Les sorties de la semaine

dimanche 5 février 2017

La La Land


Synopsis :

Mia et Sebastian ont tous deux des rêves. Mais la réalité ne se plie que rarement aux désirs des Hommes et oblige à faire des compromis. C'est dans ce contexte que les deux jeunes gens se rencontrent...


Commentaire : 

Un musical hommage

Damien Chazelle réalise un beau film musical en hommage au genre du Backstage musical des débuts du technicolor et aux réalisations de Jacques Demy. La réalisation est élaborée, évidemment allant au-delà du narratif comme tout film du genre mais avec une audace encore plus poussée. La mise en scène est travaillée d'abord parce-qu'il y a nécessité de filmer des chorégraphies de manière dynamique. Mais Damien Chazelle pousse la difficulté en filmant la plupart des chorégraphies en plan séquence riche en mouvements, parfois circulaire à la Max Ophüls, et cela avec la voix originale des acteurs chantant en temps réel. C'est audacieux et sophistiqué, la facilité n'est pas recherchée. L'objectif est l'authenticité. Les transitions sont aussi travaillées pour que visuellement cela se raccorde avec élégance. On remarque ainsi que la forme est au centre des préoccupations ; c'est un film visuel et auditif avant d'être un film intellectuel. Les hommages sont nombreux : les citations, références, allusions et clins d’œil vont au-delà du genre du musical, c'est toute une époque dorée et colorée qui est magnifiée. Il y a dans cette application, la trace de l'ancien étudiant, érudit sur son sujet, avec la passion nécessaire pour porter un projet qui relève d'un genre aujourd'hui abandonné.  

Des performances marquantes

Les performances des deux têtes d'affiche Ryan Gosling et Emma Stone sont de haut niveau. Les acteurs ne sont pas doublés et pour les scènes musicales ne sont pas coupées. Cela demande un énorme travail en amont. Emma Stone est bluffante au niveau de son interprétation dans les scènes chantées/dansées ainsi que dans les scènes plus classiques. Ryan Gosling est extraordinaire au piano, sachant qu'il a appris pour le film. Il joue lui même les partitions du film d'une traite dans ses scènes. C'est un investissement caractéristique des grands acteurs. Concernant la qualité du musical en tant que telle, la composition de Justin Hurwitz est très bonne. Les parties chantées (des deux héros) sont plutôt jolies sans être extraordinaires. Damien Chazelle voulait semble t-il plutôt donner à son film une dimension humaine, dans le sens où ses personnages principaux ne sont pas des spécialistes du chant et de la danse. La relation entre les personnages est plus importante que la performance en elle-même. Ce choix est compréhensible, mais au point où on en était, on était près à croire à des séquences musicales éblouissantes. C'est d'ailleurs un accord tacite du musical.

Thèmes : les sacrifices du rêve [Spoilers]

Comme il est dit plus haut, le film n'est pas conceptuel. Il fait place à la forme artistique et aux relations humaines. Néanmoins, il y a tout de même un message sur le rêve, plus généralement sur l'espoir. Les héros sont dans le désir de l'avenir et en vérité, malheureux de leur situation présente car il n'y a pas de désespoir sans espoir. Il est intéressant de noter que les héros réussissent finalement lorsque l'espoir disparaît. Le film le démontre bien, il ne s'agit pas d'abandonner ses rêves mais de ne plus être hanté par eux ; il faut simplement mettre toutes les chances de son côté en saisissant les opportunités de la vie. Néanmoins, comme le montre le dénouement, atteindre son rêve demande de faire le tri dans ses objectifs, autrement dit de faire des sacrifices. La rêve absolu aurait été la vie présentée dans le dernier flashback idéal, mais la vie est fait de compromis. L'objectif des héros demandait leur séparation sans pour autant regretter le passé, ni le présent, comme le témoigne le dernier sourire que s'échange les protagonistes. Cela apporte un petit côté romance tragique et amer qui donne une autre ampleur à cette histoire qui aurait été peut-être sinon un peu trop convenue. Il n'est pas inintéressant de faire un parallèle avec la réflexion sur le jazz dans le film, qui ne peut rester immuable, qui doit répondre, dans une certaine mesure, au temps présent. C'est peut être également le cas du genre du musical, cela donnant un côté métafilmique à cette oeuvre, qui ne peut être une pâle copie de l'époque dorée mais doit se réinventer tout en sachant d'où il vient.

En définitive, La La Land est un excellent musical qui touchera encore plus les amateurs du genre de l'époque dorée, ce film étant un hommage aux films hollywoodiens et français du genre.



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lundi 16 janvier 2017

La Grande Muraille


Synopsis :

Il y a bien longtemps, un groupe d'occidentaux à la recherche de la poudre noire atteignaient l'Empire du Milieu. Impressionnés par la Grande Muraille, ils comprennent qu'elle protège l'empire d'une menace terrifiante...


Commentaire :

Un film chinois

Zhang Yimou réalise un film dont il est aisé de reconnaître la signature des grandes productions chinoises (hors cinéma hongkongais). Les effets sont poussés, zooms violents, ralentis, travail sur la chorégraphie des combats, travail sur le mouvement des groupes (armée). Notons que les costumes (confectionnés par Weta, cf Le Seigneur des Anneaux) sont particulièrement beaux. Les effets spéciaux sont moins réussis et rappellent les imperfections des grandes productions chinoises récentes. La mise en scène, certes peu raffinée, est plus que fonctionnelle, elle est signifiante. La manière de filmer les groupes traduit la notion d'ordre, de hiérarchie. Au contraire, les occidentaux ont droit à des gros plans, ils sont individualisés. Si la mise en scène est un peu bulldozer, on ne peut lui reprocher de servir le fond, en cela, peut-être à la manière des films idéologiques provenant des régimes autoritaires passés, il y a bien une recherche de faire correspondre la forme au fond. Qu'on aime ou pas la traduction visuelle ou le message, cette recherche est bien une caractéristique de l'art. En cela, ce film est plus intéressant qu'un blockbuster classique hollywoodien standardisé à la mise en scène plan-plan. Le scénario est peu intéressant, le travail sur les personnages médiocres, c'est donc le film en tant qu'objet intellectuel chinois qu'il est intéressant d'analyser.

Du soft power chinois

Bien que les fonds de production soient mixtes, il est manifeste que la Chine est derrière ce projet. Il s'agit de vendre son image sur la scène internationale et le fait de choisir un acteur occidental participe de cette stratégie pour faire pénétrer le film sur le marché européo-américain. Il n'y a pas de white-washing à chercher, le rôle est fait pour un occidental comme le souligne le réalisateur. L'action se passe dans une Chine mythique, et cela est dûment mentionné dans le film alors qu'un conte européen ne préciserait pas la localisation exacte de l'action. Le petit texte d'introduction présente la Muraille chinoise comme l'oeuvre la plus importante et merveilleuse de l'humanité pour lier définitivement le nom de la Chine à cette oeuvre monumentale. Les occidentaux n'ont pas nécessairement le bon rôle, dans la première partie leur vocation est de s'émerveiller devant l'armée chinoise, si belle, si organisée, provenant d'un peuple avancée, disposant de nombreuses technologies dont la fameuse poudre noire. Les occidentaux, qui sont généralisés (pour les Chinois, tous les abrahamiques sont mis ensembles), sont avides de pouvoir et de richesses. Que cela soit par leur pensée ou leur aspect; ils sont loin de la civilisation chinoise (les armées chinoises rappellent les peuples elfiques du Seigneur des Anneaux de part leur costume raffiné et leur attitude). Le personnage de Matt Damon est un peu différent mais constitue l'exception dans la civilisation occidentale. Le message politique est assez manifeste. 

Les thématiques : au nom du collectif!

Si la Chine est si grande, c'est parce que les individus sont au service du collectif. Il s'agit d'un idéal qui donne un sens à la vie et pour lequel il est honorable de se sacrifier. Servir un idéal peut être très honorable, certes, mais le film ne dit pas ce qu'il est, on devine que c'est la patrie, ce qui ne va pas sans questionnement. Les occidentaux, eux, sont dans un état de survie, ils se battent pour manger, pour l'argent voire pour Dieu - le film ne donne (justement) aucun crédit à cette option (marxisme oblige). L'histoire présente donc les occidentaux négativement mais la raison qu'ils en donnent peut être contestée, il est normal de penser à sa survie. Tout l'enjeu du film est que le personnage de Matt Damon adopte la pensée chinoise, certes séduisante sur le papier, capable de produire d'immenses choses mais au prix d'une soumission totale à la patrie. Non pas qu'il ne faille pas suivre des règles mais comprendre en quoi des règles sont nécessaires est primordial, ce que le film laisse de côté (pour la fiction les chinois sauvent le monde donc la raison est juste mais pas pertinente pour s'appliquer à notre monde). Certes, à la fin, le film prétend qu'une alliance entre les deux pensées, chinoise et occidentale, est possible et même productive mais il s'agit plus de la pensée chinoise alliée à l'habilité occidentale. On reconnaît toutefois la volonté de faire un pas vers l'autre. Autre point amusant, si la patrie est louée, l'empereur est lui dénigré et on comprend pourquoi dans un régime marxiste. Cela n'est pas innocent. Enfin, dernier message intéressant ; la technique ne peut aller qu'à des Hommes raisonnables, c'est le cas pour la poudre noire. Les occidentaux voudraient en faire commerce et l'utiliser pour la guerre alors que la Chine l'use avec raison. Dans le fond, le message est juste. Comme dirait le grand philosophe Ben Parker (^_^) : "De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités", et il est vrai qu'il ne s'agit pas de partager le savoir n'importe comment au nom de principes hasardeux. 

En définitive, La Grande Muraille est une fiction quelconque mais intéressante en tant qu'objet intellectuel présentant une pensée chinoise.



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jeudi 29 décembre 2016

Passengers


Synopsis : 

Jim se réveille de son hibernation. Il est en effet à bord du vaisseau Avalon en route pour une lointaine planète-colonie. Toutefois, quelque chose cloche. Il est le seul réveillé. Loin d'être arrivé, Jim se rend compte que le vaisseau n'arrivera à destination que dans 90 ans...


Commentaire :

Joliment mis en scène

Le réalisateur norvégien Morten Tyldum réalise un magnifique film d'un point de vue esthétique. Les plans de l'univers et du vaisseau vu de l'extérieur sont sublimes, avec des couleurs sombres mais intenses. Le design du vaisseau est également superbe en plus d'être crédible d'un point de vue fonctionnel. Le reste de la mise en scène, majoritairement en intérieur est également très bien pensé. Les plans larges pour souligner la solitude de Jim fonctionnent très bien en début de film. Les décors intérieurs avec les détails de l'environnement témoignent d'un véritable travail sur ce quoi pourrait être un voyage interstellaire proposé par une compagnie privée. A noter qu'il est très juste d'imaginer que ce sont les compagnies privées qui investiront en premier l'espace. Les robots fonctionnant tout seuls et faisant toutes les tâches des plus simples aux plus compliquées alors que les humains sont en hibernation sont crédibles. Bref, l'univers du film est cohérent et fonctionne parfaitement. Des scènes sont particulièrement marquante comme la fameuse scène de la piscine, qui en plus d'être plausible physiquement et d'amener une vraie tension, est un petit chef d'oeuvre en terme de réalisation mêlant effets spéciaux et vues réelles sur l'actrice Jennifer Lawrence. En outre, certains plans, peut être en hommage, rappellent 2001 l’Odyssée de l'Espace, notamment ceux ayant lieu dans un décor courbé ou ceux dans les longs conduits/couloirs (sombres dans le film, blancs dans le film de Kubrick). Il s'agit juste d'un clin d’œil car les enjeux sont complètement différents comme nous le verrons plus tard. Au niveau du rythme, le film oscille parfaitement entre moments intenses et temps faibles qui permettent de mettre en avant les personnages, les relations entre eux, et d'insister sur la vie dans cet immense vaisseau semblable à une prison dorée. C'est peut être cela la plus grande force du film, prendre son temps pour souligner les enjeux sans pour autant lasser. C'est une qualité à reconnaître pour un blockbuster. Enfin, concernant la bande musicale de Thomas Newman, elle fait un bon travail d'accompagnement de l'action mais reste discrète. 

Performance d'acteur [Spoilers]

Il s'agit avant tout d'un film intimiste reposant alors en partie sur les acteurs. Si Jennifer Lawrence n'étonne plus car toujours investie à 100% dans ses personnages et capable de délivrer des performances marquantes, Chris Pratt surprend lui dans le bon sens. Il est parfait dans son rôle. Jusqu'à présent, les rôles qu'il avait interprétés étaient plutôt lisses, notamment depuis sa transformation physique pour jouer des super-héros. Ici, son personnage est profondément humain, faillible, isolé, torturé faisant face à une épreuve particulièrement difficile à vivre. Passant par tous les états, Chris Pratt délivre une de ses meilleures performances. La séquence qui suit le réveil d'Aurora avec le remord qui se lit sur son visage est excellente du point de vue du jeu d'acteur. Et puis pour finir, soulignons que les deux têtes d'affiche ne sont pas vilaines, il faut tout de même le dire.

Les thèmes, l'originale philosophie nietzschéenne dans un film de science-fiction [Spoilers]

Un film de science-fiction a pour but d'interroger le spectateur. Passengers le fait très bien. Toutefois, il ne s'agit pas des grands questionnements métaphysiques ni même des questionnements sur l'humanité et des nouvelles technologies. Quoique, la confiance aveugle de l'humanité dans l'informatique et dans l'embryon d'intelligence artificielle est mise en exergue et se trouve être moteur de l'intrigue. Toutefois, le cœur du propos n'est pas là. En tant que film intimiste, c'est l'humain qui est directement interrogé dans ses limites et ses aspirations. Le personnage de Jim questionne les limites de l'humain, en étant mis en face d'un choix cornélien: la possibilité de réveiller quelqu'un pour briser sa longue solitude qui le poursuivra jusqu'à sa mort, sachant que la personne réveillée verra ses projets réduits à néant par sa faute. Le personnage de Jim résiste à cette tentation et se tient à ses principes mais le temps est un adversaire redoutable. Car le personnage n'a rien d'autre à faire qu'à se poser et se reposer cette question. Le temps finit par ronger ses principes jusqu'à ce que le mauvais choix soit fait. Il réveille Aurora Lane telle La Belle aux Bois Dormants, sauf qu'il n'est pas l'idéal du prince mais bien un homme qui a failli. Acte impardonnable certes, mais qui sait si même les nobles chevaliers n'auraient pas fini par céder face au temps. Le film ne juge pas, il montre simplement ce qu'est l'Homme. C'est alors qu'une véritable tension apparaît dans le scénario car il est certain que Jim devra avouer qu'il est à l'origine du réveil de la Belle et se faire absoudre ultérieurement dans un acte héroïque en mettant sa vie en danger pour laver sa personne de l'acte d'égoïsme. L'utilisation du conte n'est pas anodine car ce genre est pourvoyeur de messages au lecteur/spectateur. Le conte est réutilisé en fin d'histoire car une fois que Jim a trouvé la rédemption, c'est Aurora qui réveille Jim dans le pod médical (qui rappelle le cercueil de Blanche Neige) dans un jeu de miroir inversé; la boucle est bouclée. Le conte est-il juste emprunté par le scénario ou est-il a son origine ? La question peut être posée.  Avalon est le nom d'une terre de légende hors du temps du chevalier Arthur, le chevalier par excellence qui inspire les chevaliers des contes. Dans le conte de la Belle au Bois Dormant, tout le château et ses habitants sont figés dans le temps et c'est exactement le cas ici avec le vaisseau (Avalon) comme château. Jim résiste au feu du dragon (purge de la fusion nucléaire) dans son armure spatiale et avec son bouclier. Quand on y réfléchit, l'analogie qui n'est pas évidente, est géniale. 
Toutefois, peut-être que le film est le plus fort dans le message final qu'il fait passer : se contenter du présent et tenter de l'apprécier. La planète qu'ils doivent atteindre est un rêve lointain, presque une illusion. Certes les protagonistes sont coincés dans le vaisseau mais ils ne manquent de rien : nourritures, loisirs et ils se tiennent mutuellement compagnie. En trois mots, ils ont tout. L'androïde dit à un moment servir (étant serveur, c'est assez bien trouvé), de la psychologie de comptoir mais ce qu'il dit est juste : s'il est impossible d'avoir ce que l'on cherche, il faut accepter le présent, le monde tel qu'il est, voici le message nietzschéen du film. Cela est encore plus fort que le message soit donné dans un film de science-fiction car c'est un genre qui vend bien souvent un rêve, le voyage lointain, l'avenir, l'illusion d'un monde d'ailleurs à défaut d'être meilleur. Mais finalement, les deux personnages choisissent de vivre le présent ensemble et non plus le rêve hypothétique. La fin du film est donc un happy ending, entraînant, c'est vrai, pour arriver à ce point, quelques passages moyennement crédibles. Mais c'est bien là la fin d'un conte, délivrant son message de sagesse. 

En définitive, Passengers est une très bonne surprise. Ce film de science-fiction prend le temps de travailler ses enjeux et se révèle être progressivement une réactualisation futuriste du conte de La Belle au Bois Dormant! Superbe!



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vendredi 23 décembre 2016

Assassin's Creed


Synopsis :

1492, dernière phase de la Reconquista. Les Templiers sont sur le point de vaincre le dernier émir de Grenade. Les Assassins luttent contre les Templiers cherchant à s'emparer de la pomme d'Eden aux mains de l'émir, capable d'asservir l'humanité...


Commentaire : 

Mise en scène hommage au jeu vidéo

Justin Kurzel réalise un film fidèle aux jeux vidéo avec une mise en scène reprenant certains plans iconiques, tels les présentations des villes en plan général, les plans de caméras tournant autour d'un personnage ou d'un objet tel qu'il est possible dans un univers virtuel, la reprise des plans du personnage sautant dans le vide. A noter que la 3D est très bonne. A cela, il faut rajouter certains éléments du décor comme la charrette de foin, les combats, les scènes de cascade style parkour dans un environnement urbain médiéval. Le fait qu'Ubisoft ait eux même produit le film explique une très grande fidélité à l'esprit du jeu. Toutefois, au-delà de cet aspect réussi, le film ne se démarque pas particulièrement. La mise en scène est classique, fonctionnelle, narrative comme n'importe quel blockbuster. Les scènes dans le passé sont plutôt réussies grâce aux excellents costumes et décors. Peut-être manque t-il un peu de temps passé dans l'Espagne Médiéval car les scènes du passé se résument uniquement à de l'action et de ce fait, il manque nécessairement un peu de travail sur les personnages avec l'insertion de temps faibles. Le choix de la musique contemporaine rend bien avec le côté "free style" des scènes de parkour et plus généralement avec l'esprit d'un jeu vidéo mais rien ne vaut une bonne bande musicale d'un orchestre symphonique. 

Un bon casting

Michael Fassbender est impressionnant physiquement tout comme la française Ariane Labed qui est superbe dans le rôle de l'assassine Maria. Dommage que le côté émotion ne soit pas un petit peu développé car toute la palette du jeu des interprètes n'est pas exploitée et il est alors plus difficile de s'attacher à ces personnages. De bons acteurs dans les seconds rôles permettent de donner de l'ampleur à l'histoire grâce à la présence de Jeremy Iron et de Charlotte Rampling mais qui ont là aussi des personnages un peu trop lisses. C'est peut-être le personnage de Marion Cotillard qui est le plus intéressant car elle est la seule à douter tout en ayant des convictions profondes et justes, que l'actrice retranscrit très bien. Dans un sens, elle est le seul personnage auquel il est réellement possible de s'attacher. Compte tenu des acteurs présents, il est un peu dommage que les personnages en général ne soient pas un peu plus développés. 

Les thèmes : libertarianisme contre totalitarisme  

Assassin's Creed est un film de science-fiction reposant sur des postulats peu vraisemblables mais l'histoire essaye de donner une justification scientifique à ce qui est présenté. Le concept de l'Animus est un bon concept de jeu vidéo mais passe un peu plus difficilement au cinéma du fait de scénarios de SF généralement assez élaborés. Néanmoins, que le génome ait une mémoire et garde des traces du passé lointain est vraiment intéressant. D'autant plus qu'il n'est pas question de changer le passé mais juste d'avoir des informations sur le passé, ce qui rend la chose dans un sens plus réaliste et n'amène pas le problème des paradoxes temporels des voyages dans le temps. En revanche, le fait que les individus soient déterminés par le génome est un paradoxe même dans les intentions du film car les Assassins se battent pour le libre-arbitre. Or si les descendants des assassins reprennent la cause juste parce-qu'ils sont descendants d'assassins, il n'y a plus vraiment de libre-arbitre mais une prédétermination génétique. Quoiqu'il en soit, le film propose deux visions du monde, celle du libertarianisme, c'est à dire un monde dans lequel "tout est permis", défendue par les assassins et une vision totalitaire prônée par le groupe des Templiers. Remarquons que le groupe des Templiers, ayant des traits des Franc-maçons, disposant d'immenses moyens et agissant dans l'ombre depuis des siècles rappelle un peu les théories du complot et n'est pas franchement très original. Le film défend le camp des Assassins, car le camp des Templiers, est clairement identifié et à juste titre comme le camp du mal. En effet, même si leur but est d'instaurer la paix, ils ont comme moyen l'anéantissement de l'esprit critique (appelé libre arbitre) chez l'humain, c'est à dire finalement l’anéantissement de l'humanité car qu'est-ce qu'un humain sans raison ? Toutefois, le film va un peu vite sur les alternatives possibles. En effet, le monde sans loi des Assassins n'est pas idéal, si on n'y réfléchit bien. Un monde sans loi est un monde où les plus forts, les plus violents (et c'est ce que redoute Sofia, le personnage de Marion Cotillard) dominent et décident. Or le film ne laisse pas de choix, le spectateur doit prendre fait et cause pour les Assassins. Sur le fond, le film manque donc un peu de travail. 

En définitive, Assassin's Creed le film est très fidèle à l'esprit de la saga des jeux. Le voyage proposé par le film n'est pas déplaisant mais les personnages auraient gagné à être un peu plus travaillés tout comme le fond de l'histoire. Un film de cinéma doit proposer plus qu'un jeu d'action sur le plan intellectuel, ce dernier offrant une forte expérience immersive qui ne peut être atteint au cinéma.



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dimanche 18 décembre 2016

Star Wars : Rogue One



Synopsis :

Dans une galaxie lointaine, très lointaine, Galen Erso et sa famille sont recherchés par l'Empire. Galen arrive in extremis à cacher sa fille avant l'arrivée des troupes impériales...


Commentaire :

Une vraie patte graphique [Spoilers]

Gareth Edwards prouve une nouvelle fois qu'il sait filmer le gigantisme. Rogue One est un vrai film de cinéma avec sa propre patte graphique. Les vaisseaux, les planètes, les soldats ont déjà été filmés par plusieurs réalisateurs. Toutefois, jamais les Stormtroopers, l'Etoile Noire ou les TB-TT (quadripodes) n'ont été filmés de cette façon. Avec ces plans larges en contre-plongée, Gareth Edwards sait donner du volume à ses objets de cinéma et remettre l'humain à son échelle dans la galaxie, dépassé par les monstres d'acier de l'Empire (il est à noter qu'il est intéressant que Gareth Edwards ait filmé d'autres montres avant de faire ce film). Jamais une Etoile de la mort n'avait été montrée depuis une autre planète avec un œil d'humain, ainsi Gareth Edwars ramène une dimension terrienne à l'oeuvre. Par ailleurs, certaines scènes ont une réelle mise en scène au delà du fonctionnelle comme l'arrivée de Vador dans le vaisseau rebelle précédée d'un obscurcissement rampant qui envahit le cadre, symbole du côté obscur. Les effets spéciaux sont réussis, notamment les visages, certains connus, preuve que la technologie est désormais capable de reproduire des humains sans que cela ne fasse étrange. Il y a également, comme il est de coutume avec un Star Wars, beaucoup de décors en dur en référence à la plus ancienne trilogie qui donne une véritable crédibilité à l'environnement. Concernant la musique de Michael Giacchino, elle est assez présente, marquante, du niveau de John Williams, avec quelques reprises de thèmes joliment réadaptés.

Une réappropriation respectueuse [Spoilers]

Là où le Réveil de la Force rendait un hommage à la première Trilogie sans rien apporter de nouveau, Rogue One réussit une réappropriation respectueuse. Tout d'abord, Rogue One accepte les deux trilogies et ne choisit pas de renier la prélogie, injustement décriée. Il en résulte un équilibre dans les ambiances, des environnements rappelant vaguement la trilogie mais inédits et des batailles aussi dynamiques que la prélogie. Rogue One fait parfaitement la jointure entre les deux trilogies tout en étant plus original que l'épisode VII qui lui avait quand même toute liberté en théorie puisqu'il n'avait à tenir compte que du passé. Les grandes étapes de la quête initiatique sont présentes, certains événements sont certes cousus de fil blanc mais le tout reste dynamique et rythmé. Les personnages ont de réelles motivations compréhensibles et leurs actions sont crédibles. Contrairement à Rey qui est embarquée dans une quête, forcée par les événements, Jyn, elle, cherche à sauver son père puis à honorer son esprit. Cette dernière est débrouillarde mais pas trop, n'a pas de pouvoir, doute, bref, est plus crédible, beaucoup plus humaine tandis que Rey est finalement un archétype, presque de machine.  

Les thèmes, pour la fin d'une vision manichéenne

Rogue One apporte aussi une nouvelle vision de l'univers. Il devient plus complexe. Certains protagonistes de l'Empire sont nuancés voire passe du côté du bien à l'instar du pilote mais surtout de Galen Erso. En effet, ce dernier est face à une situation où il n'y a pas de bonnes solutions et fait donc un choix stratégique, qui peut être critiquable. Certains rebelles sont extrêmes, dits "fanatiques" mais même le capitaine Cassian montre des signes d'embrigadement. Les rebelles plus généralement sont les auteurs de crimes, ce qui est inédit. La guerre est sale même du côté du bien. Le film se veut donc plus réaliste, moins dans l'idéal que dans l'application pratique, concrète, imparfaite des grands idéaux. La représentation de la confrontation entre les deux camps est intéressante car la première grande bataille rappelle les combats de l'armée américaine au Moyen-orient contre des terroristes locaux avec le style de guérilla des guerres asymétriques. L'autre nouveauté concerne la Force. Il s'agit de l'accentuation du côté mystique de la Force dans la lignée de la première trilogie mais à un point où elle atteint presque une dimension religieuse, ce qui pour le coup tranche avec la prélogie qui en donnait une vision très rationnelle. D'une certaine façon, c'est peut être un petit dévoiement de l'idée de la Force qui était l'incarnation d'une sagesse bouddhiste plus profonde et pertinente qu'une vision proche de la foi abrahamique comme il est question ici. Cette vision religieuse, de "l'arrière-monde" s'accorde avec la conception de la Rébellion qui fonctionne sur l'espoir (une illusion), donc moins sur le réalisme que le rêve de victoire. Une vision donc éloignée de celle de Yoda - Bouddha mais justifiée dans le sens où les Jedis sont absents ; subsiste seulement un ersatz de l'idée de ce qu'ils étaient.

En définitive, Rogue One réussit là où le Réveil de la Force avait échoué. Faire un film respectueux de l'univers Star Wars, tout en ayant sa propre personnalité et une excellente mise en scène.




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dimanche 11 décembre 2016

Premier Contact


Synopsis:

La linguiste Louis Blanks est sollicitée par le gouvernement américain pour venir déchiffrer le langage des extraterrestres, arrivés sur Terre subitement. La première question que l'humanité se pose, quelles sont leurs intentions ?


Commentaire:

Une réalisation aboutie

Denis Villeneuve et la direction photographique produisent un film à l'univers visuel proche des séries scandinaves, sombres et ternes, ce qui tranche avec les films flamboyants de science-fiction. Ce projet est alors tout à fait audacieux car bien qu'il s'agisse d'une grosse production, le film a une vocation intellectuelle; c'est un film qui pousse à la réflexion. La dimension action et aventure en est absente, dans l'optique où le fond doit prendre le pas sur la forme, minimaliste mais réfléchie. Cela se ressent dans une mise en scène qui n'est pas uniquement fonctionnelle mais signifiante, parfois déstabilisante pour montrer une situation pleine d'incertitude par cette rencontre "du troisième type". Le montage est également très bien pensé permettant des tours de passe-passe scénaristiques dont on se rend compte à la fin : les flashbacks sont ils réellement des flashbacks ? Tout cela est soutenu par la bande musicale de Jóhann Jóhannsson qui n'est pas une grande partition symphonique mais pareillement à la forme visuelle, une musique minimaliste très appropriée avec des chants peu communs qui mettent l'accent sur l'étrangeté, pour ne pas dire, sur l'altérité.

Réflexion sur le temps [spoilers]

Si le montage est si important dans ce film, c'est parce-qu'il retranscrit le scénario qui lui même retranscrit une vision du temps. En effet, les aliens n'ont pas une vision du temps linéaire ce qui concrètement se traduit dans le film par un coup de force scénaristique (d'ailleurs on ne sait pas si le Dr Blanks a véritablement des visions dès le début et pourquoi elle aurait cette capacité avant l'arrivée des extraterrestres ou s'il s'agit simplement du montage). Il n'est en revanche pas certain que cela fonctionne du point vue de la physique car en finir avec la linéarité du temps pose des problèmes de causalité et crée des paradoxes qu'on retrouve avec des films sur le voyage dans le temps, tels les paradoxes du grand-père ou de l'écrivain. Il y a alors la création de boucles temporelles, et la manière dont Louise Blanks obtient le numéro de téléphone du Général de l'armée populaire de Chine ou sa révélation sur le langage universel peut constituer un paradoxe. Simplement ici, les informations proviennent de l'avenir et non du passé (il n'y a pas de voyage dans le temps à proprement parler mais des échanges d'informations entre différentes séquences du temps). Cela pose plus profondément la question du déterminisme car chose étonnante, bien que le film propose une vision du temps non linéaire, il reste guidé par une logique causale. D'ailleurs, il n'est pas évident de savoir si le film propose une vision de l'avenir figé ou non ? En effet, connaissant son avenir, Louise Blanks semblent l'accepter comme quelque chose d'inévitable, on serait donc dans une forme de fatalisme. Mais en même temps, voila peut être un autre paradoxe du scénario, les aliens interviennent sur Terre pour modifier leur avenir (ils auront besoin de l'humanité). Donc les aliens voient-ils l'avenir inaliénable ou, ce qui pourrait advenir ? Et s'ils voient l'avenir inaliénable, quelle est l'utilité puisqu'ils ne peuvent le changer ? Mais s'ils peuvent le changer alors il n'est plus inaliénable (alors pourquoi Louise fait-elle ce choix ?). Quoiqu'il en soit, la flèche à sens unique du temps, même avec la relativité générale, semble être une règle universelle et si remettre en cause cette donnée permet de produire un scénario génial, il semble que cela classe ce film plus dans la science-fiction en général que dans la hard science-fiction (qui relèverait du genre de la science possible). 

Réflexion sur une civilisation extraterrestre très avancée [spoilers]

Tout d'abord, le fait que les extraterrestres aient un design si particulier, traduisant leur développement dans un milieu liquide est génial car cela témoigne d'un effort pour penser l'altérité. De même pour leur langage qui révèle une pensée non linéaire; le design est superbe, également très travaillé, très pensé. Leur "écriture" est constituée de symboles n'ayant ni commencement ni fin symbolisant une idée complexe, dans quelque chose s'approchant de l'idéogramme. Leur langage n'a aucun rapport avec leur langue parlée, c'est dire le son produit. Tout cela a été très soigné par l'équipe. 
Ce qui est le plus important lorsqu'un scénario fait venir des extraterrestres sur Terre est la raison de leur venue. En effet, une des réponses au paradoxe de Fermi (voir sur wikipédia pour en savoir plus sur le paradoxe) est le fait que des Aliens beaucoup plus évolués, d'une part ne s'intéresseraient pas à des créatures primitives mais surtout d'une autre part, n'interviendraient pas sur les autres mondes car une civilisation très ancienne et donc sage, pacifique et désintéressée (une civilisation violente périclite), ne s'autoriserait pas à déranger les autres petites civilisations. Par ailleurs, on sait aujourd'hui que des voyages galactiques demandent une technologie terriblement avancée et donc que si une civilisation nous rendait visite, elle serait probablement sage (car très ancienne). Ainsi, que le film présente une civilisation pacifique voire pacifiste est tout à fait pertinent. Mais quelle est la raison de leur venue alors ? Dans cette perspective, l’arrivée d'extraterrestres sur Terre ne peut que être due qu'à une nécessité immédiate qui implique leur survie. C'est le cas ici, ce qui est encore une fois très bien trouvée. Ce qui est plus surprenant est la raison précise de leur venue, donner leur langage, permettant une nouvelle compréhension du monde physique pour que l'humanité puisse sauver ces aliens dans 3000 ans. Or, qu'est-ce qu'une civilisation si avancée, maîtrisant la gravité voire le temps sous certain aspect, peut attendre de l'humanité ? 
Les aliens bien que sages font par ailleurs des choix étranges. Ils semblent connaître l'humanité parce-qu'ils la savent divisée mais pas assez pour connaître ses tendances belliqueuses. L'arrivée de douze vaisseaux, porteurs chacun d'une partie du savoir est une belle idée. Cette tactique aurait pu se défendre si le but avait été que l'humanité déchiffre rapidement le message ; cela aurait favoriser différents types d'approches. Alors pourquoi envoyer 3 vaisseaux dans des pays anglo-saxons (USA, UK, Australie) alors qu'ils possèdent la même langue, donc le même système de pensée (théorie d'autant plus défendue dans le film) ? Toutefois, il n'est pas dit que cela soit la raison de cette stratégie, l'objectif semble être de favoriser l'union des peuples. Par ailleurs, si les aliens connaissent les différents ensembles humains, quelle drôle d'idée d'envoyer un vaisseau au Soudan (rappel, la charia est en partie appliquée et peu d'intellectuels et de scientifiques)... Bref, leur approche semble un peu improvisée. En vérité, ce film est plus une réflexion sur l'humanité que sur ce à quoi pourrait ressembler les aliens, car en pensant l'altérité, on est obligé de penser le soi. Autrement dit, les aliens sont-ils l'alibi pour penser l'Homme ?

En définitive, Premier Contact est un superbe film de science-fiction autant dans la forme que dans le fond, dont l'objectif premier est d'amener à la réflexion. Un film de science-fiction de première classe!




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dimanche 27 novembre 2016

Les Animaux Fantastiques


Synopsis :

Norbert Dragonneau débarque à New-York dans les années 20 avec une valise remplie d'animaux magiques. Ces animaux sont néanmoins prohibés aux Etats-Unis depuis peu de temps et Norbert ne tarde pas à rencontrer des agents du gouvernement magique...


Commentaire :

Le retour réussi dans l'univers des sorciers

David Yates réussit son retour dans l'univers de Harry Potter. La mise en scène fonctionnelle fait parfaitement le travail au service de la narration. La saga a toujours été plus portée par son univers que par sa mise en scène, si ce n'est l'épisode d'Alfonzo Cuaron, mais David Yates a l'avantage de totalement se mettre au service du récit pour produire une histoire fluide avec quelques scènes impressionnantes. Ainsi, les scènes d'action sont très bien gérées et originales. Ce n'était pas chose aisée car on avait déjà vu pléthore d’éléments provenant de cet univers, mais on découvre encore beaucoup, à commencer par les animaux fantastiques. L'univers américain est également tout nouveau et superbement restitué, y compris au niveau de l'esprit de l'époque; ainsi la prohibition des animaux magiques est à mettre en parallèle de la prohibition de l'alcool. Globalement, le film reste conventionnel dans sa construction mais est assez rythmé pour tenir en haleine, cela bien soutenu par la très bonne bande musicale de James Newton Howard. Notons seulement que la conclusion après le climax traîne un petit peu mais l'ensemble est de très bonne facture. Le casting cinq étoiles est excellent, tous les personnages principaux ayant une personnalité assez complexe à faire valoir. Cinq ans après le dernier film, il est agréable de replonger dans l'univers.

Le lien entre les sagas habilement traité 

Si David Yates permet un retour cohérent dans l'univers, il faut également souligner la présence de J.K Rowling au scénario. Elle arrive parfaitement à établir les liens entre les deux sagas, en laissant des traces et indices, en faisant des références sans que les deux sagas ne soient dépendantes. Avoir vu Harry Potter avant est fortement conseillé pour comprendre des liens logiques et les clins d’œil mais non indispensable. Au scénario, J.K Rowling prouve ici qu'elle est aussi talentueuse qu'en tant que romancière. 

Plus engagé que Harry Potter 

La saga Harry Potter était plutôt concentrée sur ses personnages et leur développement psychologique. Il y avait un certain traitement de la tolérance autour de l'intrigue des sangs purs mais cette thématique unique se prolongeait sur sept livres (huit films) et l'histoire portait avant tout sur l'adolescence magique des trois héros. Les Animaux Fantastique est plus engagé. La voix des animaux est défendue en tant qu'êtres mystérieux, intriguants mais peu dangereux. Pourtant accusés de tous les maux, ce sont pourtant eux qui sont la source des solutions alors que l'humain est finalement l'unique source des problèmes. Il apparaît peu évident que les animaux soient la métaphore d'humains, par exemple des migrants, comme il a pu être dit. Si un second niveau de lecture est possible, le premier niveau semble ici assez pertinent sans qu'il soit besoin d'extrapoler. En effet, les animaux (fantastiques) ont le droit d'avoir un film pour leurs causes sans être prétextes à un autre sujet. Par ailleurs, le héros, curieux et complètement dévoué à ses animaux, sachant exploiter leurs qualités tout en les protégeant, peut parfaitement représenter le nouveau héros moderne, intellectuel et compassionnel, avant d'être un super héros surpuissant.  

En définitive, Les Animaux Fantastiques réouvre parfaitement l'univers des sorciers pour nous présenter, peut-être, un des meilleurs films de l'univers. David Yates et J.K. Rowling ont parfaitement réussi leur pari. 


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