Les sorties de la semaine

samedi 21 septembre 2019

Ad Astra


Synopsis :

Roy McBride est missionné par le gouvernement américain pour un voyage vers Neptune. Sa mission : rentrer en contact avec le projet Lima, mission de recherche de vie extraterrestre qui n'a plus donnée signe de vie depuis 19 ans. Son pére était le commandant de la mission...



Commentaire :

Une mise en scène soignée et contemplative

La réalisation est le point fort de ce long-métrage de James Gray. Premier point à souligner, le rendu visuel du film est très réaliste, et pour cause, des spécialistes de la question ont été consultés pour ce qui concerne la physique et surtout la technologie et les conditions de voyage. Par ailleurs, les effets spéciaux sont limités au possible avec l'utilisation de décors réels lorsque cela est possible. Cette rigueur dans la réalisation apporte un supplément de profondeur à l'histoire et facilite la rentrée dans la narration. Le seul bémol est la scène sur la base lunaire où la gravité ne semble pas vraiment avoir été modifiée. Second point à relever qui explique surement le succès auprès de la critique : le rythme de montage. En effet, ce film à gros budget possède un rythme assez lent, parfois presque dans un style contemplatif, notamment pour les paysages extraterrestres. Ce choix a la qualité de trancher avec le cinéma américain hollywoodien à montage rapide. La bande musicale, à rythme assez lent, contribue à maintenir cette ambiance atmosphérique

Et pourtant de l'action questionnable [Spoilers]

Le genre de la science-fiction se prête autant à la reflexion qu'au divertissement et le choix a été fait ici de jouer sur les deux tableaux. Pourtant, le choix du divertissement se heurte ici au réalisme recherché. En effet, les différentes péripéties, crédibles individuellement et parfois sensées, sont peu probables dans leur accumulation. Ainsi le fait que Roy soit la cible de pirates de l'espace et surtout de singes de laboratoire, peut rappeler le spectacteur à la réalité de la fiction. Plus généralement, le nombre de fois où Roy est en difficulté dans l'histoire, malgré l'alibi régulière de la surtension est une limite au réalisme parfait de l'image. Par ailleurs, après tant de rebondissements, pourquoi le voyage de Roy était-il si important étant donné le résultat final ? Il ramnène certes les données de son père mais c'est bien pour sauver son père qu'il entreprend cette mission. Aucun commentaire n'est fait sur les résultats de la mission Lima. Pourquoi est-il tant touché par son père qui l'a abandonné, lui qui n'a pas de sentiment pour sa compagne ? Si Brad Pitt fait forte impression dans le rôle, le personnage lui même est assez flou dans ses intensions et sa psychologie.

Des questions bien terre à terre [Spoilers]

Par ailleurs, le côté réflexion est étrangement assez pauvre pour le genre de la Science-fiction. Une idée est clairement assumée : les humains sont seuls dans l'univers. Il est toujours plaisant qu'un réalisateur développe un point de vue. Toutefois, c'est une donnée apportée telle quelle et sans recul, qui affecte seulement l'auteur de la découverte et personne d'autre, ni même le spectateur, car aucune autre réaction nous est montrée. Il est certes intéressant de dénoncer la folie des convictions comme c'est le cas avec l'auteur de la découverte mais il s'agissait du seul personnage ayant des intérêts autres, concernant l'univers. Il est alors un peu dommage que le fou soit celui qui ait des questionnements qui dépassent notre condition terrestre. Néanmoins, c'est assez logique pour James Gray ; pour ce dernier, l'Homme ne peut quitter ses logiques terrestres. Ainsi, bien que peu probable en raison des coûts, il y a des combats lunaires comme il se trouve des combats sur Terre pour des territoires contestés. De même, le privé a pris pied dans l'espace et la base lunaire ressemble à un aéroport rempli de boutiques comme sur Terre. Dans la même logique, les vols spatiaux proposent des suppléments comme un vol de Ryanair. Plus encore, les Hommes n'ont guerre modifié leur philosophie profonde. Est-ce un hasard si les personnages s'en réfèrent souvent à Dieu ? Ou est-ce à montrer que même face à des questionnements plus grands l'Homme n'arrive guère à remettre en question ces dogmes ? Vision intéressante et pertinente mais seulement donnée et non prêtée à la réflexion. Bref, c'est un point de vue assez pessimiste sur l'Homme, enfermé dans ses turpitudes et dans la conclusion nihiliste du paradoxe de Fermi. 


En définitive, la mise en scène quasi-contemplative et les technologies montrées sont le principal argument du film. La réflexion typique du genre de SF est assez pauvre pour la simple raison que pour James Gray, l'Homme ne peut dépasser sa condition terrestre. Osé mais frustrant.





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samedi 24 août 2019

Once upon a time... in Hollywood


Synopsis :

En 1969, l'acteur Rick Dalton et son cascadeur Cliff Booth vivent une journée presque comme les autres... à Hollywood. 


Commentaire : 

Le cinéphile Tarantino 

Par une mise en scène moins fractionnée, des insertions de gros plans, des changements de format d'image, des cadres dans le cadre et le grain de l'image des années 60, la réalisation de Tarantino apporte une bouffée d'air frais dans le cinéma américain de gros ou moyen budget. La mise en place de l'intrigue est assez longue, d'autant plus si on ne connaît pas le contexte de l'époque et l'évènement qui a marqué les protagonistes (secondaires à l'histoire). Toutefois, la mise en scène s'inspirant des films d'horreur (visite du ranch de George) et la musique arrivent à mettre en place des moments forts en tension, alors même qu'il est connu que les histoires de Tarantino peuvent dérailler à tout moment. Le final, haut en couleur arrive nécessairement bien que le doute fut permis à un moment.

Les thèmes : une description plus qu'un message 


Le film n'est pas thématiquement très marqué bien que le rôle de Rick emmène une réflexion sur la vie d'acteur et la peur d'être dépassé, presque à la Sunset Boulevard. Ce film de cinéphile est surtout riche en interfilmicité et en références... qui laisseront sur le côté beaucoup de non-américains ainsi que les personnes d'une génération différente de celle de Tarantino. Le contexte (avec Charly Manson) demande lui même une certaine connaissance au-delà même des références cinématographies et télévisuelles. Ce côté élitiste est nécessairement excluant dans une certaine mesure, ce qui n'empêche pas d'apprécier la description d'une époque.  Le background du cinéma proposé des années 60-70 (acteur et cascadeur, voire l'acteur et son cascadeur comme cela était le cas à l'époque) donne un côté méta assez plaisant pour qui s'intéresse au cinéma.


En définitive, les deux éléments signatures de Tarantino sont présents, à savoir une connaissance fine de l'histoire du cinéma et un dénouement toujours mouvementé. Le film nécessite toutefois quelques connaissances sur le cinéma et l'époque dépeinte.




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jeudi 8 août 2019

Fast & Furious : Hobbs and Shaw


Synopsis :

Un virus mortel menaçant l'ensemble de l'humanité a disparu dans la nature. Hobbs et Shaw sont appelés à la rescousse pour sauver le monde...


Commentaire :

Une mise en scène de l'action 

David Leitch choisit une mise scène publicitaire, très léchée et soignée pour mettre en scène son film. C'est ainsi banalement beau d'un point de vue visuel. Le seul ajout notable est un travail spécifique sur Dwayne Johnson qui bénificie de contre-plongées et de ralentis. Les scènes d'action sont bien chorégraphiées notamment les scènes de combat de Jason Statham. L'ensemble a la qualité d'être fluide et d'être cuté de façon raisonnable. A la musique Tyler Bates fait ce qu'il faut sans que sa musique ne soit jamais véritablement notable, noyée par une image marquante. Le film est donc techniquement abouti, le budget aidant. Toutefois rien d'original. 

Un Fast & Furious ?

Ce spin-off ressemble d'abord à un film avec Dwayne Johnson, qui devient une parodie de lui-même. Le film est drôle en ce sens mais tout effet de sérieux est impossible avec ce personnage à l'écran. Ce n'est pas véritablement un problème puisque cela est attendu par le public mais pour ceux allant voir un Fast & Furious façon old school, la déception est possible.

Les thématiques : l'homme et la technologie

Ce Fast & Furious essaye de proposer une thématique sur le transhumanisme. L'opposition Humain - Machine est  en revanche très simpliste et peu travaillée. L'opposition argumentaire du personnage d'Edris Elba est bien trop faible pour en faire un personnage crédible. Le film propose ainsi une morale "humaniste" très consensuelle et peu appronfondie. L'inverse aurait été agréablement surprenant. De toute façon , le spectateur va d'abord voir ce film pour admirer Dwayne Johnson et Jason Statham mettre des raclées à leurs adversaires.


En définitive, Fast & Furious : Hobbs and Shaw est avant tout un film d'action avec Dwayne Johnson et Jason Statham. Le Fast & Furious est accessoire dans le titre.


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samedi 20 juillet 2019

Le Roi Lion


Synopsis :

Mustafa vient d'avoir un fils, destiné un jour à devenir Roi. Toutefois, Scar le frère du Roi compte bien un jour monter sur le trône... 


Commentaire :

Une réalisation impressionnante 

Jon Favreau réitère sa performance bluffante du Livre de la Jungle à la différence ici qu'il n'y a véritablement aucun acteur. C'est donc un film d'animation et non un film live action. Il faut saluer bien évidemment les graphismes et les effets visuels tout bonnement incroyables avec un effet réaliste extrêmement poussé. En outre, les mouvements et les postures des animaux sont bien documentés. Au-delà de la performance visuelle, la mise en scène de Favreau est particulièrement soignée, certes purement narrative mais en variant tous les choix d'angles et de valeurs de plan possibles, à chaque fois pour accentuer l'histoire racontée. Les plans en contre-plongée sur Mufasa sont, à ce titre, sublimes de majesté. Le parti-pris du réalisme limite néanmoins la poésie et le côté cartonesque du film original, mais il était plus pertinent de ne pas faire une copie conforme, au moins au niveau graphique du film de 1994. Le réalisme est donc moins expressif. Autre conséquence de ce choix, l'aspect comédie musicale est moins abouti, le réalisme et la comédie musicale faisant moins bon ménage. Impossible par exemple de reproduire la scénographie de "Soyez prêtes" du film de 1994 dans ce nouveau contexte. Toutefois, retrouver les scénes muscales à l'identique n'auraient pas été intéressant, hormis si la volonté était de flater les fans du premier film. Les compromis choisis ici, à l'image de la révélation incomplète de Scar à la fin (la révélation de 1994 paraissait trop enfantine pour le nouveau parti-pri), sont ainsi habilement trouvés. 

Les voix françaises en question

Si les chansons françaises Disney ont toujours été de qualité, les interprètes français sont ici en question. Jean Reno reste magistral, ainsi que les doubleurs traditionnels. Toutefois une tête d'affiche comme Rayane Bensetti ne réussit qu'à moitié le job. Certes, c'est loin d'être une catastrophe mais l'excellence est la marque des doublages français Disney. Un vrai chanteur, un vrai doubleur, voilà qui aurait été plus approprié pour Symba.

Les thèmes : pas de changement 

L'histoire est la même et les thèmes sont les mêmes. Il y a donc, contrairement au Livre de la jungle, un manque d'originalité. Difficile toutefois de reprocher cela au film tant le film de 1994 semble devenu sacré. C'est pour cela que le choix graphique original est un très bon point. Toutefois, il n'y a pas grand chose à redire au niveau des thèmes sur cette adaptation de Shakespear. On pourrait toutefois s'amuser du fait que Disney, champion de la bien-pensance, défende ici la monarchie et la légitimité par le sang. Il s'agit certes d'une pièce d'époque mais n'est-ce pas Disney qui voulait "moderniser" les contes ? Garder l'essence des histoires est semble t-il en vérité une bonne chose mais c'est la contradiction de Disney dans ses propos qui est intéressante. Au-delà de ce point, il est défendu l'idée d'un roi sage, gardien des équilibres, un Roi qui règlemente et qui a plus d'obligations que de privilèges. Il combat ainsi le droit du plus fort. La définition du despote éclairée est plutôt juste, il est regretable alors que sa légitimité repose ici sur le sang plutôt que sur sa sagesse en premier lieu. Par ailleurs, Mufasa est dit légitime car aussi plus fort que Scar... Et on ne parlera pas de la polygamie du Roi! 

En définitive, Le Roi Lion 2019 est un tour de force au niveau des effets visuels. Pour le reste, le film est fidèle et la nostalgie joue à plein. En contre-partie le film est peu original. A voir en Vostfr. 


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lundi 8 juillet 2019

Spider-man : Far from home


Synopsis :

Après la disparition de Tony Stark, Peter Parker souhaite laisser de côté sa vie de super-héros et consacrer du temps à Michelle Jones (MJ), camarade de classe dont il est amoureux. Un voyage scolaire en Europe est alors l'occasion pour Peter de déclarer sa flamme...


Commentaire :

Une réalisation propre

Jon Watts a une nouvelle fois eu la charge de réaliser Spider-man pour un résultat satisfaisant, notamment au niveau technique. La film a une fluidité indéniable, ce qui est un indice de qualité pour un film narratif. L'environnement pour ce film de voyage en Europe (qui est presque un genre en soi) est parfaitement mis en valeur. La réalisation se concentre bien entendu sur les géosymboles (Tour Eiffel, London Bridge, Pont de Venise, Opéra de Prague), ce qui est normal pour un film s'adressant à un public mondial. Les scènes d'action sont convaincantes, notamment celles qui sont le fruit d'illusion (le pouvoir de Mysterio). Ce sont ces scènes qui apportent réellement une plue-value au film, le reste étant avant tout fonctionnelle et académique. A la musique, se trouve l'excellent Michael Giacchino qui ne se met pas particulièrement en valeur ici mais qui intègre parfaitement d'anciens thèmes du Marvel cinematic univers (MCU), apportant une cohérence d'ensemble à l'univers.  

Une histoire parmi d'autres

Du fait des performances de Tom Holland et de Zendaya, l'histoire entre Peter Parker et MJ marche parfaitement, ce qui est une des explications de la réussite du film. Le côté comédie romantique marche donc complètement, ce qui en fait un des Marvel qui fonctionnent le mieux au niveau de l'humour. L'histoire avec Mysterio fonctionne également, bien qu'elle paraisse dérisoire par rapport à ce qu'il s'est passé dans le MCU auparavant. A ce titre, ce Spider-man n'est qu'un autre film anecdotique dans la saga et ne fait en rien avancer l'histoire du MCU. Il sera alors oublié comme la majorité des Marvel bien que ce film ci ait incontestablement des qualités.

Un antagoniste méta 

Si Mysterio n'est pas particulièrement charismatique, il a la qualité d'être singulier. Il est presque un personnage méta, l'équivalent d'un réalisateur travaillant sur ses illusions, le cinéma étant avant tout une illusion. La tenue qu'il porte pendant ses illusions est similaire à celle que des acteurs pourraient porter lors d'un tournage de film sur le plateau. Il est possible de se demander si Watts ne s'est pas vu à un moment dans la peau de Mysterio puisque le réalisateur a dû aussi produire les illusions, tel son personnage. 

Les thématiques : entre vérité et responsabilité 

L'illusion débouche sur une des thématiques du film : la vérité. Dans une époque qualifiée de "post-vérité", la question de la véracité des faits semble parfaitement à propos. Mysterio le dit clairement, les Hommes ont besoin de croire. Il faut donc leur donner ce qu'ils souhaitent entendre. C'est donc la croyance ou l'avis qui prime sur la vérité; autrement dit, la facilité sur la complexité. En ce sens, Mysterio peut être l'incarnation du mal de notre époque.
L'autre thématique encore plus centrale est la question phare du super-héros en général et notamment de Spider-man. De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités et Peter Parker doit choisir entre sa vie d'écolier et celle de super-héros. Il doit donc choisir de faire le bien plutôt que de vivre sa vie d'adolescent. Le questionnement pour Peter Parker est toujours le même depuis qu'il est arrivé au cinéma, mais la question est toujours aussi pertinente. 


En définitive, Spider-man : Far From Home est un bon film de super-héros, à l'humour bien dosé et aux effets spéciaux soignés. Par ailleurs, le film a la qualité d'avoir des thématiques bien travaillées comme la post-vérité et la responsabilité. Toutefois, l'histoire du film dans le MCU reste anecdotique.



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mardi 11 juin 2019

Godzilla II Roi des Monstres


Synopsis :

Depuis 2014, le monde a pris connaissance des Titans. La question est alors de savoir si les Hommes doivent vivre avec ces monstres ou les exterminer. Ont-ils seulement le choix ?


Commentaire :

Les monstres à l'honneur 

Michael Dougherty prend la suite de Gareth Edwards sans que la mise en scène n'en souffre particulièrement. Les choix de réalisation sont toutefois différents. Si Edwards préférait les plans en contre-plongé pour fournir le point de vue de l'humain, Dougherty choisit la plongée et les plans très larges pour laisser place aux monstres. Résultats, ces derniers sont beaucoup plus à l'écran que dans le précédent film. Le choix est plutôt satisfaisant car ce sont bien les monstres les stars de ce film, et non les humains qui subissent l'ensemble des péripéties. Il s'agit donc d'un grand film de monstres dont l'intérêt est avant tout l'action. Le scénario est presque accessoire, ce qui est acceptable pour le genre du film catastrophe. Notons toutefois que si l'histoire est en elle-même tout à fait banale, l'effort pour travailler l'arrière-plan de l'univers (les mythes autour des Titans, les différents lieux) donne toute la sève à cette production. La bande musicale est assurée par le peu connu Bear McCreary qui réalise un travail abouti avec des sonorités tribales et des chants guerriers pour rappeler l'origine presque divine des monstres. La bande musicale fait donc plus qu'accompagner l'image, elle l'amplifie.  

Les thématiques chez Godzilla 

Godzilla reprend ses thèmes favoris, notamment celui de l'Homme face à la nature. L'Homme est responsable de catastrophes écologiques et les Titans en sont la réponse. Toutefois, face aux Titans, l'Homme ne peut rien. Il ne veut d'ailleurs rien comprendre et souhaite l'extermination des Titans, ce qui amène à se poser la question centrale : qui est le monstre de l'histoire ? La jeune Madison y répondra. L'action de l'Homme pour contre-balancer son impact est donc tout aussi négative que son action première. Il n'y a surtout aucune remise en question. L'hubris et l'égocentrisme de l'humain sont ses premiers ennemis ici. Toutefois, c'est plus l'occident qui est visé dans ce film puisque la pensée orientale propose une vision plus harmonieuse dans sa relation avec la nature. Bien qu'il ne s'agisse pas de relativiser les impacts des pays asiatiques, le film a la qualité de souligner qu'il y a différents rapports possibles à la nature et propose en conséquence un décentrage pertinent. Alors que l'occident se singularise par des choix extrêmes : l'extermination des Titans ou l'extermination des humains, l'orient propose la symbiose. L'idée de fond est donc intéressante mais l'intérêt premier du film restera avant tout les visuels et les combats.


En définitive, Godzilla II Roi des Monstres est le film catastrophe de monstres par excellence. Si cet épisode n'est pas le film de l'année, il est possiblement roi dans son genre. Godzilla II, Roi des Monstres est Roi des films de monstres.



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lundi 10 juin 2019

X-Men : Dark Pheonix


Synopsis :

Les X-men vivent en symbiose avec les humains. Ils aident désormais le gouvernement afin de prouver leur bonne Foi. Toutefois, Jean Grey doute d'elle même. Son passé la travaille jusqu'au jour où un événement le met pleinement en lumière...


Commentaire : 

Un blockbuster "en dur"

Simon Kinberg fournit un travail honorable à la réalisation, lui qui a longtemps été à la production et à l'écriture des X-Men. Le point fort de ce film est un recours raisonné aux effets numériques avec le choix assumé pour les décors en dur, ce qui est rare désormais. Les scènes d'action bénéficient souvent de plusieurs angles et de ralentis et les transitions sont travaillées, ce qui prouve un réel soin. La marque de Kinberg est toutefois moins visible que Bryan Singer qui savait réaliser à chaque fois la scène mémorable. La direction d'acteur semble également plus hésitante ici. Néanmoins le matériau d'origine est respecté et fidèle à Singer, notamment dans la relation qu'entretienne les X-Men avec le monde. La fidélité est surtout prégnante au niveau des anecdotes qui permettent d'inscrire ce film dans la continuité des précédents, lui qui n'était pas tant désiré. Le personnage de Mystique en revanche respecte moins sa personnalité acquise dans la saga, elle qui reprend une forme normale (blanche) alors qu'elle avait appris à s'assumer, dès X-Men le commencement. A la musique, c'est un Hanz Zimmer effacé qui est en charge. Il ne se singularise par aucun thème marquant... une explication pour le manque d'épique et d'émotion de cette production.

De Mystique à Jean Grey

Un passage de relais assez hasardeux s'effectue entre les deux personnages et actrices alors que c'est bien la nouvelle Mystique de X-Men le commencement qui est intéressante de part son parcours entre les clans. L'histoire de Jean Grey varie peu même si l'on est dans une timeline alternative à la première trilogie. Les enjeux restent toujours les mêmes. Le personnage versatile qui navigue entre le bien et le mal est beaucoup plus intéressant avec Mystique qui pourtant cède définitivement la vedette. La jeunesse des X-Men (c'est à dire la saga servant de préquel) était intéressante au cinéma du fait de leur originalité. Quel avenir pour la franchise alors qu'elle rattrape en terme d'époque la première trilogie ? Que va devenir la Fox chez Disney ?

Des thèmes classiques  

X-Men est une franchise toujours riche en thématiques et celui-ci n'échappe pas à la règle. Les thèmes sont classiques pour deux raisons. Tout d'abord, il s'agit de thèmes récurrents d'Hollywood. La paix construite sur le mensonge n'est jamais durable comme nous le démontre l'histoire de Charles Xavier et de Jean Grey. Cette morale assez enfantine est un héritage chrétien. Elle est par ailleurs contestable car la vérité peut avoir des conséquences pires que le mensonge dans certains cas. Le film semble le reconnaître à la fin lorsque l'histoire (par flashbacks) est révélée dans son entier. Autre thématique très classique, la place des émotions : les nier, les contrôler ou les laisser s'exprimer ? Comme beaucoup de films, celui-ci propose de les laisser diriger notre vie, ce qui n'est pas tout à fait compatible avec l'usage de la raison... Peu importe, Hollywood sera toujours du côté de l'émotion.
Par ailleurs, les thèmes sont classiques car ils prennent des questions du temps présent. C'est le cas du féminisme, remettant ici en cause le patriarcat des X-Men avec le X de Xavier. Pour autant, Charles Xavier n'est pas le chef des X-Men simplement parce-qu'il est un homme blanc, il l'est du fait de sa sagesse. Et s'il est possible de lui reprocher une part d’égocentrisme, ce n'est peut-être pas par ce personnage qu'il fallait mettre en cause la place des hommes. Charles Xavier a d'ailleurs su se ressaisir dans les précédents X-Men, son introspection est en théorie terminée. L'idée d'incorporer du féminisme est toutefois judicieuse car cette thématique n'avait pas encore été abordée dans cette franchise mais la manière de le faire est pour le moins contestable.


En définitive, X-Men Dark Pheonix arrive après de très grosses productions de super-héros, le rendant en comparaison un peu insipide. Si ce divertissement au casting 5 étoiles se regarde, la franchise semble n'avoir plus grand chose d'original à proposer. 



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