Les sorties de la semaine

mercredi 25 novembre 2015

Hunger Games : La Révolte Partie 2


Synopsis :

Alors que la Rébellion a réussi à récupérer Peeta, ce dernier garde toujours des traces du formatage que lui a fait subir le Capitole. Katniss, aussi affectée physiquement que psychologiquement, doit continuer à soutenir la Rébellion pour mettre à bas la dictature...


Commentaire :

Réalisation propre

Francis Lawrence termine la saga avec un film très bien ficelé. La réalisation reste classique mais fait parfaitement son travail. Beaucoup de gros plans sont présents afin d'insister sur le ressenti des personnages, le travail sur la psychologie des protagonistes étant particulièrement important dans cet épisode. Ce que l'on pouvait reprocher au précédent volet au niveau du rythme est absent ici. En effet, le film est dense avec beaucoup d'action et de tension, notamment dans ses premiers trois quart. Un passage rappelle même des scènes de films tels que The Descent ou Alien, tant le film monte en tension. La dernière partie est plus calme du fait du travail sur les messages du film que l'on décrira en dernière partie. Même si la fin est un peu longue, il ne faut perdre de vue que le Hunger Games, La Révolte Partie 2 doit conclure les quatre films. La musique de James Newton Howard est excellente et pallie les scènes qui pourraient paraître trop longues (la dernière scène du film en est un exemple). Nous pouvons également dire quelques mots des décors, très photos réalistes et réussis. Ivry sur Seine, Noisy-le-Grand et le Château de Voisins sont des éléments du décor qui rendent très bien à l'écran pour représenter Le Capitole. En définitive, ce dernier épisode est très bien réalisé et fait aboutir de manière très clair toutes les intrigues. 

Acteurs excellents 

L'ensemble des acteurs est excellent. Julianne Moore et Donald Sutherland sont très bons dans leur second rôle, ainsi que le regretté Philip Seymour Hoffman dans son dernier rôle au cinéma. Jennifer Lawrence est toujours aussi sublime et d'une justesse impressionnante. Elle porte toute seule la franchise depuis le début. Par ailleurs, son personnage est tourmenté dans ce dernier film, parfois dépité, triste, en pleine réflexion ou déterminé et Jennifer Lawrence est toujours parfaite dans son interprétation.

Les messages : conclusion du questionnement politique

La conclusion des différentes intrigues permet de constater la réelle profondeur de la saga.
Il y a tout d'abord la question politique qui est le thème principal d'Hunger Games. Cette dystopie est l'histoire de la révolte contre un pouvoir tyrannique. La question de la propagande est au centre de l'intrigue puisque Katniss Everdeen est constamment instrumentalisée par les deux partis. Katniss n'est pas différente des autres, elle n'est pas un super-soldat, mais elle est un symbole construit capable de soulever les foules. D'ailleurs, elle comprends elle même la situation ; sa seule destinée possible se trouve malheureusement pour elle dans les clips de propagande de la rébellion, alors qu'elle critique de plus en plus les moyens utilisés pour atteindre la victoire. La réalisation insiste constamment sur les écrans dans l'écran afin de montrer la bataille de propagande entre les deux camps. La grande force de ce dernier épisode est qu'il montre que la Rébellion n'est pas si parfaite que cela. Autrement dit, Katniss et le spectateur font la critique du camp présenté comme gentil depuis le début.  Le renversement du pouvoir tyrannique devra amener un changement du système politique sinon les batailles menées auront été inutiles. Le problème n'était pas tant une question de personne (Snow) que de système politique. 
Le deuxième élément particulièrement mis en valeur dans cet épisode est la trace de la guerre sur les hommes. En cela, Katniss, très affectée, montre qu'elle n'est qu'une simple humaine. La guerre n'est pas seulement une tragédie de l'instant mais un désastre à long terme pour les esprits. Montrer la guerre et les conséquences de la guerre est un choix très intéressant. 
Enfin, le dernier message se trouve dans la conclusion de l'intrigue du trio amoureux, qui était auparavant un élément du scénario assez ennuyant du fait qu'il ralentissait l'intrigue principale. Néanmoins, cet épisode réussit à donner un sens à cet enjeu qui ne se trouve pas être juste un élément pour adolescents. Elle délivre une véritable conception de l'amour. Katniss remettra constamment en doute son choix au regard des actions de Peeta et de Gale pour choisir celui qui possède l'éthique de vie la plus juste.

En définitive, ce dernier Hunger Games se trouve être le meilleur épisode de la saga. L'action et la tension sont constantes et la psychologie des personnages est très travaillée. Ce dernier épisode délivre un véritable message sur la politique et les moyens de la guerre en concluant l'intrigue qui courait sur les quatre films.



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mercredi 18 novembre 2015

James Bond : Spectre



Synopsis :

Bond, James Bond est en mission à Mexico lors de la fête des morts. Il est à la recherche d'un individu, Lucia Sciarra, qu'il doit éliminer. Néanmoins, l'agent 007 agit isolément, si bien que même ses supérieurs hiérarchiques actuels ne sont pas au courant de sa mission. Personne n'est digne de confiance...


Commentaire :

Réalisation et hommages impeccables 

En tant que plus gros budget de la saga James Bond, Spectre est effectivement impressionnant visuellement. Tous les plans sont pensés en terme d'esthétisme. La scène d'introduction ressemble (est?) à un plan séquence superbement chorégraphié. Cela est suivi par le magnifique générique de début, sur la sublime chanson de Sam Smith. Notons dans le registre musical que la partition de Thomas Newman respecte parfaitement le style des anciennes musiques de James Bond et ancre Spectre dans le mythe. Au-delà de la musique, énormément d'hommages en terme d'accessoires, de lieux et des effets de réalisations (parfois avec un résultat comique recherché) font référence aux premiers James Bond. Néanmoins, il faudra être un réel amateur de la saga pour tous les noter. Il sera également nécessaire d'avoir en tête les anciens James Bond version Daniel Craig pour se situer dans l'intrigue. Dans les très bons points, notons également les effets spéciaux qui ont privilégiés cascades, vraies explosions et décors en dur plutôt que d'avoir recours massivement aux effets numériques. Avec la pellicule 35 millimètres, cela contribue aussi à retrouver la patte des anciens James Bond. L'effet de crédibilité visuelle est là. Ainsi, en terme de réalisation pure, Sam Mendes a fourni un travail de qualité.

Scénario mécanique 

Le problème de Spectre réside dans le scénario. Peut-être que cela est dû au piratage dont a été victime Sony qui a obligé l'équipe à réécrire le scénario. Quoiqu'il en soit, la trame de l'histoire se déroule sans que l'on ne comprenne toujours pourquoi. Le film donne l'impression d'une succession de scènes, du fait que celui-ci n'ait pas assez appuyé les enjeux et les motivations des personnages. Cela n'empêche pas les scènes d'être bonnes isolément. Les explications sont donc un peu trop faibles pour justifier une progression logique de l'intrigue. Certaines scènes paraissent par ailleurs assez étranges d'un point de vue de la narration (dans une scène, James Bond subit "une expérience" qui aurait dû lui laisser des séquelles mais il semble en définitive n'avoir rien...). En outre, certains personnages sont anecdotiques ou sous exploités, comme Dave Bautista, Monica Bellucci et même Christopher Waltz, pourtant grand méchant de l'histoire et même de la saga selon le film. C'est assez dommage lorsqu'on connait le talent de ces acteurs. En conséquence, le scénario présente des faiblesses narratives qui tranchent avec la crédibilité visuelle. 

Des thématiques déjà vues et peu développées 

Le complot gouvernemental dans son ambition à contrôler tous les citoyens a déjà été abordé au cinéma, récemment particulièrement. Citons Captain America et le Soldat de l'hivers ou Mission Impossible: Rogue Nation. Spectre ne pousse pas plus le questionnement si bien que sa contribution sur le sujet est nul. Pourtant il y a des choses à dire sur la transparence ou le conflit entre despote éclairé/démocratie. La démocratie est posée comme un absolu indépassable alors les défenseurs du contrôle gouvernemental sont des méchants mégalomanes peu convaincants. En outre, on ne sait pas trop pourquoi la collaboration antiterroriste internationale est montrée comme une menace... bref, sur le fond, le film est plutôt faible.

En définitive, James Bond est un film de grand spectacle qui atteint la qualité visuelle attendue. Le scénario et les thèmes sont en revanche plutôt décevants, cela n'empêchant pas le moment de divertissement. 



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mardi 27 octobre 2015

Seul Sur Mars



Synopsis :

Mark Watney et ses coéquipiers sont en mission sur Mars dans un avenir proche. Alors qu'ils mènent des expériences, une énorme tempête est détectée. Le commandant décide d'avorter la mission et de quitter la planète. Malheureusement, Mark Watney n'atteindra jamais la fusée, emporté par les vents martiens...


Commentaire :

Une réalisation très propre

Ridley Scott réalise très soigneusement Seul Sur Mars. Comme à son habitude, les plans sont très travaillés, magnifiques lorsqu'ils montrent des paysages, avec un véritable sens (narratif ou explicatif) pour les personnages ou les éléments de décors comme les navettes et modules. On notera une introduction où on se prépare à voir la Terre alors que c'est la planète rouge qui apparaît, élargissant de fait l'horizon de l'humanité. On remarque également dès le début dans la mise en scène que Mark Watney est séparé des ses coéquipiers, que cela soit par les plans ou le costume. Ridley Scott confirme ainsi qu'il est un des meilleurs artisans dans son domaine. Toutefois, la réalisation reste classique, c'est à dire très narrative, si ce n'est les plongées totales pour faire écho aux images satellites. Que cela se passe dans l'espace ou non influe peu sur la grammaire filmique au contraire d'un Gravity. Soigné mais conformiste. 

Matt Damon au top

Malgré un casting extraordinaire (Jessica Chastain, Kristen Wiig, Sean Bean, Kate Mara, Chiwetel Ejiofor etc), Matt Damon porte le film, notamment en première partie. Sa performance est très juste et sa présence suffit à maintenir l'attention. En effet, le personnage se retrouvant dans une situation de survie où rien n'est prévisible, la tension est constante. Les autres acteurs sont malheureusement plus anodins d'autant plus qu'ils sont nombreux. Leur jeu est juste mais ne marque pas.

Une ode à la science sans réelle philosophie (spoilers)

Le message principal du film est une ode à la combativité et à la technicité. En effet, sur Mars, il ne suffit pas d'être débrouillard, il faut avoir une immense culture générale scientifique et en plus, être pointu dans les différentes disciplines en question. Cette vision de l'astronaute renouvelle l'image de l'aventurier spatial. Un astronaute est avant un scientifique. Le personnage de Mark Watney est admirable car son goût à la vie le pousse à révéler son génie et à forcer son imagination. Pas de créativité sans contrainte... Mark Watney rivalise d'ingéniosité. Sur le fond, le film est très recherché scientifiquement, cela venant du matériau de base, le livre, très fouillé et de la collaboration de la Nasa. Rien que ça. Un spectateur néophyte qui n'est pas spécialiste dans les différentes disciplines scientifiques se perdra malheureusement de temps en temps. Certes, les tempêtes ne sont pas si violentes sur Mars, certes, la gravité martienne n'est pas fidèlement représentée mais pour le reste, tout est juste. Tout ce que fait Mark Watney est également conforme à l'état des connaissances scientifiques. 
Toutefois, le propos ne va pas beaucoup plus loin qu'une ode au progrès. En effet, ce film est plus un film de survival où l'espace relève avant tout du contexte (on ne sait pas réellement pourquoi une équipe est sur Mars) qu'un film de Science-fiction posant un questionnement philosophique sur l'humanité ou l'origine du tout. Ainsi Seul Sur Mars est plus proche d'un Gravity qu'un Interstellar ou un 2001 L'Odyssée de l'Espace. Néanmoins, Gravity était doté d'une réalisation particulière qui le distingue de beaucoup et bien qu'il s'agisse d'un survival spatial, il était rempli de symboles et posait en définitive une question sur l'humanité. Pour Seul Sur Mars, la question est plus "comment" que "pourquoi". De ce fait, comme il a été dit, les personnages sont attachants sans plus, l'émotion est faible. Lorsque Mark perd ses coéquipiers et les retrouve, le film reste très sobre. La solitude n'aura pas été l'occasion de l'introspection. Ainsi, si Ridley Scott est un très bon artisan, il n'est pas un véritable auteur. La technique et la science ne se justifient pas par elles-mêmes.

En définitive, Seul Sur Mars est un très bon film de survival, doté d'une réalisation soignée. La science est montrée sous son meilleur jour. Dommage que l'espace soit paradoxalement plus contextuel que fondamental, limitant de fait les questionnements profonds allant de pair avec les grands films de science-fiction. 




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Bonus teasing
(Introduction à l'histoire du film - se passe avant le début du film)












(Pendant l'intrigue du film)



Pour les anglophones, est-ce que Seul sur Mars est scientifiquement correct ?


jeudi 22 octobre 2015

Paranormal Activity 5 Ghost Dimension


Synopsis :

La famille Fleeges emménage dans une superbe maison. Tout se passe à merveille mais ils remarquent que leur petite fille Leila parle seule de temps en temps. Son père Ryan trouve une caméra et des cassettes dans la maison, qu'il regarde avec son frère Mike. On peut y voir deux petites filles, Kristi et Katie parler d'un certain Toby, comme le fait Leila...


Commentaire :

La 3D, la fausse bonne idée

Après quatre films (plus un cinquième sous forme de spin-off), Paranormal Activity 5 continue la trame principale des quatre premiers films canoniques (Tokyo Night reste toujours à part). Le scénario est correct et le cinquième épisode s'insère assez bien dans la saga, bien que l'histoire commence à paraître longue. Néanmoins, il y a une vraie cohérence globale et une fois l'intrigue développée, Paranormal Activity 5 semble bien poursuivre (ou conclure ?) l'histoire de la saga. Notons toutefois que celle-ci est simple et linéaire. Il y avait matière à inclure des rebondissements mais le film se contente de reproduire le déroulement habituel des Paranormal Activty, avec un petit côté Poltergeist. Cependant, il y a là une ambiguïté parce-que Poltergeist n'hésite pas à montrer le mal alors que la saga Paranormal Activity joue sur le hors-champ et des effets minimalistes. Le problème s'accentue avec l'idée de la 3D. En effet, seuls les phénomènes paranormaux sont en 3D, il faut donc nécessairement montrer. Si cet effet pouvait être pensé comme la nouveauté de la saga, il en résulte dans les faits une trahison du concept de base. Néanmoins, la direction arrive à bien gérer ce choix en limitant le paranormal, la 3D devenant paradoxalement accessoire (seule une caméra de l'intrigue voit les phénomènes paranormaux).  

Une mise en scène très moyenne et non renouvelée 

Paranormal Activity retombe finalement sur ses pieds avec la mise en place de l'ambiance traditionnelle jouant sur le son et les moments de tension. Les instants de sursaut sont habillement distillés, arrivant lorsqu'ils sont attendus ou à contre-temps, ce qui est toujours efficace. Il y a presque pour ce point une science à la James Wan. Malheureusement, il n'y a rien de nouveau dans la mise en scène. Les procédés restent les mêmes alors qu'il y avait une progression au cours des derniers épisodes (caméras panoramiques, nouvelles technologies). L'utilisation de la 3D entraîne une limitation dans la recherche de la mise scène. Le film ne devient plus qu'une succession de jump scares. Lorsque les choses sont visibles à l'écran, la tension est beaucoup moins forte. La peur se provoque donc par le jump scare. Le film en abuse, la réalisation s'étant surement rendu compte que le nouveau concept est moins efficace. Nous ne sommes pas loin du cinéma d'attraction. Saluons tout de même le fait que la saga reste toujours à l'écart du gore pour produire l'épouvante fantastique, ceci étant une très bonne chose.

En définitive, le recours à la 3D dans une saga n'est jamais bon signe, étant souvent le signe d'un manque d'imagination. Le choix est particulièrement contre-nature pour Paranormal Activity mais le film arrive à ne pas trahir complètement la saga. Le scénario progresse et les pièces du puzzle de l'ensemble des films font sens mais la réalisation régresse, se cachant derrière ses jump scares. A voir pour les amateurs de la saga.



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mardi 22 septembre 2015

NWA - Straight outta Compton


Synopsis :

Biopic du plus connu des groupes de rap NWA. Fin des années 80, E-Eazy, Ice Cube et Dr Dre décident de se lancer dans un hip-hop cru, décrivant la réalité de leur vie. Juger trop violent dans ses propos, le groupe NWA va tout de même exploser et conquérir l'Amérique...


Commentaire :

Biopic rythmé 

Ce biopic de plus de 2h30 présente un rythme soutenu, abordant la période d'E-Eazy petit dealer au début, à sa dernière bataille contre le sida. Le contexte américain autour des gangs fait que la tension reste constante au cours du film, d'autant plus si on ne connait pas l'histoire des membres de NWA. Ainsi, la soundtrack tout comme le récit font que le spectateur est complètement pris dans l'histoire, peu importe son intérêt pour le rap. Concernant la mise en scène, elle est tout à fait classique et fait parfaitement son travail de narration. 

Acteurs au top

Pour ceux connaissant un peu les membres de NWA, la ressemblance avec les acteurs au casting est flagrante. Ce soin esthétique est particulièrement poussé. Notons que l'interprète d'Ice Cube, n'est autre que le fils d'Ice Cube, cela aidant beaucoup à faire correspondre les physiques. Néanmoins, au delà des acteurs au demeurant très bons, la géographie et les lieux sont parfaitement fidèles, la partie se déroulant à Compton par exemple ayant été tournée à Compton même. 

Peindre un homme dans toute la vérité de sa nature

Le film a le grand avantage d'intégrer l'apparition du gangsta rap aux crises de la société américaine. Le côté militant des membres de NWA est parfaitement appuyé et peut même raisonner avec l'actualité des bavures policières aux Etats-Unis. Au-delà de retranscrire la réalité d'une époque (non-achevée), sachons quand même garder une certaine distance avec le film puisque celui-ci est produit par Dr Dre et Ice Cube. Sans remettre en cause la véracité de leurs personnages dans le film, il est nécessaire de prendre en compte cette information car l'objectivité sur soi-même est une tache compliquée, qui même lorsqu'elle est recherchée peut être discutable y compris lorsqu'on s'appelle Rousseau...Nul doute que ça l'est aussi pour nos rappeurs.

En définitive, ce film plaira aussi bien aux fans de rap qu'aux autres. Néanmoins, bien garder en tête qu'il ne peut être totalement impartial au vu des producteurs.


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mercredi 19 août 2015

Mission Impossible : Rogue Nation



Synopsis :

Ethan Hunt continue à contenir les menaces les plus sérieuses pouvant mettre en péril la paix dans le monde. Néanmoins le IMF (Impossible Mission Force) est dissout suite à de nombreuses bavures et son caractère opaque. C'est à ce moment que commence à agir une puissante organisation terroriste nommée le Syndicat... 


Commentaire :

Du très grand spectacle 

Mission Impossible - Rogue Nation propose du très grand spectacle d'action. Le ton est donné avec la scène d'ouverture, très impressionnante et dont les cascades sont non seulement réellement effectuées mais par Tom Cruise lui-même. La mise en scène de Christoper McQuarrie est elle très soignée, donnant les plus belles images possibles dans les différents lieux visités. La direction artistique est impeccable. Notons la magnifique scène de l'opéra, longue, intense et millimétrée. Les scènes d'action sont elles extrêmement découpées ce qui donnent un rythme effréné. Souvent, la musique complète magnifiquement l'image pour donner un véritable spectacle total, avec parfois le thème caractéristique de Mission Impossible.

Tom Cruise toujours excellent 

Le film est porté bien évidemment par Tom Cruise, qui est toujours aussi impressionnant. Son jeu est comme à chaque fois juste dans le rôle du héros. Physiquement, l'acteur reste encore et toujours aussi affûté pour nous offrir des cascades incroyables. L'acteur se consacre corps et âme à cette franchise et cela se ressent. Côté casting, mentionnons l'excellente Rebecca Ferguson qui tient avec brio le pendant féminin de Tom Cruise. 

Les thématiques : rien de nouveau

Mission Impossible - Rogue Nation reste un blockbuster d'espionnage et d'action. Il est question de l'action des Etats et de la poursuite de leurs intérêts, c'est à dire en deux mots de la politique selon Machiavel. La thématique du soupçon est présente pour ce qui concerne les Etats (les actions secrètes et leurs conséquences) mais aussi à propos des personnages (IIsa Faust est un personnage incertain). Tous ces sujets sont intéressants et donnent de la profondeur à l'intrigue en la rendant crédible et complexe. Toutefois, s'il est fait usage de ces thématiques, elles ne sont pas sur le fond questionnées. Mission Impossible reste un film de divertissement. 

En définitive, Mission Impossible - Rogue Nation est un film d'action de très grande qualité!


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lundi 10 août 2015

Les 4 Fantastiques


Synopsis :

Reed Richards est un génie depuis tout petit. Hormis son meilleur ami Ben, personne ne croît dans son rêve de créer un téléporteur. Néanmoins, il est repéré un jour par le Docteur Franklin Storm qui lui propose de venir travailler dans son centre de recherche. Il fait alors la connaissance de Sue, Johnny et Victor avec qui il entreprend de créer un téléporteur permettant de voyager dans un univers parallèle...


Commentaire :

Un Marvel Fox un peu en dessous

Josh Trank, réalisateur très prometteur après Chronicle, a été très limité pour mettre en place sa vision du film par le studio Century Fox lui même. Le film en demeure divertissant mais souffre de quelques défauts. Notons tout d'abord que la mise en scène est classique. Elle est propre et fonctionnelle mais ne se distingue pas des autres blockbusters. Le grand point positif de ce film est sa musique orchestrale qui apporte un souffle là où l'image est terne. Les effets spéciaux sont eux plutôt moyens sur certains plans, ces derniers ayant parfois en plus un cadrage étrange (nous pensons à un plan symétrique sur les modules du téléporteur dans le nouveau monde, qui accentue la sensation que l'arrière-plan n'est qu'un modeste fond vert). Soulignons tout de même la grande réussite de ce reboot; Ben (La Chose / The Thing) est particulièrement bien réalisé en numérique. Le montage et la structure du film sont assez eux discutables. La relative courte durée du métrage laisse penser que toutes les scènes de Trank n'ont pas été tournées ou insérées. Certains reprochent une genèse des super-héros trop longue. Nous pensons que c'est le final qui est en fait trop vite expédié. En vérité, le travail sur la jeunesse des super-héros, qui est manifestement issue de Josh Trank, est très bien réussi. L'histoire autour d'un enfant rêveur et plein de convictions est clairement un hommage aux films de Spielberg. La phase adolescente est également très bien gérée avec un bon travail sur la personnalité des personnages et les rapprochements ou les conflits qui pourraient apparaître entre eux. C'est finalement la dernière partie, qui correspond à la période des super-héros, qui est trop vite conclue. L'intrigue autour de Doom, ce personnage pessimiste, est intéressante mais trop peu détaillée. Notons qu'il ne s'agit pas nécessairement des super-héros les plus faciles à traiter, chaque Fantastique étant un peu caricatural. A ce titre, ce casting qui posait beaucoup de questions s'en sort bien. C'est néanmoins Reg E. Cathey (Franklin) qui tire son épingle du jeu. 
En définitive, le film semble déséquilibré. Il s'agit bien d'un problème de montage plutôt que de scénario, certaines parties de ce dernier étant plus étayées que d'autres à l'écran. Le scénario est lui correct et son seul problème de prévisibilité tient au fait que les anciens films des 4 Fantastiques sont récents et qu'ils permettent (notamment celui de 2005) de connaître le déroulement de l'histoire dans les grandes lignes.

Les thématiques

Commençons par une thématique subsidiaire qui est celle de la famille moderne. L'idée de Josh Trank autour de Sue, Johnny et Franklin est de présenter une possible forme de la famille moderne, celle-ci étant pour lui métisse et composée puisque Sue est adoptée. Ce parti pris, qui peut choquer les fans puisqu'il inclut un changement d'ethnie de personnages connus, dénote tout de même une véritable vision et intention de modernité. 
Le second sujet du film est le libre arbitre, présenté comme un rempart à la tentation du défaitisme ou du fatalisme (le nom original du grand méchant est Dr Fatalis / Doom). Reed voulait "pouvoir faire la différence" lorsqu'il était jeune, tout l'enjeu du film est qu'il garde cette motivation une fois entré dans un âge de raison. C'est une thématique somme toute récurrente des films américains mais juste et intéressante.
Enfin, la dernière thématique présentée est celle du multivers (une des théories de la physique). C'est ici qu'on voit la spécificité de Josh Trank dans les films Marvel. Celui-ci a peut-être d'abord voulu faire un film de SF avant de faire un film de super-héros, ce qui expliquerait (en plus des conflits avec la Fox) la dimension super-héros plutôt loupée. La première bande-annonce appuyait sur la veine Interstellar et promettait véritablement un film de SF. Le thème de la découverte scientifique et de l'aventure spatiale est au centre des motivations des personnages à l'âge adulte. Cette intention de réalisation explique peut-être aussi la faible dose d'humour puisque le but était de faire un film de SF sérieux, pour ainsi dire, éloigné des Marvel-Disney. Malheureusement, l'oeuvre étant bancale, le film ne défend véritablement ses sujets que pendant certaines scènes.

En définitive, ce film ne mérite pas le bashing dont il est victime bien qu'il soit en dessous des récents films de super-héros. Il reste divertissant mais trop schématique et prévisible.



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