Les sorties de la semaine

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lundi 6 décembre 2021

Animal

 


Synopsis :

Le rapport des Hommes aux animaux n'a jamais été aussi violent de part l'ampleur de la domination de l'Homme sur son écosystème. Deux jeunes occidentaux engagés contre le changement global cherchent alors à comprendre comment l'Homme a pu en arriver là...


Commentaire : 

Cyril Dion à la recherche du point de vue de la nouvelle génération

Cyril Dion cherche à comprendre le point de vue d'une génération de jeunes militants, ainsi c'est les réactions de ses deux jeunes protagonistes Bella et Vipulan que Cyril Dion met au cœur de la mise en scène. Ils bénéficient régulièrement de gros plans pour que le spectateurs puissent comprendre leur état d'esprit lorsqu'un intervenant qui agit contre la cause la animal leur explique son parcours et son mode de fonctionnement. Leur jeune âge fait qu'il est assez facile de lire sur leur visage la peine (plutôt que la haine) et l'incompréhension face au monde. Toutefois, la mise en scène finit également par s'intéresser aux "participants" du système (éleveurs notamment) pour que le spectateur remarque également la peine sur leur visage, ces derniers étant pris au piège par les dettes et les contrats. Certains souffrent également de la mort de leurs animaux, notamment quand ils ont des pratiques d'élevage extensif. Les plans se focalisent judicieusement sur leurs réactions poignantes. La réalisation cherche à montrer ainsi l'absurdité du système dont même les participants sont perdants. La mise en scène de Cyril Dion ne cherche pas nécessairement à mettre le spectateur dans des conditions agréables et les réunions de ces jeunes militants avec des acteurs du système peut parfois créer un sentiment de malaise. Par ailleurs, les premiers plans du film visuellement très choquants, viennent directement déranger le spectateur. Heureusement, le film n'a que peu recours à cet artifice. Il est nécessaire de montrer des plans durs mais pas de les généraliser pour que l'émotion puisse laisser place à la réflexion. Cyril Dion arrive parfaitement à tenir cet équilibre. La dernière partie du film, pendant laquelle Bella et Vipulan rencontrent des acteurs engagés, est plus consensuelle et cherche à laisser le spectateur avec une lueur d'espoir. 

La 6ème extinction de masse

Un documentaire est nécessairement thématique et ici c'est la 6ème extinction de masse qui est le cœur du sujet, un des aspects et une des conséquences du changement global. Le film aborde le sujet sous différents angles. Les jeunes militants abordent la question sous l'angle éthique en démontrant que l'humain n'a pas plus le droit à la vie que n'importe quel animal. Il est agréablement surprenant que ça soit les représentants de la jeune génération qui abordent la question sous l'angle philosophique. Le reste des intervenants adultes cherchent à montrer que la 6ème extinction est une question scientifique et ainsi que les humains ne peuvent vivre sans biodiversité. C'est évidemment vrai mais les raisons de l'action et de la lutte seraient ici égoïstes, pour notre propre intérêt, et non pour l'éthique et les idéaux comme le prône les jeunes militants. C'est ainsi la jeune génération qui a les raisons les plus nobles de lutter. Toutefois le film a la qualité de montrer que la 6ème extinction de masse est une catastrophe, peu importe la manière dont on aborde la question.


En définitive, Animal est un film documentaire prenant et d'utilité publique. Il pourra offrir aux militants un nouvel angle de réflexion tout comme informer les novices sur la question de la 6ème extinction de masse.  



 

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vendredi 27 mars 2015

Citizenfour


Synopsis:

En juin 2013, les activités secrètes et illégales de la National Security Agency (NSA) sont dévoilées au monde. L'auteur des révélations est un ancien administrateur de la NSA Edward Snowden, qui avant sa fuite, a récupéré de nombreux dossiers embarrassants pour les Etats-Unis. Ce documentaire revient sur cette affaire d'envergure mondiale... 

Commentaire : 

La surveillance massive 

Ce documentaire est avant tout à prendre pour son côté utilitaire, c'est à dire son fond. Deux heures est une durée assez longue pour un documentaire et Citizenfour n'est pas très rythmé. Cela est dû a son montage qui essaye d'une certaine manière de recréer l'ambiance des films d'espionnage. En même temps, lorsque Edward Snowden intervient, il n'est pas toujours aisé d'assimiler toutes les informations techniques. Le message général est néanmoins très clair et assimilable : la NSA surveille des millions de personnes à travers le monde dans l'opacité la plus totale et sans autorisation ou contrôle démocratique. Le documentaire insiste particulièrement sur l'échelle inédite de cette surveillance. Chaque individu connecté pouvant être concerné, l'intention d'information du documentaire est plus que louable. La dimension politique du sujet lui a logiquement garanti l'Oscar du meilleur documentaire en 2015. 

Juste mais objectif ?

Même si l'intention du documentaire est juste, il ne faut jamais perdre de vue qu'un documentaire est également une construction et qu'un point de vue préside nécessairement à son élaboration. Edward Snowden est dépeint comme un héros des temps modernes, mettant sa vie en danger dans l'intérêt de tous les internautes. Le film ne présente guère son personnage principal ou plutôt le laisse se présenter lui même. Même si Edward Snowden semble être un homme de principes et honorable, cela ne préserve pas d'un regard critique. Il n'aurait pas été inintéressant de faire une petite biographie du lanceur d'alerte et de qualifier sa philosophie (le libertarianisme semble t-il).  

Repositionner le débat


Repositionner le débat me semble intéressant ici. En effet, il est certain que l'activité de la NSA, puisque qu'elle est opaque et illégale, est condamnable. Invoquer le droit suffit pour conclure l'affaire. Néanmoins, il existe une question de fond : si l'activité de la NSA était légale, transparente et ne concernait que les citoyens américains, serait - elle alors juste ? Autrement dit, peut-on consciemment accepter de renoncer à une sphère purement privée au nom de la sécurité ? On serait tenter de dire que la réponse est simple et évidente. Elle l'est en effet pour les anglo-saxons et leur modèle politique libéral : la liberté ne peut s'exercer sans sphère privée et l'Etat doit être le moins envahissant possible. C'est encore plus évident pour Edward Snowden en tant que libertarien, qui a d'ailleurs soutenu le républicain Ron Paul partisan du libertarianisme en 2012. Toutefois, nous pouvons souligner que l'un des penseurs du républicanisme français, Rousseau affirmait que le contrat social engendrait de facto la suppression de la sphère privée. Vie privée et liberté ne sont pas synonymes comme le laisse parfois penser le film, bien que les notions soient liées. Impossible de trancher ici mais pour information, le paradigme actuel prône un modèle mixte penchant vers le libéralisme (politique). En outre, puisqu'il est question d'internet, il est nécessaire de se demander si une liberté totale sur le net garantie par l'anonymat est souhaitable comme le pense Snowden. En vérité, Platon répond déjà dans un sens à la question avec le mythe de l'Anneau de Gygès. Si l'homme ne peut être tenu responsable de ses actes, il fera le mal. Voici en partie une explication des dérapages de langage sur internet. Bref, il n'est pas question ici de donner une réponse définitive mais de montrer que les questions sont beaucoup plus complexes qu'elles ne paraissent à l'écran.

En définitive, ce documentaire a un rôle fondamental d'information. Son rôle premier traitant des activités de la NSA est parfaitement rempli. Néanmoins, les questions relatives à la philosophie politique sont tout au plus effleurées. 




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samedi 12 mars 2011

L'Assaut



1994, prise d'otage à Alger dans vol AF 8969 en partance pour la France par des membres terroristes du GIA. Ils exigent la libération de deux islamistes détenus prisonniers par le gouvernement algérien. Toutefois, leur but final est bien plus obscur. Face à ces terroristes déterminés, le GIGN se prépare à l'assaut...

Sur un fait historique, le film oscille entre cinéma et documentaire, notamment du fait de la manière dont l'histoire est filmée. Une réelle tension s'installe dès les premières minutes lorsque nous nous rappelons que cette fois, ce n'est pas que du cinéma.
Dommage que les personnages ne soient pas encore un peu plus travaillés notamment le héros. Le final est très prenant.

15/20