Synopsis :
Tobias et Almut vivent une vie paisible jusqu'au jour où le cancer vient remettre en cause l'idylle de ce couple. Que faire face à cette épreuve ? Profiter des derniers mois ou lutter contre la maladie ?
Commentaire :
Une classique mise en tension
John Crowley réalise L'Amour au Présent, un drame romantique, porté par des acteurs phares : Florence Pugh et Andrew Garfield. La mise en scène repose ainsi essentiellement sur les dialogues en champ - contrechamp et sur la performance de ses acteurs ainsi que sur la relation qu'ils parviennent à représenter à l'écran. La photographie est classique. Hormis le paysage où se trouve la maison de famille, l'environnement montré est très basique. La colorimétrie vise à s'approcher du réel. La seule singularité de la mise en scène réside dans le montage croisant les temporalités. Il s'agit d'un procédé assez efficace pour créer de la tension et des rebondissements pour une histoire très lisse. L'intrigue, certes tragique, manquait toutefois peut-être un peu de relief pour être intéressante car, mis à part son aspect tragique, l'histoire est attendue et linéaire, ce qui impliquait ce nécessaire artifice du montage. Paradoxalement, le film se retient énormément dans la construction du drame évitant la dimension tire-larme avec un final tout en retenue. Toutefois, ce choix honorable qui évite un mélodrame qui n'aurait été que trop évident, prive ce film d'un de ses seuls outils pouvant apporter de l'émotion. Reste la romance, secondaire, mais plus convaincante que le drame. A la musique, Bryce Dessner accompagne discrètement l'image sans dégager de leitmotiv particulier.
Thématique : profiter ou lutter [Spoilers]
La thématique sera celle de la posture à adopter face au cancer, tout en admettant qu'il n'y a aucune posture évidente. Almut choisit assez vite, mais non sans mal, l'idée de profiter de ses derniers mois de vie (plutôt que de partir dans une chimio incertaine et destructrice) en partant du principe que le traitement échouera, d'où le titre français plutôt bien choisi. En tant que spectateur, il n'y a aucun moyen de juger sur le fond cette décision. Tout au plus, il peut essayer de comprendre la décision d'Almut et se mettre à la place de Tobias qui doit accepter cette décision... pour autant que Almut lui communique son choix. Le personnage principal est pour autant Almut, qui prend parfois des décisions contestables que le spectateur ou Tobias ne peuvent qu'accepter car la rationalité n'a plus lieu face à l'abysse de la mort et au néant. Le film est ainsi plutôt juste et nuancé sur le traitement du sujet. Le réel est complexe et l'humain se démène au mieux pour y faire face.
En définitive, John Crowley nous livre un mélodrame tout en retenu avec l'Amour au Présent, porté par deux acteurs convaincants, mais à la mise en scène minimaliste et présentant une intrigue un peu trop convenue.
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