Sam Wilson est le nouveau Captain America. Toujours au service de l'Amérique, il doit obéir à un nouveau Président qu'il n'apprécie guère, l'ancien général Thaddeus Ross, qui s'est longtemps opposé à Hulk...
Commentaire :
Mise en scène légère
La réalisation revient à Julius Onah, inconnu du grand public, dans un rôle qui est avant tout celui d'un "Yes men". Il n'y a en effet pas de direction artistique singulière ou de patte reconnaissable. La photographie est classique et la colorimétrie tire vers le gris pour symboliser la gravité du moment. Le film est en revanche plutôt bien rythmé que ce soit globalement ou au niveau des scènes de combat. Ces dernières sont certes moins impressionnantes au regard de ce qu'a pu faire le MCU par le passé mais les protagonistes ne sont plus des super-humains. Les combats sont donc à la hauteur des personnages impliqués, ce qui est cohérent. Le rythme du film est également aidé par un scénario plutôt bien ficelé, avec des personnages à plusieurs facettes. Même si l'architecture est immanquablement classique pour un Marvel, il y a un souci de sérieux conforme à la licence Captain America (à l'intérieur du MCU) et porté par des acteurs impliqués. La bande musicale de Laura Karpman est quant à elle en retrait et manque d'ampleur alors que des scènes étaient propices à faire émerger un nouveau motif ou à réutiliser un ancien. Même si quelques cuivres rappellent de temps en temps le Captain, l'accompagnement musical est plutôt moribond.
Le nouveau monde et quelques thématiques
Si ce nouveau Captain America apporte quelques nouvelles thématiques à la saga, c'est avant tout sa dimension méta qui en fait un objet intéressant. Même si la série avait introduit le nouveau Captain America Sam Wilson, c'est le premier film Captain America sans Steve Rogers. Le nouveau Captain America est donc afro-américain, tandis que le nouveau Faucon est lui latino-américain. Hollywood n'est certainement pas republican. Les personnages blancs, encore plus s'ils sont masculins, sont négatifs s'ils ont un rôle significatif. Même s'il n'y a pas de propos sur cet aspect dans l'intrigue, le film porte un message au travers de son casting. Il aurait peut-être alors été intéressant que le film mentionne clairement cette dimension plutôt que de l'effleurer.
L'identité et la légitimité sont des thématiques plus clairement abordées dans le film. Que ce soit Ross ou Sam Wilson, ces personnages se posent la question de leur légitimité au regard de leur passé et se demandent s'ils ont assez changé pour être à la hauteur de leur rôle. L'un était un militaire compulsif et aspire à être un président rassembleur (et un père) tandis que l'autre était un soldat d'élite et se demande s'il est désormais à la hauteur pour être un symbole. Le film est intéressant dans le sens où il suppose que les individus peuvent évoluer dans une note d'espoir au delà de tout fatalisme. Pour autant, les individus restent comptables dans leurs actes. Cette dernière dimension s'applique plus à Ross qu'à Sam car si Sam est aux prises avec son passé et sa fonction, c'est justement parce qu'il n'a pas changé qu'il est un personnage positif. En effet, il réussit a tenir son rang sans avoir recours au super-sérum. Sa volonté en fait un super-héros. Dans les deux cas, ces protagonistes aspirent être à la hauteur des enjeux.
La dernière thématique, la plus intéressante relativement au contexte actuel, est la géopolitique américaine. Dans le film, les Américains tentent d'aller vers le multilatéralisme après des années d'unilatéralisme. La vision américaine des studios de Californie est donc assez loin de la réalité car cette volonté de diplomatie est tout l'inverse de la politique à la Trump. Pire que ça, le président Trump est finalement plus inquiétant que le Président Ross, qui malgré son passé tente de faire au mieux. Houppette orange est plus menaçant que le Hulk rouge...
En définitive, ce Captain America Brave New World est un épisode respectable du MCU, intéressant dans la représentation progressiste des Etats-Unis , plus réjouissante que l'Amérique actuelle...
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