Les sorties de la semaine

mercredi 1 juillet 2015

Unfriended


Synopsis :

Laura Barns s'est suicidée suite à un harcèlement internet. Un soir, ses amis se réunissent sur Skype. La conversion commence lorsqu'ils se rendent compte qu'un inconnu est également dans la discussion. Il semble qu'il s'agisse du compte de Laura... 

Commentaire :

La mise en scène : une première du genre

Unfriended nous présente une mise en scène tout à fait originale pour un film d'horreur puisqu'il s'agit d'un plan séquence d'un écran d'ordinateur. L'idée est intéressante car cette mise en scène traduit parfaitement la réduction des vies contemporaines à des relations sociales internet. En même temps, ce choix permet le retour d'effets aujourd'hui peu utilisés comme le split screen. Ici, cet effet, aussi appelé écran partagé, montre parfaitement qu'internet est également le lieu de la simultanéité. Cet espace immatériel n'en a pas moins des conséquences concrètes dans le réel comme le rappelle le film. Ici, il s'agira d'une histoire de vengeance. La grande question est de savoir qui a fauté et a contribué indirectement et involontairement à la mort de Laura. Chaque protagoniste n'est représenté que par son petit écran, comme pour suggérer qu'il y a peut-être beaucoup à cacher en hors champ. La thématique du doute et du soupçon, spécialité d'internet, est prégnante. Chaque individu dans le film a une part d'ombre et n'est pas prêt à y faire face.

Scénario efficace mais peu original 

Au-delà de cette mise en scène ingénieuse, le scénario est banal, proche d'un Paranormal Activity. La montée en tension est néanmoins rapide. Progressivement, le fantastique prend le dessus jusqu'à la fin, apothéose de la tension. Le dénouement final est plutôt bien préservé malgré le genre. Cependant, rien de nouveau dans les différentes étapes du film d'horreur. Ce dernier tend d'ailleurs, à certains moments, à vouloir lorgner sur le gore, ce qui n'est pas en soi nécessaire. La peur jouant sur le hors champ produit déjà assez d'effet. Cette technique permet d'ailleurs d'avoir un film au budget très restreint (#MerkelContente), 1 000 000 $. 

En définitive, ce film est une bonne surprise, le genre étant parsemé de réalisations plutôt médiocres. La mise en scène et le sujet de l'internet sont intéressants. Cependant, le scénario est un archétype pour le genre. 




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mardi 30 juin 2015

La bataille de la Montagne du Tigre



Synopsis :

En 1946, après le retrait des Japonais, la Chine est le lieu d'affrontement des troupes nationalistes, communistes et des gangs de bandits. La région du Nord-Est est contrôlée dans le seigneur de guerre Hawk, en discussion avec les nationalistes en vue d'une alliance. Un bataillon communiste mené par le Capitaine 203 et le mystérieux Yang tente alors de ramener la paix dans la région... 


Commentaire : 

Une mise en scène très appuyée

La Chine fait comme tout le monde mais en plus gros. Cela se vérifie également dans le Septième Art, où la mise en scène et notamment les effets (ralentis, mouvements camera etc) sont si appuyés que cela en devient amusant pour un spectateur non-averti. Ainsi, il s'agit d'un excellent film pop-corn mais la question est de savoir si la réalisation de Tsui Hark (#DetectiveLee) est à prendre au second degré ou non. Difficile de savoir, mais le Hongkongais est coutumier d'une mise en scène extravagante. Heureusement, l'histoire finit par prendre le pas sur la forme. La principale force du film provient de son tournage en extérieur. Quelques scènes sont néanmoins numériques et moyennement crédibles mais la majorité du film se passe dans un sublime décor reconstitué qui apporte du réalisme. Il s'agit d'une volonté de mise en scène de Tsui Hark qui voulait apporter de la crédibilité à une histoire inspirée de faits réels. Cette histoire est d'ailleurs très connue en Chine, partie intégrante de la doxa communiste.

Un film à rallonge

2h20 est une durée assez longue mais plutôt modérée pour une épopée du cinéma chinois. Néanmoins, le film est rythmiquement inégal. Il fonctionne par fulgurance. Certaines scènes sont à couper le souffle, d'autres donnent l'impression de s'étirer. D'autres encore sont superbement réalisées mais paraissent un peu hors contexte. La scène du tigre en est un exemple, la fin alternative également. Cette dernière ressemble à une scène coupée mais intégrée tout de même grâce au jeu de la mise en abîme. D'ailleurs, celle-ci (la mise en abyme) n'est pas forcément très utile car elle n'amène rien au "personnage principal" du présent. En définitive, le film est un peu à l'image de son introduction, où 5 ou 6 logos arrivent les uns à la suite des autres. C'est joliment fait mais parfois superflu.

Validé par le PC chinois

A l'origine, il s'agit d'une des histoires diffusées par le parti communiste dans la Chine des années 60. L'idéologie est donc très appuyée. La narration met parfaitement en avant la gentillesse des soldats communistes. Plastiquement, ils sont d'ailleurs très beaux et propres. En revanche, les nationalistes et les bandits sont si moches, qu'ils rappellent presque les mauvais hommes du dernier Georges Miller. Ils sont également tous mal intentionnés ou bêtes pour le mieux. La vision est très manichéenne et rappelle à certains égards les films américains de la période guerre froide dans leur représentation des Nazis et Soviétiques. Ainsi, la fin alternative rappelle les vieux James Bond. Néanmoins, il y a peut-être une critique insidieuse à cet endroit, tellement le trait est poussé.

En définitive, ce film à très grand spectacle apparaît un peu comme un ovni dans le paysage cinématographique occidental. Distrayant et amusant, parfois malgré lui.




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dimanche 14 juin 2015

Ex Machina


Synopsis:

Caleb, jeune ingénieur informatique, gagne un concours qui lui offre la chance de passer une semaine avec le génie mondial de la programmation, Nathan. Le lieu dans lequel se rend Caleb est isolé de tout et ultra-sécurisé. Nathan y développe en effet la première conscience artificielle...

Commentaire:

Une réalisation soignée

Alex Garland, au scénario et à la réalisation, réalise un excellent premier film. Sa mise en scène est épurée. Elle traduit parfaitement les rapports ambigus entre les personnages grâce aux angles de prises de vue. La localisation de l'histoire permet la présentation de magnifiques lieux naturels mais la teinte sombre du film produit malgré tout une atmosphère froide, ce qui est assez déconcertant. Il en va de même pour les lieux en intérieur, pourtant très beaux et élaborés mais qui sont du coup plus ou moins inquiétants. On doit sûrement comprendre que le film est froid à l'image de la machine. Quoiqu'il en soit, la réalisation rend bien compte de son sujet. Concernant le scénario, il est riche et complexe. Il maintient un flou constant, amène à de réels moments de tension et ouvrent différentes pistes. Dès le début, le malaise s'installe dans une maison où certaines pièces sont interdites et où tout est régi par la machine. Le film nous amène en eau trouble. Le mixage sonore est particulièrement bien réalisé et joue énormément pour rendre l'atmosphère pesante.  

Des personnages intéressants

Les personnages représentent des figures particulières mais sont loin d'être des archétypes. Ils sont particulièrement travaillés car toujours duales. Dans ce triangle relationnel en huis clos, chacun présente un visage différent à l'autre. Si le spectateur tend à adopter le point de vue de Caleb, il n'est pas sûr non plus de connaître parfaitement ce personnage. Chacun défend son propre intérêt et a de réelles raisons de le faire. Néanmoins, il est impossible, avant le dénouement, de connaître les intentions profondes protagonistes et donc de savoir ce que le film veut nous dire sur l'intelligence artificielle.

Les thématiques, de l'excellence à la déroute

La thématique la plus anodine du film est peut-être le soupçon. En effet, dans ce huis clos, tous les protagonistes ont une part de mystère, y compris Ava. Or, si Ava, une machine, est capable de cacher quelque chose, c'est quelle est un sujet, au même titre que tous les êtres pensants. Ceci confirme qu'il s'agit bien d'une intelligence artificielle. Un autre thème, qui est en fait plus une série de références, est la religion. Cela concerne les noms des personnages à la durée de l'intrigue (7 jours). Le titre est particulièrement révélateur avec Ex Machina, le "Deus" étant exit. L'Homme, à l'image de Dieu (postulat des monothéismes) rentre dans un processus créatif. Ainsi, créer une conscience artificielle, c'est reproduire un acte divin. La principale différence est que l'Homme ignore la nature de sa création et ses intentions. Ceci nous amène au thème principal de ce film de science fiction : l'intelligence artificielle, ou plus exactement la conscience artificielle. Les dialogues, magnifiquement travaillés, introduisent et questionnent le sujet. La vraie nature d'Ava est en suspend jusqu'à la fin et c'est le dénouement qui va infirmer ou confirmer les hypothèses de Nathan et Caleb. Malheureusement, la révélation de la nature de la conscience artificielle nous amène à penser qu'Alex Garland n'a pas saisi ce qu'était réellement la conscience artificielle. Le scénariste / réalisateur reprend en effet une vieille thèse de science fiction qui aujourd'hui ne semble plus totalement pertinente, bien que défendue encore par quelques grands noms. Des films comme Chappie ou Her, semblent être beaucoup plus proches de ce que pourrait être la conscience artificielle. Le film reste néanmoins très bon malgré ce parti-pris. 




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mercredi 10 juin 2015

Jurassic World


Synopsis :

Plusieurs décennies après l'échec de Jurassic Park, des investisseurs ont repris le projet de John Hammond. La leçon oubliée, il est question de faire un parc plus grand, plus moderne, avec plus de dinosaures et même avec des créatures n'ayant jamais existé...


Commentaire :

Une mise en scène inégale

Le film commence bien, aussi bien au niveau de l'hommage à la saga que de la mise en scène. Très vite, on a le droit à un plan sur une patte crochue. On s'attend à la présentation des véritables héros de la saga et... non. Il s'agit d'un dinosaure mais d'un dinosaure moderne, un oiseau! La mise en scène a du sens, elle rend compte directement de la filiation des espèces. Malheureusement, c'est le seul exploit de mise en scène car le reste est simplement fonctionnel. Comme tout film narratif, cela est en fait assez logique mais le problème est qu'elle est répétitive. En voici un exemple. Le premier travelling en plongée sur le parc est intéressant pour présenter les lieux et rend très bien en 3D. Avec le thème de John Williams, c'est une superbe présentation! Les suivants, quelques minutes plus tard, sont de trop, hormis pour la forme, c'est à dire la 3D. Heureusement, un changement d'échelle finit par se produire et nous met au plus près de la foule. La mise en scène est donc correcte mais loin d'être extraordinaire. Les effets spéciaux sont néanmoins très bons et arrivent à faire oublier les animatroniques, ce qui était loin d'être gagné. Les combats, fruit de chorégraphies, d'effets spéciaux et de la mise en scène sont réussis. Dans la forme, le film est donc plutôt satisfaisant.

Une écriture moyenne

Le problème se trouve donc au niveau du fond. La progression de l'histoire est linéaire et donc très téléphonée. Le scénario n'est pas assez raffiné pour surprendre hormis quelques rares exceptions. C'est un point assez problématique car l'histoire générale est attendue, la seule question est donc de savoir comment la machine va dérailler. La réponse étant peu complexe, il reste simplement le spectacle de l'action. Les dinosaures en eux-mêmes ne sont pas particulièrement exploités (à l'exception des plus connus) et ne sont pas un spectacle en eux-mêmes. Cela est relativement dommage car ils sont l'ADN de Jurassic Park. Les personnages sont également peu attachants. Entre des enfants dont l'histoire n'est pas assez creusée et dont l'impact sur l'intrigue est faible et deux adultes à la personnalité stéréotypée, la profondeur n'y est pas. Sans parler du personnage voyant des applications militaires partout. Dans une certaine mesure, seuls le docteur Wong (bien qu'un archétype aussi) et surtout le milliardaire Masrani sont intéressants. Malheureusement, ils sont très secondaires. Pour autant, le film est paradoxalement sauvé par un élément...

Paradoxalement sauvé par l'hommage

Le réalisateur Colin Trevorrow est un grand fan de la Saga et cela se voit. Ainsi, si les fans sont désolés par la qualité de la production, ils pourront être heureux de voir que les références sont nombreuses. Pour ainsi dire, elles sont mêmes trop présentes, indice allant dans le sens que Jurassic World n'arrive pas à créer sa propre aventure. D'ailleurs, les références ne font pas toujours sens et paraissent disséminées simplement pour l'hommage. Les vélociraptors, le T-Rex, les 4x4, le docteur Wong, les lieux, les deux enfants etc, tous ces éléments sont des références au premier film de Spielberg. Ce dernier s'était également distingué par la rigueur scientifique de son film, ce qui n'est pas le cas pour cet épisode. La recherche a en effet fait d'énormes avancées depuis les années 90. L'hommage aurait donc dû se trouver dans les intentions de réalisation, c'est à dire qu'il aurait sans doute fallu faire un film à la pointe des connaissances dans le domaine de l'archéologie plutôt que de faire des hommages copiés / collés de quelques figures et designs. Cela aurait été plus subtil. Néanmoins, paradoxalement ces références, associées aux thèmes de John Williams, sauvent le film en apportant un peu du souffle et de la magie des anciens films. - A noter que quelques thèmes de Williams sont réutilisés mais c'est Michael Giacchino qui est à la composition -. Le climax est par exemple construit autour du retour d'un héros du premier film qui, même s'il est dans une situation ubuesque, arrive à conclure le film de manière satisfaisante. Néanmoins, on constate à cette occasion que Trevorrow est avant tout un fan de la saga mais pas nécessairement des dinosaures. Cela constitue effectivement un souci pour le fond. 

Des thématiques non renouvelées (spoils)

Le premier film Jurassic Park abordait la thématique du progrès et de la science confrontée à leurs exploitations commerciales. La thématique est exactement la même ici et n'est pas plus approfondie. Le message de Jurassic Park était en substance que l'homme est loin d'avoir tous les outils et la sagesse nécessaire pour maîtriser ses créations. Pour Jurassic World, la thématique est abordée de la même façon avec les mêmes résultats mais de manière moins subtile. L'époque fait que la question est plus radicale. La technologie permet en effet aujourd'hui de rationaliser beaucoup de choses et de ramener des éléments vivants à des chiffres. Cette évolution dangereuse de notre société est, à juste titre, soulignée mais peut-être un peu trop. Il est évident que le personnage de Clair a perdu tout sens de la réalité et ne pense qu'au profit et à la satisfaction des actionnaires. Chez Spielberg, son sort aurait été scellé pour la morale. Ici, elle finit sain et sauve avec juste une bonne leçon... Au vu de son attitude au début, cela n'est pas mérité. En revanche, le milliardaire Masrani qui lui refuse de mettre des chiffres derrière toute chose connaît un sort funeste. Il a été certes un peu naïf mais simplement aveuglé par son optimisme. Ce personnage était intéressant et aurait mérité un meilleur sort. La saga ayant une dimension morale, ces dénouements sont surprenants. Concernant le personnage cherchant des applications militaires chez les dinosaures génétiquement modifiés, sa fin est attendue mais cela était particulièrement évident étant donné le monolithisme du bonhomme. En outre, sa place n'est pas forcément pertinente bien que cette piste n'ait pas avant été abordée. On imagine peu des vélociraptors sur les champs de bataille. Quant à son argument consistant à dire que ces créatures feraient mieux que des robots perfectionnés, il est vraiment très difficile d'y croire. Jurassic World aurait donc dû prendre le pari d'aller sur des pistes inexplorées car ré-aborder des thèmes déjà visités de manière moins pertinente en rajoutant des pistes incongrues a rendu le fond du sujet peu intéressant.

En définitive, Jurassic World divertit. Mais la magie, la découverte et l'aventure n'y sont plus. Il y a presque une mise en abîme entre le film et le parc : il faut donner plus au spectateur... mais a t-il seulement besoin de plus ? Trevorrow paraît s'amuser avec les dinosaures comme un enfant avec des figurines. 





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jeudi 28 mai 2015

À la poursuite de demain


Synopsis :

Frank était optimiste dans les années 60, le progrès avait lieu aux Etats-Unis. Casey est une adolescente des années 2010. Elle est de nature optimiste malgré un contexte dégradé où l'avenir paraît bien plus sombre. Crises, guerres, pauvreté : l'Homme a failli à créer un monde meilleur. Pourtant Casey pense qu'il est toujours possible d'agir...


Commentaire :

Une histoire originale pour enfant

Si l'empire aux grandes oreilles se distingue particulièrement avec le rachat de studios aux sagas juteuses (Marvel, Lucas Film), le studio de production Walt Disney Pictures lui continue de produire régulièrement des œuvres originales (John Carter, Lone Rangers : Naissance d'un héros). Malheureusement, le succès de ces films est mitigé et A la poursuite de demain semble connaître un sort similaire (Box Office). La cause de ces déroutes tient sûrement au fait qu'il s'agisse de productions, en tout cas ici, destinées aux enfants ou pour le moins perçues à destination des enfants. Cette donnée se ressent particulièrement dans le film lorsque les corps humains sont traités comme des corps de personnages de cartoons. Par exemple, ils sont soumis à des chocs violents dans une recherche de comique sans que cela ne soit particulièrement grave. On pourrait également mentionner l'utilisation de jouets comme armes ou de robots futuristes à l'aspect particulièrement sympathique. Il n'est donc pas question ici de hard fiction mais simplement d'une belle histoire de science-fiction à vocation morale. Néanmoins, il est nécessaire de saluer la production d'un projet original dans une époque dédiée aux sagas.

Une mise en scène classique

Disney est avant tout synonyme de qualité et si la réalisation est "classique", cela l'est au premier sens du terme, c'est à dire de "première classe". Le film est narratif et la mise en scène est fonctionnelle mais soignée. Les plans d'ensemble ou de demi-ensemble de la ville futuriste de Tomorrowland sont bien réalisés ainsi que les effets spéciaux afférents. Les références à la culture SF sont pléthores; celles concernant Star Wars sont nombreuses, à vous de trouver celle(s) venant de Résident Evil! Il faut ajouter à cela la très bonne bande musicale de Michael Giacchino. Les acteurs, sans exploser à l'écran, sont bien dirigés et campent parfaitement leur rôle. Les petites mentions sont pour Britt Robertson (Casey) qui tient pour la première fois un rôle principal et pour la jeune Raffey Cassidy (Athéna), qui a un rôle tout particulier et qu'il faut être capable de jouer. 

Les thèmes : l'avenir n'est pas figé

La thématique de ce film de SF est particulièrement intéressante car elle ne porte pas sur les questions liées à l'avenir mais sur l'avenir lui-même. Il s'agit d'une réflexion sur la manière d'aborder le lendemain. Le film souligne le paradoxe qu'il y a entre les époques passées très positivistes et le présent pessimiste. Ainsi, le film évoque la grande époque du scientisme et du positivisme que sont la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle en Europe. D'ailleurs, une scène du film se passe à Paris en référence à cet optimisme passée. La deuxième période d'optimisme est la période d'abondance d'après-guerre se passant aux Etats-Unis; une époque où tout semble possible. Progrès technologiques, conquête spatiale ; des personnalités comme Walt Disney pensent que le progrès ne peut mener qu'à un monde meilleur. Le parc de Disneyland est le symbole de la citée idéale (c'est le point de départ du film). Et puis, il y a aujourd'hui, le présent, où l'avenir n'est plus synonyme de promesse. Dans le film, le symbole de cette ambiance moribonde est l'arrêt du projet spatial car dans un monde qui tombe en lambeaux, la volonté de découverte et d'émerveillement disparaît. Enfin, il y a demain, représenté dans le film par Tomorrowland, une sorte de Metropolis langienne parfaite. Néanmoins, cette ville n'est pas encore advenue et si l'on veut que le meilleur se réalise, il faut y croire et passer à l'acte. Le pessimisme associé à la passivité mènent droit dans le mur, prévient le film. Pour infléchir l'avenir, il faut des optimistes, des héros comme Casey. Il s'agit d'une héroïne intéressante car elle n'est pas une élue. Elle est spéciale... comme tout ceux qui croient encore que les choses peuvent changer. L'avenir peut être éclatant si l'on combat le fatalisme!

En définitive, ce film de SF est plutôt réussi aussi bien dans le fond que dans la forme. Il reste néanmoins un peu tendre car également pour les enfants.



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vendredi 15 mai 2015

Mad Max : Fury Road



Synopsis :

Dans un monde post-apocalyptique particulièrement inhospitalier, Max essaye de survivre. Les hommes représentent le plus grand danger, aveuglés par leur avidité et profitant de la vulnérabilité des plus faibles. Max court au devant de graves problèmes lorsqu'il rencontre la bande de l'Immortan Joe... 


Commentaire :

Esthétiquement impressionnant 

La bande-annonce l'avait promis, le film l'a fait: celui-ci est esthétiquement impressionnant. Chaque plan est un véritable tableau jouant sur les couleurs chaudes du désert. La crédibilité est parfois mise de côté seulement pour appuyer l'esthétisme. La mise en scène est très soignée et le montage des scènes d'action est millimétré. Les scènes d'action sont réalisées à 80% sans trucage visuel et force est de constater que cela apporte du réalisme, au regard des scènes 100% numérique d'autres productions. Pour les plans généraux ou les plans d'ensemble, qu'on pourrait appeler "plans tableaux", le recours au numérique est ici très à propos et permet de réaliser des images spectaculaires. La beauté des plans est souvent associée à la très bonne bande musicale de Junkie XL, très à l'aise dans cet univers. Ainsi, s'il faut aller voir ce film, c'est avant tout pour son esthétisme poussé. 

Politique mais d'une simplicité problématique

Le film a de forts messages, actuels et très pertinents. Le film traite de l'appropriation des ressources naturelles de premier ordre comme le pétrole et de ressources indispensables à la vie comme l'eau. Le contrôle de ces ressources donne de facto le contrôle sur les populations et le possesseur devient un chef à la stature de dieu. D'ailleurs, le film en profite pour mettre un petit croche-pied au Dieu personnel et transcendant : un personnage demande à un autre "Qui est-ce que tu pries ?", le second lui répond un peu perturbé "ceux qui m'entendent". Dans cette situation, prier peut donner du courage, rien de plus. Une autre thématique très pertinente est celle de l'exploitation du corps humain, ce dernier devenant un objet. L'homme est une ressource, réserve de sang, les femmes sont en plus des productrices de lait. Elles sont réduites à l'état des animaux actuels, leur seule utilité étant sinon leur fonction reproductive. Dans un monde où règne le droit du plus fort, les femmes sont très affectées. Par ricochet, il y a sûrement une critique de l'exploitation animale (réduit à l'état de chose dans notre monde) mais cela reste notre interprétation. 
Néanmoins, ces thématiques ne sont pas exploitées. Elles ne sont que survolées car le scénario, d'une simplicité terrible, n'a aucun moyen de les mettre en exergue. L'esthétisme et l'action est tout ce qui reste à la fin de la séance. Les acteurs, très bons, à l'instar de Tom Hardy et Charlize Theron ne peuvent pas apporter de la complexité dans cet univers. Les dialogues sont réduits au maximum. Il est possible que cette simplicité soit une intention de réalisation, car de la pensée simpliste naît souvent la barbarie. Toutefois, il semble bien que Fury Road soit avant tout un exercice de style. 

En définitive, Mad Max Fury Road est à voir nécessairement et uniquement pour sa forme impressionnante, car le fond, narratif notamment, est très atrophié. 



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jeudi 23 avril 2015

Avengers : L'Ere d'Ultron


Synopsis :

L'équipe des Avengers est à nouveau réunie afin de récupérer le sceptre de Loki au main de l'Hydra. L'organisation secrète entreprend des recherches en robotique en s'appuyant sur la technologie extraterrestre. A priori, l'Hydra n'est pas de taille contre les Avengers mais ces derniers ont recruté deux jumeaux aux capacités hors du commun...   

Commentaire :

Du très grand spectacle

Avengers 2 est peut-être le film de super-héros le plus abouti. En effet, de par les protagonistes en scène, les enjeux et l'intensité de l'action, la réalisation de Joss Whedon tient véritablement en haleine. La première scène qui réunie les avengers en action donne déjà le ton. Le film part sur un rythme effréné qui ne ralentira jamais. Les super-héros et les autres protagonistes sont très nombreux mais chacun trouve sa place sans qu'aucun personnage ne vole la vedette. Ce n'est pas chose facile habituellement car Iron Man a tendance à attirer l'intention de part son caractère. Pour le second volet des Avengers, chaque protagoniste a ses dilemmes et ses motivations, cela tout en maintenant une cohérence globale au film. La mise en scène est excellente tout le long du film et arrive à jongler entre chaque personnage. Les scènes d'action, très rythmées par un montage dynamique et des plans immersifs et subjectifs, fonctionnent à merveille. Les ralentis qui mettent l'accent sur le côté héroïque et épique du film font d'autant plus effet dans ce déluge visuel. Globalement, le dosage en action et en combats est excellent car un tout petit peu plus aurait été de trop.
L'objectif principal de ce long-métrage est de divertir à tout prix. On est très loin de la hard fiction. Le film en joue même et le signe avec le dialogue entre Hawkeye et la Sorcière rouge "tout ça n'a aucun sens"... mais ça marche. D'ailleurs, cet épisode retrouve un peu l'esprit Comics qu'avait perdu le dernier Captain America au profit du film d'espionnage. La pointe d'humour est bien entendue au rendez-vous. Avengers, l'Ere d'Ultron est ce que l'on pouvait attendre de mieux de la réunion des super-héros. 

Les thèmes

Il y a quelques thèmes abordés dans ce film de super-héros. Bien évidemment, il y a les notions de Justice, de sécurité et de paix, qu'Ultron interprétera à sa manière. La notion de culpabilité est également abordée concernant le docteur Bruce Banner (Hulk) sans que l'on puisse malheureusement aller au fond du personnage du fait des nombreux protagonistes. Hulk semblerait presque à point pour retrouver son propre film. Enfin, la question de l'intelligence artificielle (abordée de manière très classique pour le coup) et du rôle des scientifiques est évidemment à l'honneur avec Ultron. Si ces thèmes sont nécessaires au film, l'important ici reste la trame narrative au service du divertissement. Que les thèmes soient traités en profondeur est une question secondaire, le spectacle est là!



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