Les sorties de la semaine

mardi 27 janvier 2015

Souvenirs de Marnie



Synopsis :

Anna est une jeune fille timide et solitaire. Elle souffre de ne pouvoir se confier à un ami. Un jour, après avoir fait une crise d’asthme, sa tante, chez qui elle vit, l'envoie à la campagne afin de profiter de l'air pur. Près de son lieu de séjour, elle remarque une vieille villa qui l'intrigue énormément...


Commentaire :

Le dernier Ghibli (pour le moment) signé Yonebayashi

Après Arrietty, le petit monde des chapardeurs, Hiromasa Yonebayashi revient avec Souvenirs de Marnie. Comme son dernier film, il s'agit d'une adaptation d'une oeuvre de la littérature britannique, ce qui souligne l'attrait de ce réalisateur pour la culture européenne. De plus, la chanson de fin est confiée à une chanteuse occidentale, Priscilla Ahn, comme ce fut le cas pour son film précédent. La différence ici est que la bande originale du film reste entre les mains d'un japonais, peu connu en Europe, du nom Takatsugu Muramatsu. Celui-ci réalise un bon travail.
Toutefois, le contexte de sortie des deux oeuvres est différent : alors que le premier film était un espoir pour la succession du studio Ghibi, ce film apparaît être le dernier de la maison. Après l'échec commercial de La Princesse Kaguya, qui est pourtant peut-être le meilleur Ghibli, Souvenirs de Marnie peine également à attirer les foules. Yonebayashi est pourtant très prometteur. Ça serait réellement regrettable si le studio s’éteignait avec son deuxième film, d'autant plus que le réalisateur produit ici une oeuvre encore plus aboutie. 

Le style Ghibli Miyazaki

Graphiquement, Yonebayashi s'inscrit dans la lignée Ghibli Miyazaki de part les traits des dessins et le travail de l'arrière plan / de l'environnement très coloré. Takahata avait fait un choix totalement différent avec son dernier bijou. Arrietty avait déjà un dessin très travaillé, mais Souvenirs de Marnie atteint la perfection graphique des films de Miyazaki. Rien à redire sur ce point. Yonebayashi rejoint également son maître dans les inspirations. Miyazaki (contrairement à Takahata) piochait également énormément dans culture occidentale (Le Château dans le Ciel, Le Château Ambulant) pour créer ses aventures, qu'il adaptait au contexte japonais. Ici, la transition entre les deux cultures est réussie. Il est d'ailleurs assez touchant de voir le regard romantique, parfois presque caricatural, des japonais sur la culture occidentale,
Concernant les thèmes similaires à Miyazaki, il y a donc l'occident, mais aussi une certaine forme de modernité étouffante, qui est opposée à la tradition de la campagne bucolique. L'eau dans une certaine mesure et le rêve sont également des éléments que l'on retrouve chez Miyazaki. La différence majeure entre les deux réalisateurs, serait peut-être le traitement de l'histoire. Alors que Miyazaki, hormis pour Le Vent se Lève, s'inscrit dans le genre merveilleux, Souvenirs de Marnie appartient à un genre plus réaliste, fantastique à certains égards mais dépourvu de la magie foisonnante du vieux maître. C'est peut-être en ce sens que Yonebayashi possède un trait d'héritage de Takahata qui dans les années 90 réalisait des films d'animation ancrés dans le réel. En définitive, Yonebayashi se trouve surement entre les deux légendes du studio Ghibli. 


La Thématique

Bien que Souvenirs de Marnie soit tiré d'un roman britannique, la thématique, universelle s'inscrit très bien dans les valeurs japonaises. La thématique est en fait double, il est question du lien entre générations et deuxièmement, de l’introspection. Dans ce film, c'est la compréhension du passé qui va permettre un travail sur soi-même pour finalement retrouver la paix intérieure. Lorsque les enjeux se démêlent en fin de film, le récit est vraiment touchant. En effet, l'introspection permet de comprendre profondément le personnage principal, Anna, pour qui on se prend réellement d'affection. Compassion et empathie donc, le trait commun à toutes les productions Ghibli est surement leur pouvoir à toucher notre sensibilité.  

Pour conclure, Souvenirs de Marnie s'inscrit dans l'héritage Ghibli tout en possédant des caractères singuliers, propres à son réalisateur. Sobre mais touchant, ce film confirme que Yonebayashi a surement les épaules pour reprendre la relève de Ghibli. Tout repose sur le public qui devra accepter un style différent de celui de Miyazaki et dans une moindre mesure de Takahata. 




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mardi 9 décembre 2014

Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées



Synopsis :

Smaug a quitté Erebor et s'apprête à répandre sa désolation sur la ville d'Esgaroth. Bilbo et les nains, responsables de cette catastrophe, ne peuvent que regarder le spectacle impuissants. En ville, Bard est toujours emprisonné alors qu'il est le seul qui ait le courage d'affronter le dragon, pour l'honneur des hommes...


Commentaire :

L'occasion du bilan

Le dernier volet du Hobbit est l'occasion de faire le bilan de cette trilogie. De part sa nature, le Hobbit a toujours été lié et comparé au Seigneur des Anneaux. Bien que les intrigues soient liées, encore plus dans la version de Peter Jackson que dans le livre, les deux trilogies diffèrent sur de nombreux points. L'esthétique premièrement, avec le photo-réalisme (recherché ou imposé) de la première trilogie dans laquelle le numérique ne venait que combler ce que les artifices matériels ne pouvaient réaliser (immenses armées, cités, paysages sortant de l'entendement). Néanmoins, peut-être encouragé par le succès de Gollum et l'évolution des technologies, Peter Jackson est allé plus loin dans le Hobbit. De nombreux éléments sont devenus complètement numériques, en passant par les orcs mais également les décors, parfois complètement réalisés sur fonds verts. Le Hobbit a une esthétique beaucoup plus picturale, colorée  et travaillée (mais donc moins réaliste). Chacun aura son avis, pour notre part nous avons une petite préférence pour la première trilogie. Il ne s'agit que d'un goût personnel. 
Le deuxième élément est le ton des trilogies. Bien que les deux soient également épiques, le Hobbit a un ton moins grave. Il y a de nombreuses pointes d'humour y compris dans les combats, ce qui diminue la gravité ou le sérieux des évènements. Les actions sont parfois poussées à l'extrême ce qui les rend plus impressionnantes mais moins crédibles. Là encore, chacun aura son avis. 
En définitive, nous avons une trilogie du Hobbit beaucoup plus tournée vers le divertissement visuel, qui utilise la surenchère pour "faire plus et faire mieux" et se distinguer du Seigneur des anneaux. Nous préférons globalement le choix fait pour la première trilogie mais il faut savoir que ce choix a peut-être été fait, simplement, pour des raisons de moyens et de technologies à l'époque. Peut-être que si Peter Jackson en avait eu les moyens, il aurait réalisé un Seigneur des Anneaux plus proche de l'Héroic fantasy foisonnant que de la légende germano-celtique à la Wagner. Pour autant, nous pensons que pour le Hobbit, P. Jackson a eu raison d'essayer quelque chose de nouveau pour ne pas faire simplement un second Seigneur des Anneaux. Déjà reconnu et glorifié, P. Jackson a pu livrer une version plus personnelle du Hobbit dans laquelle il ne se met aucune limite. Il ne s'agit pas de la suite du Seigneur des Anneaux, ni du livre à proprement parler de Bilbo le Hobbit, il s'agit du Hobbit, selon Peter Jackson. Toute comparaison pourrait être néfaste à l'oeuvre que cela soit au niveau de la fidélité, du ton, des enjeux etc. Cette trilogie doit être jugée pour elle-même, puriste (du livre Bilbo le Hobbit et des films Le Seigneur des Anneaux) attention! Passe ton chemin pauvre fou! Le résultat obtenu mais également recherché (il faut se le mettre en tête) est un cinéma très impressionnant visuellement, moins profond et sérieux mais plus exubérant et décomplexé, dans lequel nous sentons que le réalisateur a pris réellement son pied. Oui, Peter Jackson a pris du plaisir à se renouveler. 

Film ou série

Revenons spécifiquement à La Bataille des Cinq Armées. Une fois que nous avons compris que Le Hobbit n'est pas le Seigneur des Anneaux, il est beaucoup plus aisé de l'apprécier à sa juste valeur. La Bataille des Cinq Armées est sans conteste le meilleur de la trilogie du Hobbit avec des scènes d'action très impressionnantes. Les combats sont magnifiquement orchestrés, lisibles et prenants. Il y a peu de dialogues dans ce volet, tout est dans la chorégraphie des combats. Ainsi, ce film se rapproche du cinéma primitif d'attraction qui pousse à la fascination. Au fond, peu importe vraiment les enjeux scénaristiques. Ce film est l'apothéose de la science jacksonienne du grand spectacle.
En définitive, la seule limite que nous pourrions pointer ici est un écueil qui nous relevions dans le second volet. Le cliffhanger géant qui termine La Désolation de Smaug est une fin de série. Le début de la Bataille des Cinq Armées est un début de série. Les deux films ne trouvent aucune autonomie avec cette coupure, et au vu de la longueur de l'arc Smaug dans le dernier volet, nous pensons qu'il aurait mieux valu le conclure dans le second film. La Désolation de Smaug aurait eu sa propre sous-intrigue complète et autonome. 

De ce fait, le Hobbit se conçoit plus comme une oeuvre à voir d'une traite (préparer du café et du doliprane), alors que le Seigneur des Anneaux peut - être séparé en trois chapitres. Nous conseillons néanmoins de commencer par Le Seigneur des Anneaux lors d'un marathon, le Hobbit faisant souvent des clins d'oeil à ce dernier. 


L'apothéose de fin et du commencement

Cette césure digne d'une série est en effet le seul reproche que l'on peut faire. A partir du moment où nous avons eu le temps de nous faire à l'idylle entre Tauriel et Kili avec le second volet, ce dernier film ne comporte que des points forts. Certains personnages passent à la trappe certes, mais peu importe, seul la dynamique de l'action compte ici. Peut-être que la version longue viendra apporter de l'équilibre dans le traitement des personnages, mais il ne faudrait pas qu'elle rompe le rythme. Ce film est plutôt court pour une production de Peter Jackson (2h30) mais il est hyper dense. Il parachève la montée en puissance des deux premiers films et entraine sur la trilogie du Seigneur des Anneaux en créant de nouveaux liens. Il n'est pas toujours facile de réaliser la pièce manquante, Peter Jackson l'a fait!




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lundi 8 décembre 2014

Astérix - le Domaine des Dieux



Synopsis:

Un irréductible village gaulois d'Armorique résiste toujours à l'envahisseur romain. Cette fois, César choisit un plan vicieux et insidieux en évitant la force. Il souhaite que les Gaulois choisissent d'eux-mêmes la citoyenneté romaine afin que la civilisation gauloise disparaisse de facto. Les Gaulois paraissent en effet intéressés par le mode de vie "civilisé" à la romaine...


Commentaire:

Du dessin à l'animation 3D

L'animation 3D est défendable pour ce projet bien qu'elle fut critiquée. En effet, le cinéma d'animation français propose encore de nombreux films en dessins, grande spécialité française, et de ce fait, cet Astérix ne vient pas remettre en cause, à lui seul, ce glorieux héritage. Au contraire, pour toucher un grand public, français mais pas que, l'animation 3D semble une très bonne idée pour vendre le cinéma tricolore. Astérix est un gaulois moderne.

La patte Astier

L'influence d'Alexandre Astier, co-réalisateur et scénariste, est très prégnante dans ce film. Toutefois, elle s'insert dans cet univers sans le dénaturé. On retrouvera quelques clins d'oeil à Kaamelott mais avant tout, un humour très bien dosé, issu en partie d'Astier, tout à fait à propos ici. 

Casting 5 étoiles français

De nombreuses personnalités participent à ce long-métrage. Le plus important, et c'est un réel plaisir de l'entendre une dernière fois, est Roger Carel, interprètant le petit Gaulois à 87 ans.  Les autres voix ; Alain Chabat, Alexandre Astier, Elie Semoun etc, apportent une réelle plus-value à l'ensemble. Elles expliquent en partie l'efficacité de l'humour.  

Plus que du divertissement

De nombreuses références cinématographiques parcourent le film, dans la lignée des Astérix en images réelles. Toutefois, en plus de respecter l'héritage, cet Astérix est très travaillé sur le fond : un réel message, typiquement dans le style Astier, se cache dans ce divertissement. Il y a une critique de la mondialisation (dont l'acculturation) et de l'impact des images sur les foules (les arènes romaines proposent du catch). Nous pourrions y voir également une critique des grands ensembles urbanistiques, des dérives de la consommation et de la folklorisation des cultures traditionnelles. Bref, un réel travail sur le fond!

Un film d'ampleur

Astier a de l'ambition, c'est un réel plaisir pour nous car c'est plutôt rare dans le monde du cinéma français. Ce film, pour enfants, présente une mise en scène tirée des films d'action voire d'heroïc fantasy (plongées, contre-plongées appuyées, ralenties etc). Nous sentons qu'Aster souhaite, derrière la production humoristique, installer une dimension épique au film, un peu comme dans les derniers livres (les long-métrages) de Kaamelott. D'ailleurs, cette idée est confirmée par la musique ambitieuse du long-métrage, dans un style symphonique. Le compositeur Philippe Rombi dit à ce propos :
"On souhaitait une partition plus ample et, dans les rêves de gosses de Louis et d'Alexandre, on allait pouvoir se référer à John Williams, Jerry Goldsmith ou Alan Silvestri, -- autrement dit, une musique symphonique issue de l'héritage de Ravel, Tchaïkovski, Prokofiev ou encore Stravinski. Ayant souvent eu l'occasion de composer pour de grandes formations symphoniques, cela faisait aussi partie de mon univers, de certaines couleurs de ma palette, et nous n'avons pas eu de mal à nous comprendre sur la tonalité à adopter."
Désormais, nous n'attendons qu'une chose, qu'Astier ose faire son film chevalresque / d'Heroïc fantasy sans être retrancher derrière l'humour. Cela dépendra également énormément des moyens qu'il trouvera. Ce qui est sûr, c'est qu'il a déjà beaucoup donné à la culture française et ce film en est la dernière preuve en concurrençant en qualité les meilleurs films d'animation américains.

Bref, un divertissement intelligent, qu'Uderzo considère comme la meilleure adaptation!



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jeudi 27 novembre 2014

Hunger Games : La Révolte, partie 1


Synopsis :

Après la révolte déclenchée pendant les derniers Hunger Games, Katniss est devenue la figure de proue de la rebellion.  Au sein du district 13, elle a pour mission de motiver les troupes pour mener à bien la révolution. Toutefois, Peeta est aux mains du Capitole et sa vie est menacée. Ce dernier est utilisé pour servir la propagande du régime contre l'action de Katniss...


Commentaire :

Le final en deux films

Depuis Harry Potter, il est tentant de transformer le dernier film d'une saga en deux films. A juste titre surement, puisque les derniers opus du petit sorcier sont de très bonne facture, avec un travail approfondi sur les personnages et un univers détaillé. Le résultat est aussi satisfaisant avec la saga du Hobbit, très rythmée et dense en action. Le résultat est moins réussi pour Hunger Games, qui est un peu long au démarrage, en se perdant dans les états d'âme des personnages, peu transcendés par la réalisation. Signalons que lorsque le film rentre dans des phases de tensions (montage alterné) et/ou d'action, le film est très captivant. Toutefois, cet épisode étant relativement court (2h), nous pouvons nous demander (sans avoir vu le dernier film), s'il n'aurait pas été plus judicieux d'un point de la dynamique, de finir avec un long dernier métrage. Si l'épisode final est bien équilibré et dynamique,  il nous donnera tord et c'est notre souhait.

Intrigue dans la lignée de la saga

Il n'est pas nécessaire ici de refaire un point sur les thématiques de la saga étant donné qu'il s'agit des mêmes que pour les précédents épisodes. Seulement ici, la révolte prend de l'ampleur : les tensions accumulées précédemment se déchaînent. Nous sommes toujours dans cette dystopie de l'avenir dans laquelle les moyens de communication sont un des enjeux principaux pour le contrôle des masses mais aussi pour l'insurrection. Concernant le traitement des personnages et des camps, les pacificateurs sont toujours pourvus de casques, deshumanisant leur personne alors que les rebelles sont caractérisés par des visages marqués par la peine et la douleur (oui, ça ne change pas depuis Serguei Eisenstein). De même, la classe dominante est représentée par des caucasiens alors que le peuple est plutôt mélangé. Ces représentations classiques restent plutôt efficaces.

Bons décors et effets spéciaux

Les plans d'ensemble ou de demi-ensemble en extérieur sont très réussis et nous permettent de constater le niveau technique des effets spéciaux. Souvent le prélude à des scènes d'action et de tension, ils ancrent parfaitement et crédiblement le récit dans l'univers d'Hunger Games. 

Très bonne bande musicale

James Newton Howard est toujours très bon dans ses oeuvres et la musique réussit à donner de l'ampleur à une réalisation avant tout fonctionnelle, bien que le réalisateur Francis Lawrence arrive quelques fois à mettre en place une mise en scène signifiante. J.N Howard est aidé par la jeune chanteuse Lorde qui réalise une belle chanson de crédit. De même, la chanson interprétée par Jennifer Lawrence est très jolie et superbement mise en musique. L'aspect musical du film est donc de très bonne facture.

Bon casting, bonne performance

Ce paragraphe est l'occasion de saluer le regretté Philip Seymour Hoffman, qui réalise à nouveau une très bonne performance. Au casting de cet épisode, se rajoute un talent de poids en la personne de Julianne Moore. Ainsi, le casting commence à devenir impressionnant étant donné que la Saga est portée par la super star Jennifer Lawrence, toujours à la hauteur.

En définitive, un épisode plutôt réussi mais qui pâtit de sa dynamique et de son rythme.



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mercredi 12 novembre 2014

Interstellar



Synopsis :

Saison après saison, la vie sur Terre devient de plus en plus difficile. Que cela soit par manque de nourriture ou par manque d'oxygène, l'homme finira par disparaître. La dernière chance pour l'humanité est de trouver refuge ailleurs dans l'univers. Cooper, ancien pilote de la NASA, est tout indiqué pour prendre part à la dernière mission spatiale, mais pour cela, il devra laisser sa famille derrière, sans réelle promesse de retour ni de succès...


Commentaire :

Un film hérité du passé

Christoper Nolan dit s'inspirer d'un "film de Science Fiction ayant bercé son enfance" pour réaliser Interstellar. En vérité, ce film reprend plusieurs constructions de films passés, mais c'est bien entendu de 2001 L'Odyssée de l'Espace dont il est question ici, ne serait-ce que par le sujet traité, et la force avec laquelle il est traité. Le vide / silence spatial rappelle l'oeuvre de Kubrick, tout comme les robots intelligents. Néanmoins, Interstellar porte d'autres aspects remarquables. Nous pouvons par exemple le souligner dans la première partie, avec les grands paysages de champs de maïs, qui rappellent l'Amérique rurale comme elle est filmée dans les années 70. Ce film est tout autant un voyage dans le proche passé que dans l'avenir lointain.

Nécessairement de la Hard SF

Christopher Nolan s'efforçant constamment de réaliser des films réalistes et crédibles, son film de science-fiction s'apparente à de la hard science-fiction, dans le sens où toutes les théories énoncées sont fondées. Le travail de recherche scientifique autour du film est donc très pregnant quitte à faire travailler de temps en temps les méninges du spectateur. En ce sens, Interstellar a un petit côté ésotérique . Pour ce qui est des décors et de l'environnement, le recours à la matière (robots, vaisseaux) au lieu du digital quand cela est possible, contribue à assurer le réalisme voulu par Nolan. Autre exemple, la combinaison spatiale des comédiens pèse vraiment son poids pour accentuer l'effet de réalisme. Le travail de Nolan sur ce point est toujours aussi admirable.

Les hypothèses de SF

Les réflexions que pose le film sur la condition humaine sont intéressantes, notamment lorsqu'il propose ses idées sur la vie en dehors de la Terre. L'idée émise dans le film n'est pas si souvent mise en avant. Concernant les robots, il y a la crainte un moment qu'il soit fait la même réflexion que pour 2001 L'Odyssée de l'Espace, mais le film évite habillement cet écueil, et finit même très habillement par en proposer une contraire. Il n'y a pas 1001 façons de penser les grandes questions liées à l'avenir de l'homme, mais le traitement est tout à fait pertinent et étudié ici.

L'audace par l'imaginaire

Lorsque la science n'a pas les réponses, seul l'imaginaire / la créativité peut combler le désir de connaissance à l'écran. Le dénouement du film présente des éléments dont l'humanité n'a pas connaissance. Souvent, les films s'arrêtent avant cet horizon, mais Nolan ose montrer son interprétation de l'inconnu via le pouvoir du cinéma. Voici toute la puissance de la créativité au septième art!

En définitive, un film intelligent, documenté, qui fait voyager et réfléchir. Cela fait du bien de temps en temps!




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dimanche 31 août 2014

Catacombes


Synopsis:

Scarlett, spécialiste en langues anciennes et en archéologie, est à la recherche de la pierre philosophale, quête que lui a légué son défunt père. Ses recherches la mènent finalement à Paris, ville où repose le célèbre alchimiste Nicolas Flamel. Pour trouver cette relique du passé, Scarlett doit affronter les catacombes et leurs mystères...


Commentaire:

Le found footage classique

Si le found footage est habituellement désagréable, il colle parfaitement aux films du genre épouvante et plus spécifiquement à ceux se déroulant en lieu clos. Ce choix artistique permet en effet de renforcer le côté immersif tout en gardant ici de nombreux angles de vue puisque plusieurs protagonistes sont dotés de caméras. Il s'agit bien sûr de déjà vu, mais la mise en scène, le montage et les plans ont bien été réfléchis ici et font leurs effets. 

Le cahier des charges intelligemment rempli

Ce film d'horreur remplit son objectif tout en ne jouant pas seulement sur les jump scares. Ils sont présents mais le film les utilise a bon escient sans en abuser. De plus, il réussit à installer une ambiance angoissante (bonne utilisation du mixage sonore entre autres), ce qui est le plus compliquer dans un film d'épouvante. Le film est également intelligent parce-que le scénario fantastique se tient. Souvent, les attitudes des personnages dans ce type de cinéma, qui plus est à petit budget, sont incompréhensibles, à tel point qu'elles deviennent clichés. Ce film respecte les codes, mais le réalisateur et le scénariste ont bien travaillé leurs personnages pour que l'histoire soit crédible et cohérente. A noter une fin peu habituelle, qui rompt (et c'est tant mieux pour une fois) avec les habitudes de ce sous-genre (le film d'épouvante found footage). 

Décors réels

Le point fort de ce film, et toute personne étant descendu pourra le confirmer, est qu'il présente les vraies catacombes fermées aux publiques. L'équipe du film a eu l'occasion de filmer le réseau souterrain parisien, cela rajoutant en crédibilité. Peut-être qu'une personne n'ayant jamais vu les catacombes n'y portera pas attention, mais ce film a le mérite de respecter ces spectateurs. Les cataphiles du films sont également plutôt proches de la réalité. Effort louable pour ce film à petit budget (moins de 4 000 000 de $),  qui ne paie pas de mine à première vue.




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mercredi 13 août 2014

Les Gardiens de la Galaxie


Synopsis:

Alors que le jeune Peter vient de perdre sa mère, il est enlevé par une troupe de brigands extraterrestres, les Ravageurs. Devenant l'un de leurs sous le nom de Star-Lord, il cherche à dérober une orbe qui contiendrait une pierre d'infinité. Cette quête lui vaut de nombreux ennemis mais aussi quelques amis; les Gardiens de la Galaxie...


Commentaire:

Le Space Opera Marvel

Il suffit de voir l'affiche inspirée de Star Wars pour comprendre que Marvel tente avec Les Gardiens de la Galaxie de réaliser le Space Opera de sa franchise. Avec Avengers et les épisodes de Thor, Marvel n'était pas loin de l'épopée galactique mais c'est définitivement avec Les Gardiens de la Galaxie que Marvel atteint dans sa phase 2 (commencé avec Iron 3 et Captain America le Soldat de l'Hiver) le stade d'un Space Opera du niveau de Star Wars ou Star Trek. Pour ce volet, le peu connu James Gunn livre un film au scénario riche en rebondissements, très équilibré et dynamique avec très logiquement une mise en scène fonctionnelle pour ce type de production, mais efficace. 

Le Casting de Super-Héros 5 étoiles

Si Chris Pratt (Star-Lord) est pour l'instant moyennement connu, nul doute qu'il sera élevé au rang de véritable star après ce volet, lui que l'on retrouvera en plus dans Jurassic World. Zoe Saldana, habituée des expériences galactiques (Avatar, Star Trek) délivre une bonne performance, comme la star de la WWE, le catcheur, "l'animal" BATISTA (Dave Bautista)!!! (Cf le commentateur Christophe Agius). Toutefois, les personnages les plus intéressants et touchants sont paradoxalement ceux qui ne sont pas physiquement à l'écran, c'est à dire Rocket Raccoon doublé par Bradley Cooper et Groot doublé par Vin Diesel, ce dernier faisant aussi le doublage français (difficile à croire sans avoir vu le film!). Quoiqu'il en soit, lorsque les Gardiens de la galaxie croiseront les Avengers... cela fera du beau monde!

Beaucoup d'humour et d'action

La caractéristique des productions Marvel est l'humour de la franchise, inspiré des comic books. Les productions Marvel ont donc un côté décalé, mais cet épisode est pensé comme étant encore plus décalé que les autres volets. C'est pour cet aspect particulier que James Gunn a été appelé, lui qui a auparavant tourné des films parodiques de super-héros. Le résultat est particulièrement réussi pour cet épisode d'autant plus que le public a bien été averti du ton choisi pour ce volet. L'humour, bien dosé et inséré, ne nuit en rien à l'action et aux drames du film. Plus spécifiquement, cet impressionnant apport humoristique passe très bien du fait que le film ne se prenne pas au sérieux et ne cherche pas à être forcément réaliste (cf la scène où les héros se lèvent en cercle pour rejoindre Star-Lord dans sa quête). James Gunn connait les codes des films héroïques et joue avec. 

Bande Musicale Marvel

Ce volet est très marqué par la bande musicale qui reprend de nombreux tubes des années 70 et 80, ce qui apporte ici une ambiance singulière, dynamique et festive. Néanmoins, lorsque les tubes sont absents, c'est une très bonne musique orchestrale de Tyler Bates qui prend le relais. Elle est superbement composée et correspond parfaitement aux thèmes Marvel des autres volets, pouvant rappeler dans une certaine mesure les partitions de Patrick Doyle pour Thor 1. 




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