Les sorties de la semaine

mardi 27 octobre 2015

Seul Sur Mars



Synopsis :

Mark Watney et ses coéquipiers sont en mission sur Mars dans un avenir proche. Alors qu'ils mènent des expériences, une énorme tempête est détectée. Le commandant décide d'avorter la mission et de quitter la planète. Malheureusement, Mark Watney n'atteindra jamais la fusée, emporté par les vents martiens...


Commentaire :

Une réalisation très propre

Ridley Scott réalise très soigneusement Seul Sur Mars. Comme à son habitude, les plans sont très travaillés, magnifiques lorsqu'ils montrent des paysages, avec un véritable sens (narratif ou explicatif) pour les personnages ou les éléments de décors comme les navettes et modules. On notera une introduction où on se prépare à voir la Terre alors que c'est la planète rouge qui apparaît, élargissant de fait l'horizon de l'humanité. On remarque également dès le début dans la mise en scène que Mark Watney est séparé des ses coéquipiers, que cela soit par les plans ou le costume. Ridley Scott confirme ainsi qu'il est un des meilleurs artisans dans son domaine. Toutefois, la réalisation reste classique, c'est à dire très narrative, si ce n'est les plongées totales pour faire écho aux images satellites. Que cela se passe dans l'espace ou non influe peu sur la grammaire filmique au contraire d'un Gravity. Soigné mais conformiste. 

Matt Damon au top

Malgré un casting extraordinaire (Jessica Chastain, Kristen Wiig, Sean Bean, Kate Mara, Chiwetel Ejiofor etc), Matt Damon porte le film, notamment en première partie. Sa performance est très juste et sa présence suffit à maintenir l'attention. En effet, le personnage se retrouvant dans une situation de survie où rien n'est prévisible, la tension est constante. Les autres acteurs sont malheureusement plus anodins d'autant plus qu'ils sont nombreux. Leur jeu est juste mais ne marque pas.

Une ode à la science sans réelle philosophie (spoilers)

Le message principal du film est une ode à la combativité et à la technicité. En effet, sur Mars, il ne suffit pas d'être débrouillard, il faut avoir une immense culture générale scientifique et en plus, être pointu dans les différentes disciplines en question. Cette vision de l'astronaute renouvelle l'image de l'aventurier spatial. Un astronaute est avant un scientifique. Le personnage de Mark Watney est admirable car son goût à la vie le pousse à révéler son génie et à forcer son imagination. Pas de créativité sans contrainte... Mark Watney rivalise d'ingéniosité. Sur le fond, le film est très recherché scientifiquement, cela venant du matériau de base, le livre, très fouillé et de la collaboration de la Nasa. Rien que ça. Un spectateur néophyte qui n'est pas spécialiste dans les différentes disciplines scientifiques se perdra malheureusement de temps en temps. Certes, les tempêtes ne sont pas si violentes sur Mars, certes, la gravité martienne n'est pas fidèlement représentée mais pour le reste, tout est juste. Tout ce que fait Mark Watney est également conforme à l'état des connaissances scientifiques. 
Toutefois, le propos ne va pas beaucoup plus loin qu'une ode au progrès. En effet, ce film est plus un film de survival où l'espace relève avant tout du contexte (on ne sait pas réellement pourquoi une équipe est sur Mars) qu'un film de Science-fiction posant un questionnement philosophique sur l'humanité ou l'origine du tout. Ainsi Seul Sur Mars est plus proche d'un Gravity qu'un Interstellar ou un 2001 L'Odyssée de l'Espace. Néanmoins, Gravity était doté d'une réalisation particulière qui le distingue de beaucoup et bien qu'il s'agisse d'un survival spatial, il était rempli de symboles et posait en définitive une question sur l'humanité. Pour Seul Sur Mars, la question est plus "comment" que "pourquoi". De ce fait, comme il a été dit, les personnages sont attachants sans plus, l'émotion est faible. Lorsque Mark perd ses coéquipiers et les retrouve, le film reste très sobre. La solitude n'aura pas été l'occasion de l'introspection. Ainsi, si Ridley Scott est un très bon artisan, il n'est pas un véritable auteur. La technique et la science ne se justifient pas par elles-mêmes.

En définitive, Seul Sur Mars est un très bon film de survival, doté d'une réalisation soignée. La science est montrée sous son meilleur jour. Dommage que l'espace soit paradoxalement plus contextuel que fondamental, limitant de fait les questionnements profonds allant de pair avec les grands films de science-fiction. 




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Bonus teasing
(Introduction à l'histoire du film - se passe avant le début du film)












(Pendant l'intrigue du film)



Pour les anglophones, est-ce que Seul sur Mars est scientifiquement correct ?


jeudi 22 octobre 2015

Paranormal Activity 5 Ghost Dimension


Synopsis :

La famille Fleeges emménage dans une superbe maison. Tout se passe à merveille mais ils remarquent que leur petite fille Leila parle seule de temps en temps. Son père Ryan trouve une caméra et des cassettes dans la maison, qu'il regarde avec son frère Mike. On peut y voir deux petites filles, Kristi et Katie parler d'un certain Toby, comme le fait Leila...


Commentaire :

La 3D, la fausse bonne idée

Après quatre films (plus un cinquième sous forme de spin-off), Paranormal Activity 5 continue la trame principale des quatre premiers films canoniques (Tokyo Night reste toujours à part). Le scénario est correct et le cinquième épisode s'insère assez bien dans la saga, bien que l'histoire commence à paraître longue. Néanmoins, il y a une vraie cohérence globale et une fois l'intrigue développée, Paranormal Activity 5 semble bien poursuivre (ou conclure ?) l'histoire de la saga. Notons toutefois que celle-ci est simple et linéaire. Il y avait matière à inclure des rebondissements mais le film se contente de reproduire le déroulement habituel des Paranormal Activty, avec un petit côté Poltergeist. Cependant, il y a là une ambiguïté parce-que Poltergeist n'hésite pas à montrer le mal alors que la saga Paranormal Activity joue sur le hors-champ et des effets minimalistes. Le problème s'accentue avec l'idée de la 3D. En effet, seuls les phénomènes paranormaux sont en 3D, il faut donc nécessairement montrer. Si cet effet pouvait être pensé comme la nouveauté de la saga, il en résulte dans les faits une trahison du concept de base. Néanmoins, la direction arrive à bien gérer ce choix en limitant le paranormal, la 3D devenant paradoxalement accessoire (seule une caméra de l'intrigue voit les phénomènes paranormaux).  

Une mise en scène très moyenne et non renouvelée 

Paranormal Activity retombe finalement sur ses pieds avec la mise en place de l'ambiance traditionnelle jouant sur le son et les moments de tension. Les instants de sursaut sont habillement distillés, arrivant lorsqu'ils sont attendus ou à contre-temps, ce qui est toujours efficace. Il y a presque pour ce point une science à la James Wan. Malheureusement, il n'y a rien de nouveau dans la mise en scène. Les procédés restent les mêmes alors qu'il y avait une progression au cours des derniers épisodes (caméras panoramiques, nouvelles technologies). L'utilisation de la 3D entraîne une limitation dans la recherche de la mise scène. Le film ne devient plus qu'une succession de jump scares. Lorsque les choses sont visibles à l'écran, la tension est beaucoup moins forte. La peur se provoque donc par le jump scare. Le film en abuse, la réalisation s'étant surement rendu compte que le nouveau concept est moins efficace. Nous ne sommes pas loin du cinéma d'attraction. Saluons tout de même le fait que la saga reste toujours à l'écart du gore pour produire l'épouvante fantastique, ceci étant une très bonne chose.

En définitive, le recours à la 3D dans une saga n'est jamais bon signe, étant souvent le signe d'un manque d'imagination. Le choix est particulièrement contre-nature pour Paranormal Activity mais le film arrive à ne pas trahir complètement la saga. Le scénario progresse et les pièces du puzzle de l'ensemble des films font sens mais la réalisation régresse, se cachant derrière ses jump scares. A voir pour les amateurs de la saga.



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mardi 22 septembre 2015

NWA - Straight outta Compton


Synopsis :

Biopic du plus connu des groupes de rap NWA. Fin des années 80, E-Eazy, Ice Cube et Dr Dre décident de se lancer dans un hip-hop cru, décrivant la réalité de leur vie. Juger trop violent dans ses propos, le groupe NWA va tout de même exploser et conquérir l'Amérique...


Commentaire :

Biopic rythmé 

Ce biopic de plus de 2h30 présente un rythme soutenu, abordant la période d'E-Eazy petit dealer au début, à sa dernière bataille contre le sida. Le contexte américain autour des gangs fait que la tension reste constante au cours du film, d'autant plus si on ne connait pas l'histoire des membres de NWA. Ainsi, la soundtrack tout comme le récit font que le spectateur est complètement pris dans l'histoire, peu importe son intérêt pour le rap. Concernant la mise en scène, elle est tout à fait classique et fait parfaitement son travail de narration. 

Acteurs au top

Pour ceux connaissant un peu les membres de NWA, la ressemblance avec les acteurs au casting est flagrante. Ce soin esthétique est particulièrement poussé. Notons que l'interprète d'Ice Cube, n'est autre que le fils d'Ice Cube, cela aidant beaucoup à faire correspondre les physiques. Néanmoins, au delà des acteurs au demeurant très bons, la géographie et les lieux sont parfaitement fidèles, la partie se déroulant à Compton par exemple ayant été tournée à Compton même. 

Peindre un homme dans toute la vérité de sa nature

Le film a le grand avantage d'intégrer l'apparition du gangsta rap aux crises de la société américaine. Le côté militant des membres de NWA est parfaitement appuyé et peut même raisonner avec l'actualité des bavures policières aux Etats-Unis. Au-delà de retranscrire la réalité d'une époque (non-achevée), sachons quand même garder une certaine distance avec le film puisque celui-ci est produit par Dr Dre et Ice Cube. Sans remettre en cause la véracité de leurs personnages dans le film, il est nécessaire de prendre en compte cette information car l'objectivité sur soi-même est une tache compliquée, qui même lorsqu'elle est recherchée peut être discutable y compris lorsqu'on s'appelle Rousseau...Nul doute que ça l'est aussi pour nos rappeurs.

En définitive, ce film plaira aussi bien aux fans de rap qu'aux autres. Néanmoins, bien garder en tête qu'il ne peut être totalement impartial au vu des producteurs.


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mercredi 19 août 2015

Mission Impossible : Rogue Nation



Synopsis :

Ethan Hunt continue à contenir les menaces les plus sérieuses pouvant mettre en péril la paix dans le monde. Néanmoins le IMF (Impossible Mission Force) est dissout suite à de nombreuses bavures et son caractère opaque. C'est à ce moment que commence à agir une puissante organisation terroriste nommée le Syndicat... 


Commentaire :

Du très grand spectacle 

Mission Impossible - Rogue Nation propose du très grand spectacle d'action. Le ton est donné avec la scène d'ouverture, très impressionnante et dont les cascades sont non seulement réellement effectuées mais par Tom Cruise lui-même. La mise en scène de Christoper McQuarrie est elle très soignée, donnant les plus belles images possibles dans les différents lieux visités. La direction artistique est impeccable. Notons la magnifique scène de l'opéra, longue, intense et millimétrée. Les scènes d'action sont elles extrêmement découpées ce qui donnent un rythme effréné. Souvent, la musique complète magnifiquement l'image pour donner un véritable spectacle total, avec parfois le thème caractéristique de Mission Impossible.

Tom Cruise toujours excellent 

Le film est porté bien évidemment par Tom Cruise, qui est toujours aussi impressionnant. Son jeu est comme à chaque fois juste dans le rôle du héros. Physiquement, l'acteur reste encore et toujours aussi affûté pour nous offrir des cascades incroyables. L'acteur se consacre corps et âme à cette franchise et cela se ressent. Côté casting, mentionnons l'excellente Rebecca Ferguson qui tient avec brio le pendant féminin de Tom Cruise. 

Les thématiques : rien de nouveau

Mission Impossible - Rogue Nation reste un blockbuster d'espionnage et d'action. Il est question de l'action des Etats et de la poursuite de leurs intérêts, c'est à dire en deux mots de la politique selon Machiavel. La thématique du soupçon est présente pour ce qui concerne les Etats (les actions secrètes et leurs conséquences) mais aussi à propos des personnages (IIsa Faust est un personnage incertain). Tous ces sujets sont intéressants et donnent de la profondeur à l'intrigue en la rendant crédible et complexe. Toutefois, s'il est fait usage de ces thématiques, elles ne sont pas sur le fond questionnées. Mission Impossible reste un film de divertissement. 

En définitive, Mission Impossible - Rogue Nation est un film d'action de très grande qualité!


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lundi 10 août 2015

Les 4 Fantastiques


Synopsis :

Reed Richards est un génie depuis tout petit. Hormis son meilleur ami Ben, personne ne croît dans son rêve de créer un téléporteur. Néanmoins, il est repéré un jour par le Docteur Franklin Storm qui lui propose de venir travailler dans son centre de recherche. Il fait alors la connaissance de Sue, Johnny et Victor avec qui il entreprend de créer un téléporteur permettant de voyager dans un univers parallèle...


Commentaire :

Un Marvel Fox un peu en dessous

Josh Trank, réalisateur très prometteur après Chronicle, a été très limité pour mettre en place sa vision du film par le studio Century Fox lui même. Le film en demeure divertissant mais souffre de quelques défauts. Notons tout d'abord que la mise en scène est classique. Elle est propre et fonctionnelle mais ne se distingue pas des autres blockbusters. Le grand point positif de ce film est sa musique orchestrale qui apporte un souffle là où l'image est terne. Les effets spéciaux sont eux plutôt moyens sur certains plans, ces derniers ayant parfois en plus un cadrage étrange (nous pensons à un plan symétrique sur les modules du téléporteur dans le nouveau monde, qui accentue la sensation que l'arrière-plan n'est qu'un modeste fond vert). Soulignons tout de même la grande réussite de ce reboot; Ben (La Chose / The Thing) est particulièrement bien réalisé en numérique. Le montage et la structure du film sont assez eux discutables. La relative courte durée du métrage laisse penser que toutes les scènes de Trank n'ont pas été tournées ou insérées. Certains reprochent une genèse des super-héros trop longue. Nous pensons que c'est le final qui est en fait trop vite expédié. En vérité, le travail sur la jeunesse des super-héros, qui est manifestement issue de Josh Trank, est très bien réussi. L'histoire autour d'un enfant rêveur et plein de convictions est clairement un hommage aux films de Spielberg. La phase adolescente est également très bien gérée avec un bon travail sur la personnalité des personnages et les rapprochements ou les conflits qui pourraient apparaître entre eux. C'est finalement la dernière partie, qui correspond à la période des super-héros, qui est trop vite conclue. L'intrigue autour de Doom, ce personnage pessimiste, est intéressante mais trop peu détaillée. Notons qu'il ne s'agit pas nécessairement des super-héros les plus faciles à traiter, chaque Fantastique étant un peu caricatural. A ce titre, ce casting qui posait beaucoup de questions s'en sort bien. C'est néanmoins Reg E. Cathey (Franklin) qui tire son épingle du jeu. 
En définitive, le film semble déséquilibré. Il s'agit bien d'un problème de montage plutôt que de scénario, certaines parties de ce dernier étant plus étayées que d'autres à l'écran. Le scénario est lui correct et son seul problème de prévisibilité tient au fait que les anciens films des 4 Fantastiques sont récents et qu'ils permettent (notamment celui de 2005) de connaître le déroulement de l'histoire dans les grandes lignes.

Les thématiques

Commençons par une thématique subsidiaire qui est celle de la famille moderne. L'idée de Josh Trank autour de Sue, Johnny et Franklin est de présenter une possible forme de la famille moderne, celle-ci étant pour lui métisse et composée puisque Sue est adoptée. Ce parti pris, qui peut choquer les fans puisqu'il inclut un changement d'ethnie de personnages connus, dénote tout de même une véritable vision et intention de modernité. 
Le second sujet du film est le libre arbitre, présenté comme un rempart à la tentation du défaitisme ou du fatalisme (le nom original du grand méchant est Dr Fatalis / Doom). Reed voulait "pouvoir faire la différence" lorsqu'il était jeune, tout l'enjeu du film est qu'il garde cette motivation une fois entré dans un âge de raison. C'est une thématique somme toute récurrente des films américains mais juste et intéressante.
Enfin, la dernière thématique présentée est celle du multivers (une des théories de la physique). C'est ici qu'on voit la spécificité de Josh Trank dans les films Marvel. Celui-ci a peut-être d'abord voulu faire un film de SF avant de faire un film de super-héros, ce qui expliquerait (en plus des conflits avec la Fox) la dimension super-héros plutôt loupée. La première bande-annonce appuyait sur la veine Interstellar et promettait véritablement un film de SF. Le thème de la découverte scientifique et de l'aventure spatiale est au centre des motivations des personnages à l'âge adulte. Cette intention de réalisation explique peut-être aussi la faible dose d'humour puisque le but était de faire un film de SF sérieux, pour ainsi dire, éloigné des Marvel-Disney. Malheureusement, l'oeuvre étant bancale, le film ne défend véritablement ses sujets que pendant certaines scènes.

En définitive, ce film ne mérite pas le bashing dont il est victime bien qu'il soit en dessous des récents films de super-héros. Il reste divertissant mais trop schématique et prévisible.



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mercredi 5 août 2015

Renaissances



Synopsis : 

Damian Hale, magnat de l'immobilier, a tout réussi. Malheureusement, celui-ci est atteint d'un cancer en stade terminal. Malgré sa fortune, rien ne peut le sauver de la mort. Néanmoins, certaines techniques avant-gardistes en neurologie donnent de l'espoir à Damian. Une méthode appelée "la mue" offrirait une nouvelle jeunesse à Damian en lui octroyant un nouveau corps... 


Commentaire :

Mise en scène efficace 

Tarsem Singh, doté d'une filmographie plutôt inégale (Blanche Neige, Les Immortels pour les plus connus) réalise ici un bon film de SF. La durée du film, presque 2h, permet de développer le sujet sans qu'il n'y ait d'impression de longueur. La mise en scène est efficace. Cette dernière reste fonctionnelle mais est très propre. Le montage est rigoureux et est intéressant lorsqu'il est besoin d’accélérer le propos : celui-ci devient très découpé dans un montage parallèle pendant lequel les voix des personnages se superposent à d'autres moments de la narration. Cela permet de dire beaucoup de choses en peu de temps. Les moments pendant lesquels Damian est malade son également très bien réalisés et font leur effet, avec l'arrière plan flou et une caméra lancinante. Ce film, qui est doté de moyens modérés (26 000 000), est techniquement abouti et défend bien son propos.

Deux grands acteurs

Ben Kingsley est impressionnant en première partie, jouant parfaitement le milliardaire malade qui voit son heure arrivée. Malgré son faible temps à l'écran, il arrive à passer par toutes les émotions et à transmettre les états d'âme de son personnage au spectateur. Ryan Reynolds prend ensuite la relève dans un jeu beaucoup plus dynamique mais qui emprunte toujours certains éléments à Ben Kingsley. Ainsi, le propos du film, qui est un transfère de l'âme de corps en corps, tient la route.

Les thématiques : ne pas faire du temps un marché

On pourrait croire à première vue que le propos du film est l'immortalité et notamment son accessibilité via la recherche scientifique. En fait, ce thème n'est pas abordé et d'ailleurs faussement vendu par le personnage d'Albright. La technique développée dans le film n'est pas réellement une voie vers l'immortalité. Le film présente une technique permettant de copier la personnalité d'une personne, autrement dit, de transférer de l'information d'un corps vers un autre. L'homme est donc réduit à une masse d'information et le corps n'est plus qu'un véhicule vide. Au delà de la réflexion sur l'être humain nous pensons qu'il n'est pas question ici de l'immortalité car cette dernière nécessite une continuité du corps dans le temps. Dans le cas proposé, il serait possible de copier la personnalité d'une personne plusieurs fois sans pour autant détruire le corps original. Il n'est donc pas question véritablement d'immortalité. Écartons également la question de savoir si l'immortalité est une bonne ou mauvaise chose car le film ne la pose pas clairement (dans le film, l'allongement de la vie est possible au détriment des autres, le débat est donc faussé). Il y a en revanche deux grandes thématiques abordées. La première est à la commercialisation du temps via la commercialisation des corps humains. Lorsque le temps de vie devient une donnée échangeable "du marché", les mieux lotis en bénéficient et les plus pauvres se le voient voler. Dans le film, il est question de prendre du temps aux pauvres pour que les plus riches en profitent. Il y a ainsi des "dons" de corps, ce qui est proche de la réalité et de la question du trafic d'organe. Damian comprendra vite qu'une vie ne vaut pas plus qu'une autre et protestera contre cette méthode. Le deuxième questionnement concerne le sens de la vie. Dans le film, il est demandé à Damian de profiter de sa nouvelle vie sans se poser de questions. Or un homme presque par nature se pose des questions et Damian refuse de mener une vie où il satisfait seulement ses besoins naturels. L'homme, pour vivre a besoin de créer ,mais avant d'aller sur cette voie, Damian trouve le sens de sa nouvelle vie en entreprenant de rendre ce qui ne lui appartient pas. Le message porté par le personnage de Damian est donc juste.
La seule petite déception est que le film avertit plus qu'il ne propose : l'allongement de la vie ne se fait pas au détriment des autres. En outre, son postulat de transfert d'information sur un corps ayant un vécu relève de l'impossible. Le propos est donc moins fort que s'il avait été vraiment envisageable. La méthode de "la mue" est plus à prendre comme un moyen de questionner la commercialisation des corps sous toutes ces formes qu'une éventualité.

En définitive, ce film de SF est très bien réalisé et porté par deux bons acteurs. Les réflexions abordées sont intéressantes mais convenues sur le fond. 



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mercredi 29 juillet 2015

Ant-Man



Synopsis :

Tout juste sorti de prison, Scott souhaite revoir sa petite fille de 7 ans. Néanmoins, sans travail et avec un passif de cambrioleur, il est loin d'être le père idéal. Un ancien patron d'entreprise, Hank Ping, lui propose alors une mission en tant que seconde chance...


Commentaire :

Le retour à l'échelle humaine

Après une dizaine de films présentant des menaces de plus en plus grandes, le paroxysme étant atteint avec les Gardiens de la Galaxie qui mettaient en jeu le destin de notre galaxie, Ant-man apporte un peu de fraîcheur. Certes le danger est potentiellement d'ampleur planétaire mais il reste dans le film seulement potentiel. Cela ramène momentanément le danger à une échelle humaine et même moins puisque les combats les plus impressionnants se passent au niveau d'action d'Ant-man. Ainsi, le terrain de combat sera pendant une scène la chambre d'une petite fille. Le côté plus humain du super-héros se retrouve également dans le traitement du personnage, intégré certes au monde des Avengers mais ayant également une vie ordinaire. Il s'agit du premier héros ayant un passé normal qui plus est non idéal. Ainsi, on pourrait un temps se croire dans une comédie dramatique, cela donnant du corps au personnage. L'aspect comique est aussi poussé et réussi que dans les Gardiens de la Galaxie. Les acteurs Paul Rudd et Michael Douglas, tout comme le réalisateur Peyton Reed ne sont pas habitués au cinéma merveilleux ou de super-héros et du coup, apportent une touche réaliste intéressante. Au niveau de la mise en scène, la fraîcheur vient de la nécessité de filmer le tout petit. Il s'agit d'un tout nouvel environnement pour la franchise Marvel, ce qui la re-dynamise. Le jeu d'échelles est très bien gérer et le format particulier du 1:85:1 est intéressant dans cette optique. Notons que la courte scène au niveau subatomique apporte un côté ésotérique au film, seule la créativité pouvant aujourd'hui retranscrire le monde quantique.

Un peu trop simple

Bien que le film soit très réussi, il est possible d'en critiquer négative quelques aspects. Tout d'abord, dans la franchise Marvel, cette nouvelle péripétie donne un sentiment d'accumulation. Il arrive énormément de problèmes, sans lien entre eux, à l'humanité. Au bout d'un moment, cela devient embêtant puisque le schéma Héros vs Némésis se répète. D'autant plus que le méchant ici n'est pas très subtile,  il est très caricaturale. Un autre défaut est la simplicité du dénouement d'un problème auquel est confronté Scott, à la toute fin. La résolution paraît quand même très facile alors que la tâche avait été présentée, à juste titre, comme impossible. Il existe également quelques petites incohérences scientifiques ou manques d'explication, mais cela restera à l'appréciation de chacun. 

Les thématiques du film

Au delà de la question technologique consistant à souligner que l'impact de la technologie dépend de l'homme qui l'utilise, d'autres questionnements sont bien posés. Le premier que l'on peut évoquer concerne l'expérimentation animale. Dans le film, la cruauté du méchant se confirme (elle avait déjà été malheureusement évoquée) par son insensibilité vis à vis des bêtes. Au contraire, un personnage soulignera qu'il est du bon côté par son début d'empathie pour les animaux. Néanmoins, le méchant mettra justement en évidence l'incohérence de ce personnage, qui a plus d'empathie pour une brebis que pour une souris. En effet, un animal ne valant pas plus qu'un autre, le méchant souligne que le "bon" personnage fait preuve de spécisme. Cette idée n'est évoquée que pendant une courte scène mais reste très juste. Autre thématique plus longuement présentée, il s'agit de celle de la seconde chance. Scott a droit à une nouvelle chance, soulignant ainsi que l'humain est faillible et qu'il peut donc être pardonné. Néanmoins, ce dernier n'a jamais été profondément méchant, cela induisant qu'une deuxième chance ne peut être offerte à celui qui a trop fait de mal. Il s'agit d'une morale du film. 

En définitive, Ant-Man est un petit vent de fraîcheur chez Marvel, qui redonne aux super-héros un côté humain. Le film est néanmoins un peu facile sur certains aspects. 



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