Synopsis :
Commentaire :
Une réalisation onirique
Mailys Vallade et Liane-Cho Han proposent un magnifique film à hauteur d'enfant qui oscille entre réalisme et vision onirique. Le film d'animation laisse une grande liberté d'action, et cela est pleinement exploitée à l'écran. Le visuel est ainsi toujours riche dans le plan et fluide par les transitions proposées. Le style laisse apparaître une influence de l'animation japonaise, ce qui a tout son sens pour l'histoire narrée. Par ailleurs, le fait de raconter l'histoire à travers le regard et les souvenirs d'Amélie permet de passer outre le réalisme et de laisser cours à la création. Les couleurs chaudes et vives donnent de la vie à un environnement découvert par une petite fille. Des métaphores visuelles sont présentes dans le film, cela donnant à l'œuvre une vraie originalité et souligne son aspect créatif. A la musique, la compositrice Mari Fukuhara réalise un magnifique travail avec des thèmes forts et prenants, qui font bien plus qu'accompagner le visuel. L'ensemble est un tour de force technique et créatif.
Les thématiques : la subjectivité d'un enfant
S'il est question de métaphysique ici, il s'agit de la métaphysique à hauteur d'enfant. D'ailleurs, peut-être faudrait-il parler ici de cosmogonie car pour une petite fille de 2 ans et demi, il est impossible de penser le début de toute chose avant sa propre naissance. Elle ne peut qu’envisager l’univers à partir de sa propre expérience, se plaçant, sans le vouloir, au centre de tout. A ce titre, elle est effectivement Dieu comme il est fait mention dans le film. Loin d'être une vision égocentrée, il s'agit tout simplement du seul point de vue possible. Et parce qu'il s'agit du point de vue d'un enfant, l'histoire est intéressante car le monde est dévoilé à travers un filtre déformant. Amélie, tout petit enfant, ne peut être qu'attachante, encore plus dans son rapport aux autres, notamment dans sa relation avec sa grand-mère et encore plus avec Nishio-san. Cette relation est le centre du récit et la plus touchante car Nishio-san devient en quelque sorte la nounou d'Amélie.
Le film est dédié à cette lointaine nounou et vise à faire perdurer ce souvenir. En effet, les souvenirs sont ce qui donne un sens à notre vie encore plus lorsqu'on parvient à s'en fabriquer de beaux. C'est en tout cas la leçon du film. Cette rencontre avec Nishio-san est un tournant fondateur pour Amélie. Le spectateur comprend aussi qu'il est question de la rencontre de deux cultures aux passés douloureux mais cela, la petite Amélie ne peut le comprendre. Elle peut toutefois demander "pourquoi" sans pour autant saisir le fond de la réponse des adultes. C'est donc bien aux adultes de se mettre à la hauteur d'Amélie pour pouvoir l'accompagner dans son développement. Le propos n'est en ce sens pas complexe mais d'une rare justesse et incroyablement touchant.
En définitive, Amélie et la métaphysique des tubes est un film d'animation visuellement très riche et inventif. Le monde à travers les yeux d'un enfant offre plein d'opportunités créatives. L'histoire est quant à elle particulièrement touchante.
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