Michael Dougherty prend la suite de Gareth Edwards sans que la mise en scène n'en souffre particulièrement. Les choix de réalisation sont toutefois différents. Si Edwards préférait les plans en contre-plongé pour fournir le point de vue de l'humain, Dougherty choisit la plongée et les plans très larges pour laisser place aux monstres. Résultats, ces derniers sont beaucoup plus à l'écran que dans le précédent film. Le choix est plutôt satisfaisant car ce sont bien les monstres les stars de ce film, et non les humains qui subissent l'ensemble des péripéties. Il s'agit donc d'un grand film de monstres dont l'intérêt est avant tout l'action. Le scénario est presque accessoire, ce qui est acceptable pour le genre du film catastrophe. Notons toutefois que si l'histoire est en elle-même tout à fait banale, l'effort pour travailler l'arrière-plan de l'univers (les mythes autour des Titans, les différents lieux) donne toute la sève à cette production. La bande musicale est assurée par le peu connu Bear McCreary qui réalise un travail abouti avec des sonorités tribales et des chants guerriers pour rappeler l'origine presque divine des monstres. La bande musicale fait donc plus qu'accompagner l'image, elle l'amplifie.  

Les thématiques chez Godzilla 

Godzilla reprend ses thèmes favoris, notamment celui de l'Homme face à la nature. L'Homme est responsable de catastrophes écologiques et les Titans en sont la réponse. Toutefois, face aux Titans, l'Homme ne peut rien. Il ne veut d'ailleurs rien comprendre et souhaite l'extermination des Titans, ce qui amène à se poser la question centrale : qui est le monstre de l'histoire ? La jeune Madison y répondra. L'action de l'Homme pour contre-balancer son impact est donc tout aussi négative que son action première. Il n'y a surtout aucune remise en question. L'hubris et l'égocentrisme de l'humain sont ses premiers ennemis ici. Toutefois, c'est plus l'occident qui est visé dans ce film puisque la pensée orientale propose une vision plus harmonieuse dans sa relation avec la nature. Bien qu'il ne s'agisse pas de relativiser les impacts des pays asiatiques, le film a la qualité de souligner qu'il y a différents rapports possibles à la nature et propose en conséquence un décentrage pertinent. Alors que l'occident se singularise par des choix extrêmes : l'extermination des Titans ou l'extermination des humains, l'orient propose la symbiose. L'idée de fond est donc intéressante mais l'intérêt premier du film restera avant tout les visuels et les combats.


En définitive, Godzilla II Roi des Monstres est le film catastrophe de monstres par excellence. Si cet épisode n'est pas le film de l'année, il est possiblement roi dans son genre. Godzilla II, Roi des Monstres est Roi des films de monstres.



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lundi 10 juin 2019

X-Men : Dark Pheonix


Synopsis :

Les X-men vivent en symbiose avec les humains. Ils aident désormais le gouvernement afin de prouver leur bonne Foi. Toutefois, Jean Grey doute d'elle même. Son passé la travaille jusqu'au jour où un événement le met pleinement en lumière...


Commentaire : 

Un blockbuster "en dur"

Simon Kinberg fournit un travail honorable à la réalisation, lui qui a longtemps été à la production et à l'écriture des X-Men. Le point fort de ce film est un recours raisonné aux effets numériques avec le choix assumé pour les décors en dur, ce qui est rare désormais. Les scènes d'action bénéficient souvent de plusieurs angles et de ralentis et les transitions sont travaillées, ce qui prouve un réel soin. La marque de Kinberg est toutefois moins visible que Bryan Singer qui savait réaliser à chaque fois la scène mémorable. La direction d'acteur semble également plus hésitante ici. Néanmoins le matériau d'origine est respecté et fidèle à Singer, notamment dans la relation qu'entretienne les X-Men avec le monde. La fidélité est surtout prégnante au niveau des anecdotes qui permettent d'inscrire ce film dans la continuité des précédents, lui qui n'était pas tant désiré. Le personnage de Mystique en revanche respecte moins sa personnalité acquise dans la saga, elle qui reprend une forme normale (blanche) alors qu'elle avait appris à s'assumer, dès X-Men le commencement. A la musique, c'est un Hanz Zimmer effacé qui est en charge. Il ne se singularise par aucun thème marquant... une explication pour le manque d'épique et d'émotion de cette production.

De Mystique à Jean Grey

Un passage de relais assez hasardeux s'effectue entre les deux personnages et actrices alors que c'est bien la nouvelle Mystique de X-Men le commencement qui est intéressante de part son parcours entre les clans. L'histoire de Jean Grey varie peu même si l'on est dans une timeline alternative à la première trilogie. Les enjeux restent toujours les mêmes. Le personnage versatile qui navigue entre le bien et le mal est beaucoup plus intéressant avec Mystique qui pourtant cède définitivement la vedette. La jeunesse des X-Men (c'est à dire la saga servant de préquel) était intéressante au cinéma du fait de leur originalité. Quel avenir pour la franchise alors qu'elle rattrape en terme d'époque la première trilogie ? Que va devenir la Fox chez Disney ?

Des thèmes classiques  

X-Men est une franchise toujours riche en thématiques et celui-ci n'échappe pas à la règle. Les thèmes sont classiques pour deux raisons. Tout d'abord, il s'agit de thèmes récurrents d'Hollywood. La paix construite sur le mensonge n'est jamais durable comme nous le démontre l'histoire de Charles Xavier et de Jean Grey. Cette morale assez enfantine est un héritage chrétien. Elle est par ailleurs contestable car la vérité peut avoir des conséquences pires que le mensonge dans certains cas. Le film semble le reconnaître à la fin lorsque l'histoire (par flashbacks) est révélée dans son entier. Autre thématique très classique, la place des émotions : les nier, les contrôler ou les laisser s'exprimer ? Comme beaucoup de films, celui-ci propose de les laisser diriger notre vie, ce qui n'est pas tout à fait compatible avec l'usage de la raison... Peu importe, Hollywood sera toujours du côté de l'émotion.
Par ailleurs, les thèmes sont classiques car ils prennent des questions du temps présent. C'est le cas du féminisme, remettant ici en cause le patriarcat des X-Men avec le X de Xavier. Pour autant, Charles Xavier n'est pas le chef des X-Men simplement parce-qu'il est un homme blanc, il l'est du fait de sa sagesse. Et s'il est possible de lui reprocher une part d’égocentrisme, ce n'est peut-être pas par ce personnage qu'il fallait mettre en cause la place des hommes. Charles Xavier a d'ailleurs su se ressaisir dans les précédents X-Men, son introspection est en théorie terminée. L'idée d'incorporer du féminisme est toutefois judicieuse car cette thématique n'avait pas encore été abordée dans cette franchise mais la manière de le faire est pour le moins contestable.


En définitive, X-Men Dark Pheonix arrive après de très grosses productions de super-héros, le rendant en comparaison un peu insipide. Si ce divertissement au casting 5 étoiles se regarde, la franchise semble n'avoir plus grand chose d'original à proposer. 



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dimanche 19 mai 2019

The Dead Don't Die


Synopsis :

L'axe terrestre a été modifiée après une catastrophe d'origine naturelle. Cela entraîne des conséquences inattendues pour toute la vie sur Terre...


Commentaire :

Jim Jarmusch, l'anti-blockbuster

Dans la réalisation, c'est par le rythme que Jim Jarmusch s'oppose aux blockbusters. Comme à son habitude, Jarmusch part sur un rythme lent avec des zombies qui mettent beaucoup de temps à rentrer en scène si bien qu'il est possible de se demander à un moment s'ils viendront un jour. La mise en scène est ensuite tristement narrative alors qu'il n'y a rien à narrer en particulier. Le film fonctionne par des références notamment aux films d'horreur et non par l'histoire qui n'a que peu d'intérêt car les personnages sont dénués d'objectifs. La comédie, elle, fonctionne par le biais de quelques gags et des comiques de répétitions mais le film est trop peu rythmé pour que celui-ci soit pleinement comique. C'est un pastiche du film d'horreur. En cela, avec les références, le film peut-être distrayant. 

Reprendre tous les traits du genre [Spoilers]

Jarmusch va s'évertuer à reprendre tous les clichés du film d'horreur pour... ne rien en faire et ainsi désarçonner le spectateur qui pourra soit applaudir soit s'énerver. Ainsi Tilda Swinton joue la fille "badass" au katana qui découpe du zombie à la seconde mais qui manquera l'acte final. Le groupe de jeunes va simplement enfiler son rôle de victime sans qu'aucune histoire ne soit construite autour. Les policiers sont complètement amorphes, tel Jarmush peut-être devant les films de genre. Quant à l'explication scientifique, elle n'a aucun sens... comme la majorité des justifications des films du genre. Bref, c'est un film peu immersif du fait de personnages distants et de l'histoire sans enjeu. Dans ce contexte, peu étonnant que Jarmusch casse lui-même le quatrième mur et révèle, même, la fin de son film. Comme pour son dernier film sur les vampires, Jarmush expose un nihilisme latent. Si la mise en scène n'est guère au rendez-vous, il reste alors les références plus ou moins subtiles par la citation visuelle (Centerville) ou orale (Nosferatu, Romero) voire hors de propos (Frodon, Star Wars). Le film s'adresse alors à des cinéphiles. Un spectateur sans les références sera ainsi exclu du film. 

Le propos de Jarmusch 

Cette histoire est sans intérêt car pour Jarmusch la société consumériste n'a que peu d'intérêt. Sa bonne parole est délivrée par l'ermite du film, vivant logiquement en dehors de la société. Pour lui, les zombies ne sont guère différents de leur forme vivante; des êtres matérialistes et décérébrés. Il y a du vrai dans ce propos. Le procédé est toutefois hautain avec un film s'adressant à une minorité d'autant plus que le propos dénonce une majorité. En outre, Jarmusch a lui même besoin de s'inscrire dans un circuit de consommation pour produire de la culture. Même si son public n'est pas celui qui voit normalement les blockbusters, les curieux attirés par ce film ne pourront être que déçus (ou perdus) part son côté ésotérique (avec les références) et sa critique cinglante.


En définitive, avec The Dead Don't Die, Jim Jarmusch réalise un pastiche du genre s'adressant exclusivement aux cinéphiles. Il envoie une critique cinglante (et habituelle) à la société. Si le message est intéressant, la manière de procéder est assez hautaine.  



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dimanche 28 avril 2019

Avengers Endgame


Synopsis : 

Après la victoire de Thanos, les derniers Avengers hésitent entre résignation et revanche...


Commentaire :  

Les Russo pour du magistral 

Après quelques films en demi-teintes, les frères Russo arrivent au paroxysme de leur art cinématographique (sans égaler Joss Whedon). Venant de la télévision, leur réalisation souffrait depuis Captain America et le soldat de l'hiver d'un manque cruelle d'ampleur. Infinity War voyait un travail plus abouti mais là encore, la réalisation aurait pu gagner à être plus épique pour rendre hommage aux événements. Cette fois-ci, les Russo utilisent plus de plans de grand-ensemble pour donner de l'ampleur aux événements et cela dès les premières scènes qui ne sont pas des scènes d'action. On notera également un excellent plan-séquence à Tokyo! Lorsque arrive la bataille finale et ce malgré la présence de beaucoup de cuts, la mise en scène est au rendez-vous des enjeux. A cela, il faut ajouter la présence d'Alan Silvestri, le compositeur phare des Avengers qui arrive à retravailler ses thèmes (et ramener d'autres thèmes du MCU) pour les rendre encore plus entraînants. Il faut dire que les Russo ont la qualité depuis deux films de laisser la bande musicale s'exprimer en créant des plans d'exposition ou en allongeant les plans. Cela a pour conséquence de dupliquer la puissance des scènes. Du point vue technique et du divertissement, le travail est donc accompli. 

Les difficultés et facilités du scénario [Spoilers]

La suite d'Infinity War devait assumer les événements passés pour que leur ampleur et leur gravité restent inchangées. Malheureusement, comme prévu, les scénaristes ont décidé de jouer avec le voyage temporel, ce qui est souvent dangereux pour tout scénario voulant rester cohérent. Les scénaristes étaient conscients de ce problème, il n'y aura donc cette fois-ci pas de réel voyage dans le temps mais un voyage dans le multivers grâce à la physique quantique. Ainsi, il est impossible de changer le passé mais il est possible d'aller dans un univers parallèle pour aller chercher les pierres d'infinité, sachant que chaque changement dans le passé crée une nouvelle branche de réalité. Ce principe a la qualité de ne pas toucher à la chaîne des causes et des conséquences et donc de ne pas créer de paradoxe. Pourtant Marvel semble peut inquiet des conséquences de ces principes pour les autres réalités. Dans un univers, Thor vole le marteau du Thor de cet univers : Captain America lui rend-il à la fin ? Ce c'est que semble dire le film et il n'y a donc pas de conséquences ici. Toutefois, dans une autre dimension, Loki s'échappe après Avengers 1. Mieux, dans une autre, Thanos est absent après sa mort à la fin du film. Cela a peu de conséquence pour le monde des Avengers que nous connaissons puisque ces changements touchent une autre réalité mais cela montre que les scénaristes manquent de rigueur car ces personnages si soucieux de rendre les pierres d'infinité créent tout de même des problèmes dans les autres réalités. De même, comment, à la fin, Steve Rogers peut-il vivre dans ce même monde avec l'agent Carter. Il peut vivre avec l'agent Carter dans une autre dimension mais en conséquence, il ne doit pas être présent sous la forme d'un vieillard dans le monde que nous connaissons (ou alors revenir sous la forme d'un vieillard sur la plateforme). Bref, jouer avec le temps ou les dimensions peut-être problématique. Le principe choisis par les scénaristes pouvait fonctionner à condition d'être rigoureux avec les règles établies.
Autre problème pour les scénaristes : gérer des personnages puissants. Captain Marvel, bien trop puissante, est tout simplement écartée du film, elle qui était annoncée comme la messie après la catastrophe d'Infinity War. Thor bien trop puissant pour faire face à un Thanos sans pierre est dépeint comme un ivrogne. Hulk devient super Hulk mais perd énormément en puissance et apparemment en capacité de régénération car c'est la première fois que nous voyons ce dernier avec... une attelle! A contrario, Thanos sans pierre devient si puissant qu'il peut tenir tête à Captain America avec Mjolnir et son bouclier et même briser ce dernier indestructible. C'est ainsi que les scénaristes trouvent maladroitement des solutions pour présenter un scénario avec un Thanos qui tient tête à ses adversaires.
Dernier problème, celui de la "science magique". Si la physique quantique permet aux humains de changer le cours des choses, pourquoi les civilisations avancées de l'univers n'ont aucune idée de ces possibilités, alors que les humains paraissent bien primitifs face à eux. La physique quantique sert donc bien les scénaristes. De même, pourquoi les terriens d'aujourd'hui (ou les extraterrestres) sont incapables de recréer le liquide rouge de Hank Pym alors que ce dernier a réussi cette prouesse plus de 50 années auparavant (l'idée est simplement de dire que les héros n'ont pas le droit de se rater dans le passé - c'est de l'enjeu créé artificiellement). Ajoutons à cela l'incroyable nano-technologie d'Iron Man capable de créer un gant d'infinité alors que seule la forge céleste de Nidavellir était jusque là capable d'un tel artefact. C'est pourquoi Thanos avait tuer tous les nains, seuls capables de faire un objet si puissant. 
Certes, certains personnages comme Iron Man, Hawkeye ou Captain america sont bien écrits mais beaucoup de facilités scénaristiques minimisent la gravité et les enjeux d'Infinity War. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le rat qui libère Antman ou les villes désertes alors qu'il reste 50% de la population mais rentrer en profondeur sur tous les détails nécessiterait une dissertation.
Toutefois, malgré ces facilités, le recours à la nostalgie et des scènes "fun" (la grande bataille, Captain America maniant Mjolnir) arrivent à laisser une bonne impression avant réflexion.

La perte d'un grand méchant 

 Si Infinty war était un grand film c'est avant tout par son méchant, certes un peu manichéen et brutal mais avec des arguments rationnels (à défaut d'être raisonnables). Ici, plus de thématique malthusienne. Thanos veut simplement supprimer toute vie dans l'univers et avoue même prendre du plaisir à détruire la Terre. Thanos devient un super-vilain classique. Dommage car sans grand méchant, pas de grand film.


En définitive, Avengers Endgame, en ayant recours à une mise en scène de qualité, une bonne bande musicale et à la nostalgie, réussit à passer outre ses incohérences scénaristiques. Un bon divertissement en deçà d'Infinity War.



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jeudi 11 avril 2019

Shazam


Synopsis :

Billy Batson est un orphelin à la recherche de sa mère. Alors placé dans une nouvelle famille d'accueil après avoir encore fugué, il commence cette fois-ci à s'attacher aux membres de cette famille. Il prend la défense de son nouveau compagnon de chambre face à des voyous du collège...


Commentaire :

David Sandberg effacé

Le réalisateur suédois David F. Sandberg venant des films d'horreur, genre où la mise en scène est primordiale, apparaît effacé ici par la machine DC et les enjeux d'un tel blockbuster. L'horreur reste faiblement présente avec les créatures des péchés capitaux mais plus par leur design que la réalisation. La mise en scène est ici purement fonctionnelle et donc peu marquante. La seule qualité est la rythmique des blagues qui fonctionne plutôt bien. Du côté de la musique, même constat général, Benjamin Wallfisch ne prend l'ascendant que dans de rares scènes et ne marque donc pas le film. 

Un tournant chez DC ?

Le côté humoristique pris par ce film est assez logique compte tenu de l'histoire où un jeune adolescent se retrouve dans un corps d'adulte. Toutefois, la voie humoristique a été prise dès Justice League et confirmée par Aquaman. DC voudrait-il faire du Marvel ? DC a t-il vraiment un avenir ? Une saga doublon ne semble pas être très intéressante.
A noter que l'histoire en elle-même, au-delà du concept de l'origine du super-héros, avec l'affrontement avec un super-vilain est très banale. 

Les thématiques [Spoilers]

Shazam n'est pas très travaillé sur le fond mais a la qualité de traiter une thématique de manière juste à défaut de bien la développer. Il s'agit de la question de la famille envisagée au sens large. Billy est à la recherche de ses origines, de sa vraie famille. Une quête qui se révèle être une impasse et qui démontre que la recherche des origines est vaine et qu'il vaut mieux se consacrer au présent et aux individus qui comptent, c'est à dire pour Billy, les membres de sa famille d'accueil. Il est possible de choisir ses amis (ou sa famille d'accueil ici), contrairement à sa famille biologique. Il est alors important pour Billy de s'intégrer à cette famille recomposée qui lui veut du bien. L'idée est donc qu'il faut se construire un entourage avec lequel on aime évoluer et ne pas chercher les réponses dans le passé. 


En définitive, Shazam est un film de super-héros sympathique dont l'originalité ne tient qu'à l'origine du super-héros. Le scénario à proprement parler, la réalisation ou l'usage de l'humour ne révolutionnent pas le genre. 


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