Les sorties de la semaine

vendredi 26 janvier 2018

The Passenger


Synopsis : 

Michael MacCauley est un habitué du boulot-métro-dodo à New York. Il se donne corps et âme pour sa famille et notamment pour son fils, afin qu'il puisse aller dans une grande école américaine. La routine de Michael est bouleversée le jour où il est licencié de son travail, sans chômage. Sur le chemin du retour, dans son train de banlieue, une étrange femme lui propose alors une obscure mission contre de l'argent...


Commentaire :

Réalisation immersive 

Jaume Collet-Serra réalise un film dynamique, au montage rapide et à la caméra mouvante. Pour un film d'action a priori très basique, la réalisation est plutôt intéressante, cela étant visible dès l'introduction avec des coupures rapides et régulières pour montrer la routine de la vie du héros. Il s'agit d'une caméra numérique permettant des effets aussi bien dans la gare que dans le train. Travellings-compensés, long travelling à travers le train, valeurs de plans variés...The Passenger se révèle être un film soigné. Liam Neelson, souvent en gros plan, a les épaules pour porter le film en huit-clos tandis que les autres personnages, souvent en plan taille ou plan américain, sont écrasés par l'acteur irlandais. Les scènes d'action sont intenses et bien chorégraphiées lorsqu'il y a des combats et, le money shoot (avec le train en deuxième partie de film) est véritablement impressionnant. Notons aussi l'excellent travail de Roque Banos à la composition, présent de manière pesante dès la première scène d'exposition et qui donne un véritable élan au film. Il signal directement que cette vie quotidienne, banale et peu sensée sera bientôt le théâtre d'une aventure hors du commun. 

A Liam Neelson Movie [Spoilers]

Liam Neelson a presque un genre à lui tout seul : un homme respectable sous tout aspect, membre des forces de police ou anciennement l'un des leurs et dont la famille est menacée. Très mauvaise idée de la part des méchants car cela se termine souvent mal. C'est le même schéma à chaque fois et pourtant le film est prenant grâce au charisme de Liam Neelson et à la réalisation de Jaume Collet-Serra. Les deux avaient d'ailleurs déjà collaboré pour Non-Stop, un film similaire dans un avion avec un ennemi presque omniscient et omnipotent. Le suspens et la tension allant crescendo, le film reste intéressant, même d'ailleurs si on connaît la fin car ce n'est pas tant le but mais la manière de raconter l'histoire qui est intéressante. A ce titre, ce thriller dans un train est beaucoup plus immersif que le dernier Crime de l'Orient-Express, car The Passenger ne repose pas que sur le scénario (rendu caduc pour l'Orient-Express si on connait le dénouement). Le scénario de The Passenger est classique pour ne pas dire schématique mais tient debout, tout étant pensé pour que le scénario soit fluide (par exemple : la climatisation joue un rôle important et les fortes températures sont introduites dès la scène d'exposition). On pourrait prétexter certaines "incohérences" pour le dénouement, notamment le fait que le témoin révèle à l'ensemble des passagers ce qu'il sait mettant tout le monde en danger. De même, le policer révèle aux passagers son implication. Peu importe, tout cela nuit peu à la dynamique du film.

Le Bonus : un film à message [Spoilers]

Jaume Collet-Serra ajoute un message à son film, ce qui était peu attendu étant donné le genre : un simple film d'action. Pourtant dès le départ, un léger message est transmis sur nos sociétés occidentales contemporaines, constituées d'individus luttant pour survivre dans un métier peu intéressant et qui peuvent être du jour au lendemain remerciés. Le fait que Collet-Serra soit espagnol explique peut-être cette prise de position. Dans le film, l'incarnation de ce système économique sans moral, jouant sur la flexibilité du droit du travail est Goldman Sachs. 
L'accent est mis sur la réalité sociale des individus avec comme emblème le train quotidien (équivalent ReR ou Transilien), filmé dans un style réaliste (lumière terne, diversité des profils, abondance de passagers). 
Le deuxième message est une volonté du réalisateur qui voulait cette fois-ci poser à son héros un dilemme moral (dans les autres films comme Non-Stop, le héros fait le bien de manière assez mécanique car le mal et le bien sont assez bien distingués). Ici le héros a le choix entre laisser mourir sa famille ou tuer un/une innocent-e. Il s'agit d'un dilemme car le bon choix n'existe pas et ne pas choisir consiste à laisser mourir sa famille. Liam Neelson est véritablement un super-héros car malgré cette impasse, il trouve la solution juste en refusant le meurtre d'un/une innocent-e, tout en sauvant sa famille. Peut-être qu'il aurait été intéressant que Liam Neelson soit véritablement mis face à ce dilemme pour tenter d'expliquer le nécessaire mauvaise choix qu'il aurait eu à faire. N'en demandons pas trop, la morale présentée est simple mais acceptable : même contre de l'argent, le héros reste intègre et lorsqu'on le pousse tout de même à agir, il refuse de rentrer dans le jeu. 

En défintive, The Passenger est un plaisant film d'action. Ne jamais menacer la famille de Liam Neelson! Le schéma classique est à nouveau appliqué mais la mise en scène et le charisme de Liam Neelson font que le film est véritablement prenant, avec en plus, en toile de fond, un petit message fort juste sur nos sociétés contemporaines.



Bande-annonce à titre informatif. Il est préférable de ne pas la regarder avant d'avoir vu le film.

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lundi 18 décembre 2017

Le Crime de l'Orient Express


Synopsis :

Hercule Poirot embarque dans l'Orient Express, voyage de trois jours vers l'Angleterre pendant lequel il compte bien se reposer. Malheureusement pour lui, un homme est tué dans son wagon. Un meurtre, treize suspects, le plus célèbre détective du monde doit rentrer en action...


Commentaire : 

Un sacré déploiement de moyens 

Kenneth Branagh remet à jour le classique de l'Orient Express avec une impressionnante débauche de moyens. Toutes les valeurs de plans sont présentes dans le film, notamment des plans d'ensemble et de demi-ensemble qui témoignent des moyens mis à disposition que cela soit en décors ou en effets spéciaux. Les costumes et plus largement les décors d'intérieur sont très bien reconstitués. Une fois dans le train, les personnages bénéficient de gros plans, assez logiquement puisque que la recherche du coupable est en cours mais également pour marquer la réflexion de Poirot. Des plans en plongée totale montre l'espace étriqué dans lequel se joue l'intrigue et insiste sur le côté huit-clos. La présentation des suspects est faite avec un joli plan séquence, sans cut, ce qui est en soi un indice pour le spectateur concernant le dénouement. Le film regorge d'effets spéciaux, notamment en extérieur, sans que cela ne rajoute au film qui est avant tout un film d'intrigue. La sobriété des films ou séries d'antan sied tout aussi bien si ce n'est mieux à l'histoire. Concernant la bande musicale, K. Branagh est à nouveau accompagné de Patrick Doyle qui réalise un très bon travail.

Une histoire qui ne se voit qu'une fois

Le dénouement connu, cette histoire n'a que peu d'intérêt. C'est pourquoi cette adaptation a pour vocation de faire découvrir l'histoire d'Agatha Christie à une nouvelle génération. Elle ne contentera pas les lecteurs ou anciens spectateurs qui ne retrouveront sûrement pas le charme de l'orient express dans cette adaptation-ci. L'excellent casting ne change rien à cela d'autant plus que les têtes d'affiche ne dégagent rien de particulier, excepté K. Branagh en Poirot. Les changements de personnages opérés ne permettent pas de sauver le suspens puisque le dénouement est nécessairement le même. En revanche, l'ajout d'un Sud-américain, ou d'un Européen de couleur, comme le fait Branagh dans tous ses films : Thor, Cendrillon, colle encore une fois plutôt mal à la réalité de l'époque sans donner véritablement un nouvel enjeu à l'histoire. Pour le moins, pour ce film, on notera qu'une tentative de mise en contexte de la diversité a été faite. L'ajout du personnage de Pénélope Cruz fonctionne par contre plus tôt bien une fois son histoire révélée.

Les thèmes : la vengeance, la justice, la loi [Spoilers]


L'histoire et son dénouement posent en vérité un réel questionnement. Peut-on se faire justice soi-même ? Le film répond par l'affirmative pour ce cas particulier, mais avec tout de même pour conséquence la peine de mort. Certes la justice peut être non satisfaisante, parce que le résultat de lois . On retrouve l'opposition entre le légal et le légitime. Toutefois, la possibilité de se faire justice soi-même et donc de faire reposer les relations entre les Hommes sur le droit du plus fort (puisque plus de droit légal) est très questionnable. Hercule Poirot met certes à l'épreuve la principale coupable et découvre qu'il y a une zone grise entre le bien et le mal mais reste malgré tout que l'issue de l'histoire ne semble pas éthiquement ni moralement correcte.

En définitive, Kenneth Branagh fait découvrir à une nouvelle génération le grand classique d'Agatha Christie. L'adaptation contentera difficilement les connaisseurs du dénouement, d'autant plus que cette nouvelle version ne bénéficie pas du charme des anciennes versions.




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samedi 16 décembre 2017

Star Wars : Les Derniers Jedi


Synopsis :

La Résistance est prise en chasse par le Premier Ordre. Elle attend le retour de Luke Skywalker toujours reclus sur son île. Rey l'a retrouvé mais le dernier Jedi ne veut pas revenir; pour lui les Jedis doivent disparaître... 


Commentaire :

Une mise en scène très soignée 

Rian Johnson prend la suite de J.J Abrams dans un style moins frénétique, notamment au niveau du montage. La gamme de couleur est également plus sombre en accord avec l'ambiance générale du film. Le jeu entre l'obscurité et la lumière est constant au cours du long-métrage, ce qui témoigne d'un certain soin pour signifier l'équilibre dans la Force et les basculements possibles. Notons que le film, dans sa réalisation, se distingue particulièrement lors du dernier acte sur la planète de sel, avec des plans magnifiques, que cela soit en extérieur pour la grande bataille avec le revêtement en sel du sol et la terre rouge en dessous, ou en intérieur dans les grottes et carrières de cristaux. Il n'y a pas tant à dire sur la mise en scène qui reste narrative, classique mais qui est grandement efficace puisque l'histoire et la narration se déroule parfaitement avec comme résultat une immersion totale dès le titre Star Wars apparu à l'écran. Il faut dire que la présence de John Williams est plus pesante dans cet épisode que dans le précédent, ce qui a pour effet de donner de la puissance et de l'élan à la narration. Il ne semble pas y avoir de thèmes particulièrement nouveaux, mais la bande musicale est, comme il était attendu, d'excellente facture.

Rattraper les erreurs du passé [Spoilers]

Une suite à la première trilogie était hasardeuse, une suite à l'épisode VII narrativement et thématiquement pauvre était très compliquée. A cela, il faut rajouter le cahier des charges terribles de LucasFilm qui oblige à une repompe de la première trilogie et notamment de l'épisode V. Toutefois, certaines mines sont désamorcées. Cela donne un nouvel élan à une histoire jusqu'alors embourbée dans la nostalgie. Rey n'est pas "la fille de", mieux, la révélation de cet épisode est qu'elle n'est la fille de personne, d'illustres inconnus peu dignes. Cela est à mettre en parallèle avec le fait que la révélation du lien entre Luke et Dark Vador est dévoilée dans l'épisode V. Un joli pied de nez à ce qui semblait être la volonté première de cette nouvelle saga.  Deuxième déraillement par rapport à la première trilogie, l'élimination de Snoke, figure du nouvel empereur, qui permet là encore de s'extraire du schéma de la trilogie originelle. L'épisode VIII nous sauve également in-extremis de l'histoire d'amour Rey-Finn, qui n'est pas envisageable pour un jedi (Dark Vador est né de cette erreur, d'autres Jedi gris sont aussi concernés par cette interdiction Jedi). Enfin, le film essaye même d'expliquer des incohérences de l'épisode VII, comme la défaite de Kylo Ren contre Rey. Rian Johnson a donc tenté de libérer la nouvelle trilogie de son carcan dans laquelle l'avais mise Abrams, et cela pour le meilleur. Reste néanmoins quelques problèmes non résolus. La situation politique qui a débouché sur la Résistance et le Premier Ordre reste inexpliquée. Tout ce qui est dit sur le passé concerne uniquement Kylo Ren (et quid des chevaliers de Ren ?). Autre souci, la Force est traitée de manière toujours contestable. L'initiation à la Force reste le fait du hasard et la rigueur du travail pour la maîtriser passe à la trappe (puisque Luke n’entraîne pas Rey, contrairement à Yoda avec Luke ou Anakin dans l'école Jedi). La Force et les Jedis sont dépeints depuis l'épisode VII (et Rogue One) plus comme une religion transcendante qui tomberait du ciel sur l'élu que comme une philosophie, à l'image de ce que nous montrent les deux trilogies de George Lucas. Ce traitement est regrettable. D'autant plus que la Force offre de nouvelles aptitudes surprenantes dans cet épisode : contrôle, communication et hologramme à longue distance (en plus de lecture de pensées depuis le VII); capacités qui donnent trop de puissance à la Force. La Force peut désormais tout faire, ce qui semble contestable dans le principe, car le Force ne peut pas tout. La philosophie Jedi est justement d'accepter qu'on ne peut pas tout et l'accepter (cf les enseignement de Yoda). Leia paraît par ailleurs maîtriser la force à un niveau trop avancé pour une non-jedi, tout comme les enfants en fin de film (plus doués que le petit Anakin ?). Adieu la rigueur de l'initiation... 

Une fidélité moins nostalgique [Spoilers]

Le film ne rate toutefois pas de remplir le cahier des charges malgré quelques risques pris. Cela se voit de manière évidente mais moins grossière que dans l'épisode VII. Ainsi la bataille sur la planète de glace en ouverture de l'épisode V est la bataille finale ici sur la planète de sel, ce qui rend visuellement bien sans être identique. Luke disparaît en vieux Jedi tel Yoda, Yoda qui réapparaît dans ce film sous sa forme de l'épisode V. Rey, comme Luke dans l'épisode V, fait l'expérience du côté obscur dans une sorte de grotte. Finn et Rose sont trahis comme Han Solo dans l'épisode V. Certes tout cela suit un schéma apparemment obligatoire mais la reprise du schéma de la trilogie originale est mieux amenée que dans l'épisode VII. 

Les bonnes trouvailles narratives ? [Spoilers]

Le rôle de Luke Skywalker est inattendu dans l'histoire. Toutefois, les démons qui le hantent sont bien amenés et son dilemme est compréhensible. Le fait qu'il n'ait pas été formé jusqu'au bout et surtout trop tard, comme son père, peut expliquer qu'il ait failli dans son entreprise de restaurer l'ordre Jedi. Néanmoins, sa mort reste questionnable (quel message ?). Autre enjeu intéressant, la personnalité de Kylo Ren. Le personnage devient finalement intriguant après avoir été une interrogation dans l'épisode VII. Kylo Ren est torturé, indécis et pourtant à l'origine de beaucoup d’événements dans l'histoire. La voix d'Adam Driver se hisse par ailleurs presque à la hauteur de celle de Vador dans la pesanteur qu'elle fait ressentir. Pour ce qui est du personnage principal, Rey, son rôle dans l'histoire devient pertinent en tant qu'alter ego lumineux de Kylo Ren, une sorte de sœur dans la Force plus tôt que dans la réalité ; cela est beaucoup plus subtile. Reste une immense interrogation sur la narration prise dans son ensemble épisode VII + épisode VIII : l'histoire n'a pas avancé, comme le témoigne la scène de fin avec les enfants : la Résistance ne fait que commencer...

Les thématiques, enfin du nouveau dans cette trilogie [Spoilers]


C'est véritablement au niveau des thématiques que le film prend le plus de risques donnant un véritable intérêt à cet épisode. Ce film est un épisode sans héros ou plus exactement un épisode où les actes héroïques sont dépeints comme dangereux, ou pour le moins comme ayant des conséquences. La jolie scène d'ouverture montre la bravoure de Poe mais aussi les conséquences de cet acte avec de nombreuses pertes, merveilleusement soulignées par Leia. Le film force son message avec la quête de Finn et Rose, que beaucoup jugent inutile mais qui justement a pour intérêt de montrer que les actes héroïques peuvent échouer voire pire, mettre en jeu l'ensemble de la Résistance. Ceci a pour conséquence de changer la personnalité de Poe qui adopte une posture moins hollywoodienne et plus réaliste. Finn devrait peut-être en tirer les mêmes conséquences car son personnage est trop désinvolte par rapport à la gravité de la situation. Ce n'est pas sa quête qui est inutile mais son personnage lui même. Lui qui était l'atout du Réveil de la Force devient le boulet Des Derniers Jedi. Heureusement sa complice Rose vient délivrer un autre message : il faut se battre pour ce que l'on aime plutôt que contre ce que l'on haït. Cela permet de rester fidèle à sa cause (en évitant des sacrifices inutiles). Notons que la cause animale est une sous-thématique originale mais anecdotique du film, que cela soit pendant la scène de Chewbaka et les porgs ou plus manifestement lors de la quête de Finn et Rose sur la nouvelle planète. Anecdotique car ce thème ne concerne que quelques scènes et non l'ensemble du film contrairement au thème des actes héroïques. Le dernier message, également mineur dans l'enjeu du film, est délivré par Yoda himself. Un maître enseigne les échecs autant que les succès. La progression se fait aussi par les échecs. C'est une des rares informations sur la Force qui semble conforme à la philosophie originelle de George Lucas.


En définitive, Rian Johnson fait son possible pour sauver une trilogie en grand danger et y arrive en partie. En fermant de nombreuses portes ouvertes par l'épisode VII, Star Wars Les Derniers Jedi fournit une histoire originale, osée et thématiquement intéressante. Le résultat est satisfaisant compte tenu du cadeau d'Abrams. 


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dimanche 10 décembre 2017

Coco [Avis express]


Synopsis: 

Miguel est un petit garçon qui adore la musique. Il rêve d'en faire son métier. Malheureusement, la musique est interdite dans sa famille depuis qu'un ancêtre a délaissé la famille pour la musique...


Commentaire :

Commentaire express 

Coco propose un magnifique voyage visuel et auditif. L'intrigue est évidente mais l'histoire reste belle. La morale sur la famille, grand thème du film, est convenue. 


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dimanche 19 novembre 2017

Justice League


Synopsis :

Sans Superman, la Terre est vulnérable. Batman essaye alors de rassembler les plus forts individus de Terre pour contrer ce qui semble être une invasion extraterrestre... 


Commentaire : 

Réalisation Znyder

Zack Znyder fait toujours attention à la plastique de son film et cela se vérifie à nouveau, bien que Joss Whedon, au demeurant bon réalisateur, soit passé derrière. L'univers visuel est en effet une nouvelle fois très travaillé avec de la profondeur de champ et des plans généraux qui font beaucoup pour l'ambiance. Gotham City est peut-être l'espace le plus réussi, très torturé. Du côté du moins bon, il y a l'île des Amazones, dont les plans d'introduction font trop numériques, ainsi que l'ambiance finale en Russie avec une tonalité rouge trop exotique pour la Terre, même en terraformation. Les scènes de combat sont elles extrêmement bien filmées et surtout lisibles ce qui n'est pas toujours le cas dans les films de super-héros. Elles ont également la qualité d'être intenses et de faire ressortir la douleur des corps, contrairement aux Marvels trop cartoonesques. A la bande musicale, nous retrouvons Danny Elfman qui fait son retour parmi les super-héros. S'il n'y a aucun nouveau thème marquant, sa musique a toujours la qualité d'être subtile (ce qui tranche avec Hans Zimmer). Par ailleurs, il a l'intelligence de retravailler, en hommage, les vieux thèmes de Superman de 1978 et l'incroyable thème de Batman de 1989. Le travail sur la bande sonore est donc intéressant.

Excellents personnages pour une histoire banale 

Les personnages de la Justice League sont bien construits. Wonderwoman, Batman et Superman restent intéressants mais les nouvelles têtes ont aussi leurs propres qualités. Cyborg est un personnage grave et complexe. Flash est un comic relief bien dosé (le spiderman de DC) avec une excellente interprétation d'Ezra Miller. Enfin Aquaman, dont l'introduction dans l'univers était compliquée car peu crédible, s'impose sans problème du fait du charisme de Jason Momoa. Il s'agit en quelque sorte du Thor de DC Comics, mais il ne faudrait pas qu'ils accentuent son côté humoristique. La seule limite de cette équipe est que Cybord et Flash font doublon dans l'idée de génie du groupe (sachant que Batman n'est pas bête non plus). Au-delà de cela, la synergie fonctionne bien. Le problème de l'histoire, et non le moindre, est le super-méchant SteppenWolf qui est une caricature si banale du super-méchant que le film n'a pas d'intérêt particulier, car dénué de questionnement intéressant. 

Les questionnements DC

DC comics a toujours su mettre des questionnements profonds dans ses films bien qu'ils n'aient pas toujours été bien traités. Contrairement à Marvel qui désormais oublie toute thématique dans un surplus d'humour, DC Comics se prend toujours au sérieux et essaye de distiller quelques réflexions, bien que plus légèrement cette fois (attention à ne pas se "marveliser"). La question la plus développée est celle de la science face à l'éthique et aux responsabilités. Batman a l'idée d'utiliser une technologie alien pour mener à bien son plan, mais c'est un pari risqué. Wonderwoman prévient avec raison que toute science ne peut être utilisée qu'avec sagesse sans quoi elle devient l'ennemie du bien. La solution de Batman est néanmoins choisie car il n'y avait aucune autre option. La réflexion de Wonderwoman reste néanmoins pertinente, elle qui est présentée comme une idéaliste (c'est à dire toujours à lutter pour la Justice, une alterego de Superman). Il n'y a guère d'autre dilemme important. L'ouverture du film avec un Superman ne pouvant répondre à la question de ce qu'il y a de plus beau dans l'humanité est particulièrement intéressante, pouvant laisser supposer une réflexion complexe sur l'action humaine. Le film ne poursuit malheureusement pas dans cette voie et le caractère monolithique du super-méchant ne permet pas d'autre dilemme important. Les ennemis de Wonderwoman lors de sa scène d'introduction dans ce film sont par exemple beaucoup plus intéressants que SteppenWolf. Un film de super-héros, pour être vraiment bon, doit incorporer un méchant complexe avec lequel on pourrait presque être d'accord. Ce n'est pas le cas ici.

En définitive, Justice League réussit le pari de rassembler des Super Héros intéressants mais se loupe sur le Super Méchant. Le film se regarde grâce à la mise en scène de Snyder mais est d'une banalité certaine.




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dimanche 12 novembre 2017

La Montagne Entre Nous


Synopsis :

Alex voit son vol pour Baltimore annulé du fait d'une tempête. Se mariant le lendemain, elle cherche une solution pour décoller dans la journée. Elle rencontre alors Ben qui lui aussi a une urgence en tant que chirurgien. Il décide à deux d’affréter un petit avion...


Commentaire :

Mise en scène minimaliste 

Abu-Assad réalise un film sans grand entrain visuel. Alors que le cadre était favorable aux belles prises de vue, on aurait pu s'attendre à une abondance de jolis plans de demi-ensembles ou généraux. La réalisation se concentre plutôt sur les personnages pour montrer leurs relations dans ces conditions particulières (usage de champs - contre-champs, ou plans les incluant tous les deux). Ces derniers restant plutôt inexpressifs, il n'y a pas grand chose à sauver visuellement. Pour redonner de l'élan à l'histoire, le film s'essaye à l'humour avec plus ou moins de succès, certains gags réussissant, d'autres moins. Malheureusement, le film manque de corps, il est incapable visuellement de faire ressentir la durée du périple, si bien que les dialogues doivent venir au secours de la réalisation. De même, les corps des acteurs et leur jeu ne rendent pas justice à l'épreuve qu'aurait dû être ce périple. La musique de Ramin Djawadi, quant à elle, peine à redonner du souffle à l'oeuvre. Le spectacle est donc plutôt morne, passé les vingts premières minutes. 

Elba et Winslet seuls dans la Montagne

Seuls parce-que, semble t-il, non dirigés. Le couple d'acteurs semble faire le minimum syndical pour donner de l'intensité à ce survival. Idris Elba est froid, ce que peut justifier le caractère singulier de son personnage mais il ne semble, par ailleurs, jamais atteint par le froid, la faim ou la fatigue. Kate Winslet y arrive un peu mieux sans que cela ne soit extraordinaire. La scène dénudée qui est censée se passer après plusieurs semaines sans nourriture ou presque montre des corps dans un état tout à fait normal, voire carrément athlétique pour Idris Elba. Le personnage le plus touchant est peut être le chien, pour qui on craint, puisque les humains pourraient avoir envie de le manger. Si sa bouille à l'écran fait son petit effet, on a dû mal à comprendre comment il peut toutefois sauter partout. Sur lui non plus, la faim, le froid et la fatigue ne se font guère sentir... 

Un homme et femme sont-ils obliger de terminer ensemble ? 

Que reste t-il alors dans ce film ? On le comprend en milieu de film. Toute cette histoire n'est censée être qu'une histoire d'amour. Le reste n'a pas d'intérêt. Et il n'y a d'ailleurs pas de message au-delà de cette romance, ce qui est un peu étonnant venant de Abu-Assad, réalisateur politique. Il n'y a même pas une description de l'humain et de ses état psychologique face à l'adversité. Cette volonté mono-linéaire de l'auteur (du livre) et du réalisateur est assez étrange... une femme et un homme ne peuvent donc pour eux que tomber amoureux et avoir des rapports sexuels. Encore que le rapport sexuel aurait pu se comprendre dans le sens où l'adversité aurait pu redonner un caractère bestial à ces individus, mais hormis la scène de sexe, cela ne se voit pas vraiment. Toutefois, cette épreuve commune aurait aussi pu déboucher sur une relation différente mais tout aussi forte qu'une histoire d'amour. Cela aurait sûrement été plus intéressant à montrer et à explorer. Autre parti pris étonnant (dans la partie pré-romance), le fait que le film insiste par le biais d'Alex, qu'il vaut mieux s'appuyer sur l'instinct que sur la raison et la logique pour survivre... ce qui n'a rien d'évident. Quoiqu'il en soit, le film n'a pas beaucoup d'intérêt puisque tout se cantonne à cette romance. L'épreuve du froid, de la solitude, de la faim, le choc post-traumatique du drame, la perte de dextérité des doigts du chirurgien... rien n'est exploré. Une chose à sauver ? Peut-être le fait que les protagonistes soient perdus dans l'immensité américaine comme s'ils étaient perdus dans les terres inhabitées du fin fond de l'Eurasie. Cela nous rappelle que les Etats-Unis sont un pays très vaste, avec des ensembles territoriaux marqués par de très faibles densités. 

En définitive, La Montagne Entre Nous, est un film sans grand intérêt, que cela soit au niveau de l'intrigue ou de la réalisation. 


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mercredi 1 novembre 2017

Thor : Ragnarok


Synopsis : 

Odin n'est plus à la tête d'Asgard depuis que Loki a pris le trône. Sans Le Père de Toute Chose, le cosmos est en danger et même Thor ne peut lutter contre le Ragnarok, la fin du monde... 


Commentaire :

Faire cool

Taika Waititi, réalisateur jusque là de comédies, fait tout ce qui est en son pouvoir pour rendre cette nouvelle production Marvel cool et amusante. Il se révèle assez talentueux puisque les scènes sont bien tournées, avec de jolis plans et parfois très travaillés. Toutefois, les plans ne vont pas jusqu'à être signifiants, hormis les flashbacks des Valkyries (style des tableaux romantiques pour insister sur le côté grandiose et épique de leur combat). Les scènes de bataille sont elles plutôt réussies et certains plans sont sublimes mais l'abus de ralentis se fait sentir. Thor Ragnarok se veut faire cool et bad-ass et pour cela le film veut être humoristique dans la lignée des Gardiens de la Galaxy. Waititi arrive à cette transformation mais au prix de l'intensité et de la majesté que devrait être ce combat mythologique qu'est le Ragnarok. Le film est distrayant, bien filmé mais cela ne va pas plus loin. Concernant la musique, le choix est hasardeux avec l'absence de musique orchestrale. Mettre "Immigrant Song" de Led Zeppelin sur les scènes de combat fait cool, encore une fois, mais fait perdre en majesté et en grandiose. Les autres scènes ont reçu une musique des années 80 sans aucune raison particulière, peut-être juste parce-que les Gardiens de la Galaxy possèdent ce genre de musique (mais cela a un sens dans leurs films). Ici, cela est hors de propos, juste cosmétique. Le seul thème intéressant est à la réutilisation judicieuse du thème du premier épisode de Thor.

Un casting pour sauver le film

Chris Hemsworth est toujours aussi imposant physiquement ce qui lui permet de créer son effet à l'écran. Malheureusement, son jeu n'évolue pas et le côté plus humoristique de Thor rend son personnage assez lourd bien que plusieurs gags fonctionnent. Tom Hiddelston est lui toujours bon car son jeu est subtile tout autant que son personnage. La meilleure performance revient néanmoins sans conteste à Cate Blanchett qui a l'immense qualité de prendre son rôle au sérieux, ce qui apporte un peu de sérieux à l'histoire. Jeff Goldblum assume lui un côté comique qui sied plutôt à son personnage et réalise donc aussi une performance intéressante. Le caméo est de Matt Damon est quant à lui, un ressort comique qui ne loupe pas! En définitive, le film repose sur certaines performances du casting.

Mythologie détruite

Il est souvent question dans la dernière partie d'énoncer et de réfléchir aux thématiques du film, mais Thor Ragnarok, parce-que pur divertissement, en est dépourvu. Cela est quand même assez décevant mais peut s'expliquer par le fait qu'il s'agit de mettre en image un fait mythologique, donc dépourvu de message (moral). En revanche, la mythologie nordique est normalement riche en symboles bien que cela ne soit pas présent ici. L'histoire est simplement celle de la destruction d'Asgard, sans la symbolique ni la rigueur vis à vis de l'histoire originelle. Le film s'éloigne encore plus de la mythologie nordique que le Comics. Une question apparaît alors : pourquoi prendre des noms et certains éléments de cette mythologie pour en faire toute autre chose. Il aurait mieux valu que tous les noms soient différents afin qu'une comparaison ne soit pas nécessaire, mais il vrai que "Ragnarok" est vendeur. Le casting n'a d'ailleurs jamais été autant cosmopolite chez Marvel que pour incarner les divinités nordiques. L'objectif du divertissement est atteint mais le film reste très superficiel. 

En définitive, Thor Ragnarok divertit mais restera anecdotique dans la masse des films Marvel.  


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