Synopsis :
Commentaire :
Immersion dans la grille ?
Joachim Ronning a été choisi pour réaliser le troisième film de la saga Tron, mission hasardeuse tant les visuels des deux premiers films ont été révolutionnaires. Pour autant, la réalisation est fidèle à la saga du fait d'une photographie aboutie et de visuels impressionnants, que cela soit dans la Grille ou le monde réel. Dans la Grille, la caméra ne souffre d'aucune limite et circule à travers des décors impressionnants grâce à des travelings numériques. D'ailleurs, les trois Grilles du film ont des univers propres et sont facilement identifiables du fait de leur code couleur (mais pas uniquement). Le grand intérêt du film est toutefois qu'il propose, contrairement aux deux premiers épisodes, la majorité des scènes d'action dans le monde réel, tout en gardant un certain sensationnalisme grâce à l'incarnation des I.A et de leurs machines dans notre monde. Les fameuses course-poursuites en moto sont tout aussi impressionnantes dans le monde physique, avec en plus la gravité liée à leur déroulement dans un monde peuplé d'humains. A ce titre, la mise en scène dans le monde réel, n'a rien à envier à la mise en scène dans la grille. La performance du personnage de Jared Leto fait beaucoup pour mêler et fusionner les deux mondes, en tant qu'I.A en voie de conscientisation. Néanmoins, l'écueil de cet opus est qu'il ne propose pas de visuel révolutionnaire contrairement aux films précédents qui détonnaient à leur époque. La mise en scène est très convenue dans un monde cinématographique plein de CGI. De plus, le scénario, bien qu'original pour la saga (puisque cette fois-ci c'est bien le numérique qui entre dans notre monde et non l'inverse) est en fait assez convenu pour un film de SF. La bande musicale, du groupe Nine Inch Nails est plutôt réussie et un élément fort du film mais ne se hisse pas au niveau de la B.O de Daft Punk pour le dernier opus. Toutefois, le voyage visuel et sonore reste le principal atout du film.
Les thématiques : raison et rationalité [Spoilers]
En tant que film de SF, quelques thématiques importantes sont mises en avant. Notons rapidement, l'évolution futuriste de l'imprimante 3D ou les sessions de thérapies menées par une I.A. Toutefois, c'est la spécificité de l'humain par rapport à l'I.A qui est le centre de l'œuvre. Elle se caractérise par une rationalité incomplète bousculée par des sensations et des émotions liées à la condition d'être vivant. Pour autant, le film est plus nuancé qu'il n'y paraît car si Kim est l'incarnation de l'humaine entière (intelligente, mais sensible et marquée par ses traumatismes) et Athéna du programme obéissant quoi qu'il en coûte, d'autres personnages sont dans une zone grise. Il y a bien entendu Arès qui s'humanise au fur et à mesure qu'il en apprend plus sur les humains (Kim en particulier) et qu'il découvre les sensations dans le monde physique. Sa volonté est de s'incarner pleinement dans le monde réel et d'embrasser la finitude qui est la caractéristique première d'un être vivant. Paradoxalement, s'incarner définitivement dans le monde réel implique la possibilité de mourir alors même que le monde numérique offre une vie possiblement infinie. Toutefois, la finitude vaut le coup d'être vécue car elle vient avec le libre-arbitre qui a tout son sens avec une existence limitée dans le temps. A l'inverse, le personnage Julian Dillinger agit presque comme un programme avec un unique objectif ; gagner le plus d'argent possible. Pour atteindre cet objectif, tous les moyens sont possibles. C'est la définition de la rationalité et non de la Raison, limitée par l'Ethique. Il agit ainsi comme une I.A et finit ironiquement dans le monde numérique. La frontière entre humain et I.A est d'autant plus fine qu'il semble qu'avec du temps, toutes les I.A du film aient la possibilité de prendre conscience d'elles-mêmes et de donc de questionner leurs ordres, après avoir passé assez de temps dans le monde réel. La réflexion est néanmoins un peu légère sur la conscientisation des I.A et le film un peu trop explicatif pour ne pas dire sur-explicatif (Arès expliquant une nouvelle fois l'impermanence de Kévin Flynn à Kim comme si le premier dialogue entre Arès et Flynn ne suffisait pas). La fin de l'histoire se conclut par un message technophile, une nouvelle fois un peu simpliste car assez vite expédié alors qu'une ville vient d'être partiellement détruite du fait des nouvelles technologies.
En définitive, Tron : Arès tient ses promesses visuelles et sonores. Il arrive en partie à se renouveler dans les thématiques abordées et son intrigue. Toutefois, l'aspect révolutionnaire des anciens opus en est absent et le scénario bien qu'original est plutôt léger.
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