Les sorties de la semaine

mardi 19 novembre 2013

La Stratégie Ender


Ender Wiggin est un jeune garçon d'une intelligence rare, surveillé par les institutions militaires. En effet, la Terre se remet d'une terrible attaque extraterrestre et ne doit son salut qu'au glorieux sacrifice du Colonel Mazer Rackham. Désormais, le colonel Graff est la recherche d'un enfant, qui sera capable par sa souplesse d'esprit et son sens tactico-stratégique, de déjouer la future invasion extraterrestre. Ender pourrait bien être l'enfant recherché...

Une chute inattendue donne sens à ce film de science-fiction, assez lisse d'un premier abord. Ressemblant en apparence à un blockbuster classique, qui plus est, mettant en scène des enfants, nous pouvions redouter un sentiment de déjà vu interstellaire avec un propos enfantin. Il n'en est rien car le personnage principal, Ender, est certes nécessairement innocent mais d'une maturité certaine et affirmée. Le spectateur prendra d'ailleurs un malin plaisir à s'identifier (point de vue interne) à ce garçon surdoué, déjouant tous les obstacles qui se dressent face à lui. Dans cette même logique, le spectateur devrait partager les surprises et interrogations d'Ender. C'est d'ailleurs avant tout l'histoire d'Ender et son développement psychologique qui est mis en avant, les batailles spatiales et simulations étant habilement distillées. Nous sommes donc loin de la surenchère d'effet spéciaux des blockbusters classiques. L'action n'est donc pas le coeur de ce film de science-fiction, celui-ci tournant autour de questions profondes qui se ne révèlent qu'à la fin. Sans spoiler, nous pourrions questionner le thème de la fin et des moyens, de la tromperie, du rapport aux jeux vidéos / simulation et à la réalité, nous  pourrions nous interroger sur le rapport à l'autre, ce dernier est-il forcément un antagoniste ? Peut-on tout faire au nom de la sécurité ? Très bien cachées, ces multiples interrogations modernes et/ou humanistes apparaissent en toute fin et donnent du relief à l'ensemble du film.
La mise est scène est soignée, non-audacieuse mais effectue parfaitement son travail. Les quelques moments de batailles / simulations sont très réussis. Le jeu d'acteur est très bon malgré le jeune âge d'un grand nombre d'acteurs. La musique accompagne parfaitement le récit.

18/20




vendredi 15 novembre 2013

Snowpiercer, le Transperceneige



Curtis fait parti des pauvres survivants ayant trouvé refuge à l'intérieur du train du génie Wilford. Après que la Terre soit rentrée dans une phase d'ère glaciaire, il s'agit du seul endroit où la vie est encore possible. Toutefois, ce train est loin d'être un paradis, Curtis et ses compagnons sont confinés à la queue du gigantesque train alors que les riches vivent dans de meilleurs conditions à l'avant. En plus des inégalités criantes, la gestion par les individus au pouvoir est totalitaire et répressive. Les laissés-pour-compte, menés par Curtis, comptent se rebeller contre cet ordre établi...

Une bande dessinée française est mise à l'honneur dans ce film américain du réalisateur coréen Bong Joon Ho. Néanmoins, difficile de savoir ce qu'il reste de français à l'arrivée, le réalisateur paraissant avoir beaucoup retravaillé la matière première. D'ailleurs, le produit fini, par le rendu de son image; sombre à forts contrastes, rappelle plutôt les films japonais ou coréens. L'image de nombreux plans est âpre et le film joue sur les ombres pour souligner l'atmosphère ou les ressentis des personnages. Le film met en valeur la dureté de la vie des protagonistes aux traits (faciès) très marqués par leur sort. La gestion des combats, avec de très forts effets visuels (ralentissements, exposition de la mêlé dans un temps imaginaire) et la violence (suggérée plutôt que montrée) de certaines scènes renvoient également à ce style asiatique dans la manière montrer crûment les mauvais penchants de l'humanité. Le message passe : les inégalités des sociétés sont déplorées, dans un train représentant le monde et les survivants l'humanité.
Le côté BD du film ressort lors de certains plans, notamment de combat et ceux montrant le monde extérieur (très graphique - numérique). Le tout entraine un amoindrissement du côté réaliste mais n'empêche pas l'immersion. Notons ainsi le réel effort de mise en scène et le travail de l'image. Concernant l'intrigue, il est dommage que les personnages secondaires ne soient pas plus développés, le film s'attardant avant tout sur Curtis. Quant à la musique, discrète (imposante seulement à la fin), elle participe pleinement à la mise en place de l'univers du film.

15/20



mercredi 6 novembre 2013

Thor : Le Monde des ténèbres


Le Dieu asgardien Thor parcourt les Neuf Royaumes afin de rétablir la paix troublée par Loki. De son côté, Jane Foster est toujours sur Terre et espère que Thor reviendra un jour. Son souhait se réalise enfin lorsque celle-ci rentre en contact avec une matière capable de détruire le monde: l'Ester, ce qui oblige Thor a venir à sa rencontre. Jane a en fait obtenu une matière que le terrible Malekith convoite et qu'il compte utiliser lors de la convergence, un phénomène astronomique se produisant tous les 5000 ans et pendant lequel les neuf Royaumes sont alignés...

Thor est de retour tout comme son presque aussi populaire frère, Loki. Ce dernier est d'ailleurs en train devenir un héros très apprécié des fans du fait de son ambiguité et de sa malice, ce qui tranche avec le héros parfait qu'est Thor. Le film est une réussite du point de vue visuel et on est presque gêné lorsque l'intrigue quitte le monde imaginaire d'Asgard pour arriver dans la (grise) tamise de Londres. Le film pourrait d'ailleurs être qualifié de dual du fait de l'opposition entre le merveilleux (monde imaginaire) et le réaliste (Terre), dualité retrouvée lorsque le registre épique s'enchevêtre dans le registre comique. Les transitions entre les mondes et registres sont parfois abruptes mais soulignent d'autant plus le côté comique. La contre-partie est de limiter la mise en place du climax du registre épique. Les péripéties, nombreuses (du fait du rôle de Loki préparant sa propre histoire), limitent surement, également le climax. Densité et intensité voila ce qui manque quelques peu à cette histoire. Côté musique, celle-ci remplit parfaitement son rôle et contribue au côté épique.

15/20 




dimanche 27 octobre 2013

Gravity



Les astronautes de l'ISS effectuent une sortie spatiale afin de réparer le satellite Hubble. Il s'agit de la dernière mission des astronautes avant leur retour sur Terre et la dernière mission de la carrière du commandant de mission Matt Kowalski. Alors que les astronautes sont sur le point de finir leurs travaux, ils sont avertis par Huston que des débris de satellites approchent dangereusement. Il reste quelques minutes au Docteur Ryan Stone pour terminer les réparations sur le satellite avant l'impacte...

Sans conteste, le chef-d'oeuvre de cette année 2013 et peut-être même des trois années précédentes. Alfonso Cuaron utilise toutes les prises de vues et déplacements de caméra possibles, permis par une diégèse prenant place en orbite de la Terre. La plan-séquence d'introduction est une réussite absolue et nous immerge dans l'univers développé par le film. Ce film réaliste, c'est à dire dont les évènements relèvent du domaine du possible, nous donne pourtant l'impression de plonger dans l'univers d'un film de science-fiction tant le sujet abordé est exotique pour l'homme, l'orbite terrestre étant pour l'instant un lieu réservé à de rares missions scientifiques. Sur le plan visuel,  il s'agit d'un des films les plus aboutis, si ce n'est le plus abouti aujourd'hui. Mené par deux très bons acteurs Sandra Bullock et George Clooney et soutenu par une musique efficace, ce film parachève son raffinement avec l'incursion récurrente de nombreux plans symboliques, renvoyant à l'humanité. Ce "space survival" ne nous raconte pas seulement l'histoire d'un personnage luttant pour survivre, il est avant tout l'histoire d'une renaissance.

20/20

mercredi 23 octobre 2013

Sur le Chemin de l'école


Quatre enfants issus des quatre coins du monde se battent tous les jours pour pouvoir aller à l'école. Le chemin est long et dangereux pour ces enfants issus de familles très modestes. Néanmoins, il s'agit de la seule chance et opportunité pour eux d'accéder un jour à une vie meilleure.

Est-ce un docufiction ou un documentaire ? Le choix semble manifestement ne pas avoir été fait (assumé ?). De ce fait, nous nous retrouvons face un documentaire débarrassé de son contenu explicatif ou alors face à un docufiction non dramatisé - sans histoire. En définitive, le film se borne à de la description. Un vrai documentaire avec une voix-off explicative aurait parfaitement pu traiter le sujet. Pour le cas présent, le doublage des voix des enfants en français rend le tout artificiel aussi bien du point de vue de la sonorité que des dialogues en eux-mêmes. De même, les rares péripéties des enfants perdent en intensité puisque celles-ci sont fictionnelles (faites pour le film) mais peu marquantes car présentées avec le cachet de la réalité. Si le spectateur acceptera une scène peu intense mais réelle, il acceptera moins une scène peu intense et purement fictionnelle. Si on fait du fictionnel, autant faire du marquant. Le message ne passera que mieux. Le film pèche également au niveau du rythme, les quatre enfant étant présentés très lentement. Le spectateur sachant pertinemment qu'il y a quatre "histoires", il ne peut commencer vraiment à se prendre au film que lorsque que les quatre personnages ont été présentés. En outre, le film ne présente pas les enfants dans un ordre de gradation par rapport à leur peine pour aller à l'école, du moins pour les trois premiers. Un choix étrange qui empêche une montée d'intensité.
Le film est heureusement sauvé par des paysages superbes et par une très bonne musique, avec un thème principal fort, malheureusement trop peu utilisé. 

12/20

vendredi 18 octobre 2013

Machete Kills



Machete travaille désormais pour le gouvernement américain. Néanmoins, certains agents et soldats américains semblent ne pas être tout blanc. Machete et sa coéquipière Satana sont alors envoyés en mission. Celle-ci s'avèrera plus compliquée que prévu et amènera Machete à prendre part à une aventure dont l'issue déterminera l'avenir des Etats-Unis...

Machete Kills fait suite au premier Machete, et souhaite s'inscrire dans la même veine. Ce film, pastiche des films de série B et films d'exploitation est bien évidemment à rattacher aux films Grindhouse de Tarantino et de Rodiguez (le réalisateurs des Machete). Si certains gags fonctionnent, le film pâtit de son scindement en deux parties (un nouveau Machete à venir), ceci laissant le spectateur sur sa faim, à la fin de ce deuxième opus. Par ailleurs, peut-être que le film disposait d'un budget trop conséquent pour produire un film de "bouts de ficelles". Certains effets sont volontairement grotesques, d'autres sont plutôt bien réalisés. Le soucis est d'avoir deux styles d'effets se côtoyant. L'ensemble reste un bon spectacle pour les amateurs du genre et les fans du premier film Machete.

14/20

mercredi 9 octobre 2013

Insidious 2



Josh Lambert semble différent après son voyage dans le monde des esprits (Insidious 1). Certes, son fils est sain et sauf, mais lui ne semble plus tout à fait le même. Renai, sa femme, et sa mère, Lorraine, observent d'étranges manifestations dans la maison. Il semble que la famille Lambert n'en est pas finie avec le monde des esprits...

James Wang est maître du genre, maître de l'horreur-épouvante. Fait intéressant, le réalisateur de Saw ne joue pas avec le gore, préférant provoquer la peur et l'angoisse par une mise en scène efficace. En effet, toutes les figures du film d'horreur y sont présentes : poupées, hôpital abandonné, vieille maison, ampoule grésillante, petite fille, dame blanche, esprit maléfique, grand-mère terrifiante. On regrettera l'utilisation des quelques jump-scare (bref insert d'une image d'épouvante) qui reste une facilité pour surprendre le spectateur. Néanmoins, tous les mouvements de caméra et prises de vue sont parfaitement pensés pour mettre le spectateur dans un sentiment d'angoisse. Le scénario est parfois complexe, mais le rendu final est réussi grâce à l'habile mise en scène. La bande sonore remplit parfaitement son rôle en soutenant le sentiment d'angoisse.

16/20