Synopsis :
Commentaire :
La recherche d'une réalisation maîtrisée
Un casting pleinement investi
Si le cachet des acteurs explique en partie le budget démesuré du film, ils sont tous, ici, à l'origine d'une performance irréprochable. DiCaprio et Del Toro sont comme à leur habitude très justes dans des rôles presque opposés (la peur et la sérénité). Quant à Sean Penn, l'acteur doublement oscarisé crève l'écran par sa transformation physique et son interprétation intense d'un fasciste ambigu et dérangé. La révélation du film reste toutefois Chase Infinity de par le panel et la puissance de son jeu. La performance des acteurs s'associe ici au sans faute de la mise en scène.
Les thématiques : politiquement fort, peut-être trop ? [spoilers]
Le film est thématique au premier chef puisque la politique est le centre de l'intrigue. Le film voit s'opposer un groupe révolutionnaire d'extrême gauche à un Etat démocratique mais en voie d'illibéralisation, de plus en plus autoritaire, gangréné par des groupes fascistes voire nazis au sommet de la société. Là où le film est intéressant est que la figure de la révolution Perfidia est loin d'être irréprochable et à un goût pour la domination (alors que sa mission est de combattre la relation de domination) et que le colonel Lockjaw, sorte de proto-fasciste du groupe dominant aime être dominé. Cela apporte de la nuance et de la complexité à l'ensemble. Le film épouse toutefois, et bien entendu, d'abord le point de vue des révolutionnaires. Toutefois, le film dénonce avant tout les individus en haut de la société, le groupe des ultra-riches, manifestement nazi dans leurs discours, composés d'individus bien pires et plus radicalisés que le fascite Lockjaw. Cela pourrait presque s'apparenter à une caricature si l'Amérique trumpiste ne s'était pas imposé récemment, ainsi que les groupes d'ultra-droite dans les sociétés occidentales. Le message du film est clair et aurait été assez subtil s'il n'avait pas été sur-appuyé à la fin avec la scène du gazage et de la crémation. Le message en devient presque grossier dans la forme bien que restant pertinent sur le fond.
Quelques autres thématiques secondaires sont également présentes comme la filiation, décrite au départ comme génétique ("grande lignée de révolutionnaires") avant de prendre une tournure bien plus pertinente puisque Willa fait le choix de la Révolution malgré la révélation sur ses origines. Le film est touchant car il est tout autant un film sur la famille que sur la révolution.
En définitive, Une bataille après l'autre est l'œuvre la plus aboutie de P.T Anderson de par sa mise en scène léchée et la performance de son casting. Le film vise thématiquement très juste, d'autant plus dans le contexte actuel. Dommage que la subtilité se perde à la toute fin.
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