Les sorties de la semaine

samedi 5 juillet 2025

Jurassic World : Renaissance

 


Synopsis :

La tendance des dinosaures est passée. Pourtant, ils cachent en eux encore bien des secrets. Une entreprise pharmaceutique est d'ailleurs intéressée par les performances cardiaques des plus gros dinosaures qui pourraient être la clef pour soigner les maladies cardiaques de personnes âgées. Une mission est alors montée pour récupérer des échantillons génétiques...


Commentaire :

Gareth Edwards toujours lié au gigantisme 

Gareth Edwards est arrivé tardivement sur la production (l'écriture est à chercher du côté de David Koepp) mais sa patte est tout de même visible. En effet, Gareth Edwards est le spécialiste du jeu d'échelle pour donner une impression de grandeur (Monsters, Godzilla, Rogue One, The Creator). Le pari est une nouvelle fois réussi avec la saga Jurassic Park/World. Certes, l'équipe d'aventuriers a affaire aux plus grands dinosaures ayant jamais existé, mais la mise en scène, en jouant sur de légères contre-plongées ou en laissant hors cadre une partie de l'animal par exemple, arrive à rendre l'humain insignifiant dans le monde des dinosaures. C'est d'ailleurs le message de la saga. Certaines scènes d'action marquent à l'instar de celle avec le mosasaure par sa maîtrise et son dynamisme (même si Scarlett Johansson met du temps à tirer...). D'autres scènes, simplement de contemplation, comme celle des titanosaures impressionnent également, tout en faisant référence au premier film de 1993. Jeu avec le brouillard, la lumière ou les reflets ; plusieurs petites intentions de mise en scène émaillent l'ensemble de l'œuvre et en font un blockbuster de bonne facture. Les dinosaures eux-mêmes sont d'ailleurs superbement réalisés, avec parfois le recours aux animatroniques. Certains évoluent un peu par rapport aux films précédents pour se conformer aux recherches scientifiques mais les duvets (sans aller jusqu'aux plumes) sont absents. Sûrement ne fallait-il pas trop s'éloigner de l'imaginaire des films. En revanche, quelques éléments scientifiques sur les climats et l'adaptation des dinosaures viennent s'ajouter pour donner du corps au genre de la science-fiction. Au-delà de la mise en scène, l'intérêt de ce film par rapport aux autres films de la saga est peut-être le temps consacré aux personnages dans la première partie. Certaines scènes de dialogues prennent le temps de poser les personnages avant une fuite en avant inarrêtable en seconde partie. A la musique, Alexandre Desplat reprend habilement quelques thèmes iconiques de John Williams tout en délivrant un accompagnement honorable et original tout au long du film. Il n'y a malheureusement pas de nouveau thème marquant mais la bande musicale orchestrale avec ses chœurs reste de grande qualité et apporte beaucoup à l'atmosphère du film.  

Des thématiques classiques légèrement renouvelées [spoilers]

L'histoire qui est ici le fait de David Koepp, scénariste du premier Jurassic Park, reste fidèle en grande partie aux thématiques de la saga. Le message général est inchangé et reste essentiellement une critique de l'hubris humain dont les technosciences, symptômes du capitalisme, sont le premier avatar. Sans surprise, ceux étant des symboles assez caricaturaux du capitalisme et du militarisme, deux personnages bien évidemment sans morale (mâles cis et blancs au passage), sont éliminés par les dinosaures. Toute l'ironie de l'histoire est que les dinosaures sont à la fois le produit puis les victimes du système capitaliste. Toutefois ces proies sont cette fois trop grosses pour le système. Là-dessus, David Koepp respecte la saga mais n'apporte rien de nouveau. L'idée de l'insignifiance de l'humain, développée par un dialogue et appuyée par la mise en scène de Gareth Edwards s'inscrit dans ce message. La question de l'avantage évolutif que serait l'intelligence va également avec cette thématique bien qu'elle soit cette fois-ci peut-être plus verbalisée. Il s'agit d'un avantage qui rend l'humanité dominante mais qui est également sur le point de causer sa perte de manière prématurée. Est-ce alors réellement un avantage pour perdurer ?

Deux éléments à la marge de cette thématique sont toutefois originaux dans la saga. Premièrement, la science ici n'est pas totalement négative car sortie des griffes du marché et laissée en "open source", elle peut être moteur de progrès pour l'humanité. C'est en effet ce qu'affirme le film puisque les protagonistes vont au bout de leur mission. La science est donc ici vue comme neutre et sa finalité dépend de l'éthique des Hommes qui l'utilisent. Le second élément original dans le film est l'idée de "trend" ou de mode évoquée dans le film. La mode des dinosaures est en effet passée dans le film à l'image de l'indifférence pour le brachiosaure agonisant dans New York (le sauropode est d'ailleurs tagué, ce qui souligne même un manque profond de respect). Comme les paléologues qui vivaient de cet engouement, les dinosaures sont swappés et envoyés aux oubliettes de l'histoire. Pourtant il s'agit là d'êtres vivants. 

Et le climax rédempteur ?

Autant au niveau de la mise en scène que de la thématique, il manque peut-être pour ce film le clou du spectacle. En effet, on est presque à attendre que le T-Rex se manifeste plus. Il est le symbole de la nature, cruelle et vengeresse mais nécessaire et indomptable. Le T-Rex est le Deus Ex Machina qui amène le retour à l'équilibre. A l'image d'autres abominations transgéniques des épisodes précédents, le T-Rex était donc censé éliminer l'horrible D-Rex qui semble lui aussi sous-exploité et manquer alors de puissance symbolique. 


En définitive, ce nouvel épisode Jurassic World Rebirth est globalement une réussite par la mise en scène de Gareth Edwards et les thématiques évoquées. Seul regret, le D-Rex et ce qu'il représente est sous-exploité, cela impactant le climax. 


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